20 août 2009

Saison 1 / Episode 31 : Illusion ou Réalité ?

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9 secondes et 58 centièmes.

Il ne fallait pas être en retard pour assister à l'évènement sportif de l'année, événement provoqué par l'ovni Usain Bolt, celui qui avait le temps d'encourager ses adversaires pendant qu'il courait le 100 mètres.

Un temps, repoussant les limites de l'être humain.

Un homme, bouleversant les habitudes.

Le Monde s'extasie devant pareil exploit, tant cela semble irréel,

Il y a encore quelques années, passer sous les 9,80 était un rêve. Voilà qu'en moins d'un an, Bolt a révolutionné le 100 m de sorte que l'on entrevoit désormais la barre des 9,40 (selon les dires de Bolt lui-même).

 

L'an passé, à travers l'article « Citius, Altius, Fortius… » , j'avais évoqué le problème éternel du dopage.

Comment, alors que l'ombre du dopage prend aujourd'hui plus de place que les athlètes eux-mêmes, concevoir une telle performance, sans avoir le moindre soupçon vis-à-vis de cette dernière ?

Pour de nombreux fans de sport, voir le dopage partout est préjudiciable.

Après tout, les scandales liés au dopage ont fait tant de mal au sport, du cyclisme, évidemment, au football (du côté de la Juventus de Turin notamment, à l'époque où un certain Zinédine Zidane faisait des étincelles), en passant par le Catch où pourtant tout est écrit d'avance, qu'il serait bien dommage d'obscurcir chaque nouvelle performance digne de ce nom.

Pourtant, certains faits donnent un arrière goût bien amer à ces exploits en série, par exemple le miracle Usain Bolt ainsi et les sportifs jamaïcains.

En effet, alors que les médias en sont au point d'inventer des superlatifs afin de ne pas faire un copier/coller des commentaires de confrères d'autres chaînes, bien trop heureux d'avoir pu faire vivre un moment historique à leurs téléspectateurs respectifs, il convient de se pencher un peu sur deux faits entourant la sélection jamaïcaine.

 

Pourquoi la sélection jamaïcaine ?

Pourquoi ne pas viser le sport en général ?

Tout simplement car la Jamaïque est le symbole de l'athlétisme de ce début de 21è siècle : des athlètes impressionnant, une joie de vivre explicite, un obstacle difficile à surmonter pour les américains qui ont tant dominés l'athlétisme ces dernières années.

Et aussi car, comme je l'ai écrit plus tôt, deux faits laissent planer un doute sur la parfaite forme du sport jamaïcain :

Tout d'abord, 5 sprinteurs jamaïcains ont été contrôlés positifs il y a un mois.

Ensuite, Asafa Powell et Shelly-Ann Fraser, deux des athlètes jamaïcains les plus connus, ont faillis être écarté des Championnats du Monde par la Fédération jamaïcaine, tant les soupçons de dopage étaient forts.

Avant le début des J.O. de Pékin, plusieurs athlètes auraient refusés de se soumettre aux contrôles anti-dopage.

Evidemment, les médias en ont beaucoup moins parlé, voir pas du tout.

Gênant.

 

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Asafa Powell

 

Les raisons d'espérer.

 

On ne va pas partir trop pessimiste.

Quand on voit Usain Bolt courir et qu'on est soit-même un athlète, on prend une leçon d'athlétisme.

Les experts ont vite fait de remarquer la qualité de redressement du jamaïcain lors du départ du 100 mètres.

Culminant à 196 centimètres du sol, Bolt partait avec un handicap, celui de devoir relever son corps le plus rapidement possible.

Des anciens Rois du 100 m, peu mesuraient près de 2 mètres (pour ne pas dire aucun!) et pourtant lui met cet handicap de côté pour pouvoir virer en tête dès la mi-course.

 

Autre point important, et cette fois un léger avantage, là aussi liée à sa taille, la distance parcourue par une de ses foulées.

Inutile de faire un dessin ici.

Dès lors, Bolt surmonte les obstacles liés à sa taille, pour finalement en tirer un avantage.

Dans ce cas, les Records peuvent commencer à tomber.

 

Soyons maintenant plus théorique.

5 sprinteurs jamaïcains convaincus de dopage mais qui participent finalement aux Championnats du Monde.

C'est un peu suspicieux, il est vrai.

Néanmoins, il est aussi vrai que l'on a pas encore eu de contrôle positif officiel concernant d'autres stars jamaïcaines.

1er et 3è (Asafa Powell) au 100 m, 4 finalistes féminines au 100 m (1ère et 2è au finish), et encore à l'instant même où j'écris ces lignes, les relais n'ont pas encore eu lieu.

Après une énorme domination des américains entre les années 90 et 2004, accouchant du contrôle positif de la star Marion Jones, voici venu le temps des jamaïcains.

Marion Jones avait tout écrasée à son époque, et cela lui a valu 6 mois de prison pour avoir été contrôlée positive.

Verra-t-on le même scénario se produire avec Usain Bolt, ou un autre sportif, dans les années à venir ?

 

 

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Le relais 4x100 m jamaïcains, sacré le 22 août à Pékin en battant le Record du Monde

 

Les raisons de douter.

 

L'image qui restera de ces jeux sera celle de Bolt franchissant la ligne en 9,58, c'est certain.

Il y a une autre image qui a marqué la semaine passée, mais qu'on a déjà oubliée :

Usain Bolt rigolant et semblant encourager son adversaire mais ami d'entraînement, Daniel Bailey pendant l'une des séries de qualification du 100 m.

Ça, c'est fort.

Les commentateurs s'extasiaient devant cette image, trouvant éblouissant de faire un temps d'à peine 10 secondes en s'amusant pendant la course.

Il est certain qu'après avoir prit l'habitude de voir les coureurs hyper concentrés et courant à bloc, c'est assez bluffant de voir une telle facilité.

Il faut pourtant bien aller au-delà des émotions, comme à l'accoutumée sur ce blog, afin de se poser la question suivante : Trop, c'est trop ?

 

Arrogance ? Etat d'esprit unique ?

Les détracteurs et les fans d'Usain Bolt choisissent bien rapidement leur réponse, cela va de soit.

Il en reste qu'après une réaction aussi unique l'an passé, lorsque Bolt fête son nouveau règne avant même d'avoir franchi la ligne à Pékin, on se demande jusqu'où sa force peut-elle aller, ou quand la mascarade va-t-elle s'arrêter.

 

Actuellement, la Jamaïque occupe la seconde place au Tableau des médailles, avec 7 médailles (dont 3 en or), juste derrière les USA et leurs 8 médailles qui sont donc toujours bien présents, et devant le Kénya qui totalise 6 médailles.

Pour le sport, il serait bon que l'on ne trouve pas de trace de dopage chez un des coureurs jamaïcains (ou d'aucune autre nationalité d'ailleurs).

Disons que si Usain Bolt et ses compatriotes sont sains et véritablement plus forts que les autres, ils le sont durant une mauvaise période, une période où le soupçon l'emporte sur l'admiration.


Sources :

Les jamaïcains sont-ils dopés ?

Premier cas de dopage à Berlin

05 décembre 2008

Saison 1 / Episode 7 : Citius, Altius, Fortius…

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Tour de France, Euro Foot, Jeux Olympiques, cette année encore le sport nous a fourni son lot d’émotions fortes.
Néanmoins, cette semaine, une information a réveillé les vieux démons du sport moderne.
Tim Montgomery, Médaillé d’Or avec le relais 4x100m américain lors des J.O. de Sydney en 2000, a avoué s’être dopé lors de cette même olympiade.

Cela n’a pas fait la Une de l’actualité, et pour cause, aujourd’hui qui peut être surpris à l’annonce d’un aveu de dopage par un Champion de renom ?

En effet, depuis maintenant dix ans et l’affaire Festina, scandale qui éclaboussa alors le Tour de France cycliste, le dopage s’est invité à la table des disciplines sportives, pour ne plus la quitter.

Le dopage, qu’est-ce ?
Le seul moyen de gagner des compétitions diront les mauvaises langues, un fléau qu’il est nécessaire d’éradiquer le plus vite possible diront les autres.
Les organisations mondiales anti-dopage, l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) en tête, luttent depuis plusieurs années maintenant afin de dénoncer les tricheurs du 21è siècle et pouvoir anticiper les futurs cas de dopage.

Bien plus qu’un combat, c’est un véritable défi que s’est lancé le milieu anti-dopage en essayant de reprendre l’avantage sur les progrès de la Science, un avantage qui semble s’être accru inlassablement depuis trop longtemps pour pouvoir être rattrapé.
Pourtant, il en va de l’intérêt même du sport de remporter cette lutte.

Aujourd’hui, les spécialistes parlent même d’un « EPO 3è Génération » après un Tour de France 2008 qui a de nouveau distribué son lot de rebondissement en excluant les plus sérieux prétendants au Maillot Jaune pour une seule et même raison : utilisation d’anabolisants.

Surtout, n’oublions pas que le dopage ne touche pas seulement le cyclisme, même si c’est le milieu où les cas de dopage sont parmi les plus médiatisés, mais tous les sports et même ceux où l’intérêt de gagner est bien relatif (le Catch, où tout est scénarisé).

Ainsi, il est nécessaire de voir quel est le visage du sport en 2008, ce que nous pouvons craindre, mais aussi espérer.

Le sport, concept mal dans sa peau.

De nos jours, les médias n’hésitent pas à reléguer une information au second plan pour faire primer un évènement sportif.
Nous en avons eu un nouvel exemple cette semaine avec la nomination du Ballon d’Or France Football, information qui relégua au second rang l’ouverture du procès de trois jeunes femmes ayant provoqué le décès de dix-huit personnes après avoir incendié une boîte aux lettres au rez-de-chaussée d’un immeuble.

Le sport, c’est avant tout un langage universel qui parle à tous. Tout le monde s’intéresse à au moins un sport, si ce n’est plusieurs.

A première vue un Monde sain, le sport a pourtant rapidement tendu vers le profit avec l’émergence du professionnalisme et de nouveaux enjeux économiques venant se coller aux résultats.

Football, Cyclisme, Formule 1, Rugby, tous ces sports sont, au fil de leur histoire, objet de marchés de plus en plus juteux, ce qui donne une autre importance au sport, et surtout aux résultats acquis.

Ainsi, aujourd’hui, un footballeur professionnel peut-il toucher 40 000 euros par mois en jouant dans une modeste équipe de Ligue 1 française, voire 150 000 euros par mois s’il s’exile de l’autre côté de la Manche.

Le business entourant le sport n’explique pas tout quant à l’invasion de l’EPO dans les métabolismes de nos sportifs préférés, mais ça y a très fortement contribué.

De ce fait, dans quelle mesure le sport peut-il encore faire rêver aujourd’hui ?
Quel intérêt lorsqu’est faussé le sentiment de voir de véritables humains se dépassant afin de donner le meilleur d’eux-mêmes, quand l’on sait qu’ils peuvent nous mentir afin d’entasser des millions ?

Vous l’aurez compris, malgré le fait que les sportifs jouent avec leur propre santé en se dopant, celui qui y perd le plus, c’est le Sport lui-même.

Désabusés, combien ont déjà supprimé de leur agenda les trois semaines du mois de juillet consacrées au Tour de France, devenu une véritable mascarade ou le Maillot Jaune n’est pas décerné au meilleur coureur, mais à celui qui à réussi à slalomer entre les tests anti-dopage ?

Les performances s’enchaînent, les records tombent, les exploits se multiplient, mais la farce n’est-elle pas en train de nous aveugler ?

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Tim Montgomery

L’enjeu du 21è siècle ?

Cet été encore, plus de 4 milliards de téléspectateurs ont suivis les miracles des Usain Bolt et autres Michael Phelps lors des olympiades de Pékin.

Le sport n’est plus un simple divertissement, c’est une véritable religion, une croyance dans laquelle les personnes du monde entier se réfugient pour fuir leur quotidien.
Ce n’est pas une caricature, dans un stade de football nous sommes tous supporters, nous sommes égaux, nous oublions notre emploi, nos soucis personnels, le temps d’un match.

C’est peut-être ça la beauté du sport, quel qu’il soit, c’est d’unir toutes les générations, catégories sociales et nations durant 90 minutes.
Certains se rappelleront peut-être le match comptant pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2010 opposant l’Arménie à la Turquie, c’était il y a quelques mois, et la portée historique (mais surtout symbolique) d’un tel évènement ne peut qu’avoir un impact positif sur l’histoire mouvementée de ces deux pays.

Ainsi, dans un Monde en proie à la Crise (pas seulement économique), les évènements sportifs sont une réelle bouffée d’oxygène qu’il faut protéger.

La lutte contre le dopage, fléau faussant toute la réalité du sport, se doit d’être remportée par les instances anti-dopage, car plus qu’un simple concept, c’est une émotion universelle qui risque de disparaître, et nul doute qu’après les apports négatifs du Business, le dopage serait la maladie achevant un concept en bien mauvaise santé…

Les raisons d’espérer ?
Les progrès effectués chaque jour par les instances.
Je l’ai martelé plus haut, l’écart semble trop important pour rattraper les tricheurs, mais force est de constater que, petit à petit, ces derniers sont pointés du doigt et ne s’en remettent pas.

Le Tour de France est sans doute le meilleur symbole de ce chamboulement : chaque année dorénavant les meilleurs coureurs sont arrêtés en plein envol.

Vu la situation, tant pis pour le spectacle, l’urgence est telle que l’important n’est plus de savoir qui mérite le Maillot Jaune, mais plutôt qui ne le mérite pas.

Pourquoi ne pas avoir 10 Tours tournant à la mascarade, si c’est pour ensuite voir un tant désiré « Tour Propre » ?

Sources :

Tim Mongtomery avoue

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/sports/20081124...


Le Retour d'Armstrong

http://www.liberation.fr/depeches/0101284452-cyclisme-l...