22 septembre 2009

Saison 1 / Episode 34 : Sujets Sensibles s'abstenir.

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Après Jean-Marie Bigard, Marion Cotillard et Karl Zéro, c'est au tour de Mathieu Kassovitz de se démarquer vis-à-vis des attentats du 11 septembre.

Il sous-entend, comme les trois autres personnalités sus-citées, que la Théorie du Complot est de mise et que le Gouvernement US n'est pas tout blanc dans cette histoire, voire est le principal acteur des attentats.

 

Comment sont considérées ces personnalités après avoir fait part de leur opinion ?

Comme des négationnistes.

 

Il apparaît alors qu'on ne peut pas dire ce que l'on veut concernant les attaques visant le World Trade Center, sous peine d'être pointé du doigt et accusé des pires vices.

 

Cela est-il légitime, tant cette journée du 11/09 nous a tous marqué et nous a montré l'un des pires maux de ce début de 21è siècle, à savoir le Terrorisme ?

Ou alors sommes-nous tombé inconsciemment dans une idée figée et intouchable selon laquelle il y a les gentils américains, et les méchants terroristes, sans remettre une seule seconde en cause la détermination des US de se définir comme policiers du Monde, par tous les moyens.

 

Vu que ceux qui ont osé évoqué la Théorie du Complot précédemment ont été qualifiés de négationnistes et critiqués par l'opinion publique, nous allons essayer de jongler efficacement entre objectivité, faits et réalité, afin de sortir une analyse utile de cette actualité.

 

Au-delà de savoir qui a raison, si la Théorie du Complot existe réellement, si nous n'avons affaire qu'à une simple machination de la part d'un grand nombre de personnes, c'est le rapport à la liberté d'expression qui est ici intéressant.

En effet, les personnalités n'ont fait qu'émettre une hypothèse, mais elle leur a valu une véritable fronde de la part de l'opinion publique et des médias.

 

Dans la même lignée que le premier article de ce blog, et plus récemment l'article mettant en confrontation Liberté d'Expression et Expression Libre, on va essayer de se pencher sur les limites de la liberté d'expression.

 

 

Quand l'évocation d'une hypothèse débouche sur la dénonciation idéologique.

 

Que ce soit le provocant Bigard, l'oscarisée Cotillard, le professionnel Zéro ou le cinéaste Kassovitz, les réactions ont été bien similaires à la suite de leurs déclarations sur les attentats du 11/09.

Moqueries, critiques virulentes, ignorance des médias, rien ne leur a été épargné pour avoir osé dire que les américains n'étaient peut-être pas vierge de tout reproche quant à l'attaque des Twin Towers.

 

On ne peut pas nier une chose, que les attentats ont marqué chaque citoyen du Monde, tant tout cela semblait irréel : la première puissance mondiale assiégée de la plus « spectaculaire » des manières, sous les feux de centaines de caméras et devant des milliards de téléspectateurs.

Le 11/09 sera surtout le préambule à une politique d'attaque légitimée par la défense du Monde face au terrorisme : invasion de l'Afghanistan, chute de Saddam Hussein, tout cela est la suite du 11/09.

 

Nous ne sommes pas là pour dire si les américains ont, sur un plan géopolitique mondial, gagné une avance considérable, où si les actes comme la Guerre en Irak sont une dérive de la peur du terrorisme permettant de réaliser des actes qui auraient été inacceptables hors contexte.

Néanmoins, 8 ans après, les États-Unis se prévalent de vouloir universaliser leur Démocratie dans les pays en difficultés, et cela encore fait suite aux évènements du 11 septembre.

 

On pourrait donc juste en conclure que « Tout est lié », mais les personnalités vont plus loin en envisageant le plus morbide des scénarios : ce sont les américains eux-mêmes qui ont attaqué les Twin Towers.

 

Il suffit de faire un tour sur la Toile pour voir le nombre assez impressionnant de sites traitant de cette Théorie du Complot. Même Wikipédia permet d'avoir un rapport complet sur cette opinion démontrant par plusieurs faits concordants que les deux tours, par exemple, ont été détruites par des bombes dissimulées dans les bâtiments par les américains.

 

A chacun de se faire un avis sur la question, et si un jour on apprenait que le scénario le plus bancal de toute l'histoire puisse être réel, alors il faudrait agir en conséquence.

 

Revenons sur les paroles des personnalités.

 

Elles savent (du moins pour Kassovitz, je l'espère) qu'elles risquent d'être mises sous les feux des projecteurs en évoquant cette théorie du complot.

Bigard, en premier, a fait part de son idée il y a un an maintenant, et cela le suit toujours aujourd'hui.

 

Qui est à blâmer ? Les personnalités qui abusent de leur influence publique pour faire passer leurs idées les plus osées, ou l'opinion publique qui se met volontairement des œillères pour ne pas vouloir envisager une seule seconde une machination qui remettrait en cause la société du 21è siècle et les dominants du Monde entier ?

 

L'un et l'autre, à vrai dire.

 

 

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Mathieu Kassovitz


De la distinction des propos négationnistes et des propos provocants.

 

Après tout, comme vu dans « Liberté d'expression = Expression Libre ? », on ne peut pas tout dire.

Les propos rapportés dans l'article faisaient référence au chanteur Orelsan et aux propos négationnistes.

Les propos sur la Théorie du Complot sont-ils des propos négationnistes ? C'est là l'enjeu du problème.

 

La rétro-analyse est ici faite, et c'est l'un des facteurs du négationnisme.

Certes mais, à ce rythme, on risque de basculer dans la chasse aux sorcières, voulant dénoncer chaque personne qui aurait des idées autres que celles dominantes sur des sujets sensibles.

 

Quant à l'opinion publique, qui s'indigne des propos sur la Théorie du Complot, elle risque de tomber dans une vision du Monde réduite par des œillères afin de se diriger vers un semblant de pensée unique, la crainte de tout monde démocratique qui se respecte.

 

Finalement, ce fait d'actualité témoigne de l'ambiguïté de la liberté d'expression et de la société par la même occasion.
Évidemment, prêcher devant les caméras que les américains sont les auteurs des attentats, c'est à la fois choquant et perturbant.

Mais que nous adoptions la politique de la pensée unique l'est tout autant, comme si on devait tous s'accorder sur une seule et même idée, et non une autre, quelque soit le sujet.

 

Alors, bien sûr, ici l'on évoque le 11/09, ce qui n'est pas un sujet comme un autre, mais nous pourrions plus tard avoir les mêmes causes et conséquences sur d'autres sujets, ce qui serait un très mauvais signe quant au devenir de la société et des idéologies la formant.

 

On doit concevoir que, même si ces personnalités savent qu'elles vont perturber l'ordre actuel des choses, elles peuvent faire part de leurs idées comme tout autre individu.

 

Mais, sur ce, vous me parlerez de Dieudonné et de son négationnisme qui ne trouve là aucun défenseur.

 

Et bien c'est qu'il y a une différence entre négationnisme et remise en question : si encore on n'avait absolument aucune preuve que les attentats du 11/09 aient été réalisé par les américains eux-mêmes, alors on serait dans la même situation vis-à-vis du négationnisme, c'est-à-dire le refus de l'évidence.

 

Aujourd'hui, en 2009, il y a tellement de sites internet et de sources qui évoquent, avec sérieux, une manipulation de grande envergure lors des attentats visant les Twin Towers, qu'on ne peut dire « C'est faux, il ment, etc... ».

 

Je ne dis pas que les américains sont à l'origine des attentats, mais nous agissons comme si il n'y avait absolument aucun fait troublant, aucune incohérence marquante.

Alors qu'il y en a.

 

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Les personnalités ne sont coupables que d'une chose : partager ces théories et le faire savoir.

Que font les médias et l'opinion publique ? Il les pointent du doigt, les accusent, sans eux-mêmes s'interroger sur leurs déclarations, s'interroger eux-mêmes sur les évènements remis en cause.

 

Alors oui, il y a peu de chances qu'un jour on apprenne que les attentats ont été orchestrés par la Maison Blanche (et je l'espère sincèrement d'ailleurs, car sinon nous vivrions dans une société pourrie jusqu'à la moelle), mais des personnes ont choisi d'aller à contre-courant, documents et faits à l'appui, et même si on n'a pas à leur donner un impact médiatique plus important qu'à l'accoutumée, on se doit, si on déclare être une véritable démocratie, leur laisser la parole et leur dignité.

 

Revers de la médaille de la Liberté d'expression ou problème d'un principe démocratique poussé à l'extrême, le constat est le même : les propos des personnalités sus-citées relèvent de la Liberté d'Expression (liberté de s'exprimer sur un sujet sensible), et non de l'expression libérée (dire des choses irréfléchies, injurieuses, indignes d'attention).

 

Si on désire se définir comme un pays démocratique, acceptons (comme les partis extrémistes en politique par exemple) les idées de ceux remettant le système en cause, tant que cela ne dérive pas sur du négationnisme.

 

PS : Dans les sources, un lien vers le site ReOpen911, assez bien fait, demandant une véritable enquête sur les attentats du 11 septembre, qui soit indépendante et non politique.


Sources :

Interview de Kassovitz

Le Négationnisme

Les Théories du Complot concernant le 11/09 sur Wikipédia

ReOpen911, site demandant une nouvelle enquête sur le 11/09

 

11 août 2009

Saison 1 / Episode 30 : Je t'aime... moi non plus.

 

 

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Il y a deux mois, les élections européennes donnaient l'occasion aux électeurs français de désigner leur représentants au Parlement Européen pour les 5 prochaines années.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce vote n'a pas déchaîné les foules.

60 % d'abstention chez nous, pour un scrutin définissant le paysage politique européen, soit 27 pays et près de 500 millions de citoyen, ce n'est pas très honorable.

Et encore, ce phénomène a touché l'ensemble des pays concernés.

La France, comme à son accoutumée, à répondue à une question qui ne lui était pas posée.

Les médias et les politiques eux-mêmes ont trompé l'opinion publique en faisant de cette élection ce qu'elle n'était pas.

J'ai moi-même voté (je suis très consciencieux), réalisant ce que j'estime être mon simple devoir de Citoyen.

Pourtant, ce vote démontre un paradoxe fort embarrassant pour nos contrées hexagonales.

 

Comment fut perçu ce vote en France ?

Quel était son utilité ?

Qui a vraiment gagné ?

 

Ces questions, on aurait dû se les poser dès le lendemain des élections, et les réponses auraient été assez saisissantes.

 

Tout d'abord, commençons par le principal problème : ce qu'ont vu les électeurs à travers ce vote.

 

L'enjeu, pourtant simple, était de désigner les parlementaires européens français qui siègeraient à Strasbourg, en compagnie de ceux choisis par les 26 autres pays de l'Union.

L'enjeu, dès lors, n'était pas la Politique française en crise, la déferlante UMP, l'agonie du PS, mais bien l'orientation donnée à l'Europe pour son plus proche futur.

Pourquoi les médias en ont-ils fait une élection seulement à portée nationale, faisant défiler les têtes d'affiche des différents partis, têtes d'affiche qui, soit dit en passant, étaient totalement étrangères aux élections car aucun ne risquait d'être élu à Bruxelles.

Et oui, à ce stade, qui peut me citer (de mémoire) un des candidats élus au Parlement, Dati et Barnier mis à part ?

En effet, difficile de s'y retrouver lorsque l'on doit voter pour un tel, alors que c'est Cohn-Bendit, Bayrou, Aubry ou Bertrand qui sont mis en avant, c'est-à-dire des personnalités politiques certes, mais pas celles pour qui on doit voter !

 

Mieux, quand une tête d'affiche se retrouve élu au Parlement, comme par exemple Brice Hortefeux, elle s'empresse de trouver un prétexte pour se débarrasser de cette élection et rester dans son Ministère.

 

Dès lors, que voient les électeurs ? Une élection à forte teneur nationale, un nouveau pamphlet anti-Sarkozy pour les uns, une énième crise du PS pour les autres.

Pas de chance, l'enjeu n'était pas national, mais bien européen.

 

Ainsi, le Rosé aura attirer l'attention, tout comme le clash Cohn-Bendit/Bayrou, ou encore les tensions entre Aubry et Royal.

Quid de la notion de citoyenneté européenne ? Quid d'un projet à grande échelle intéressant chaque citoyen de la zone Euro ? Rien.

 

Les élections européennes, grâce aux médias et aux personnalités politiques elles-mêmes, sont devenues une élection nationale : Sarkozy VS Gauche, Verts VS Modem.

 

Certains diront que cela est logique, que la moindre élection est prétexte à remettre en question le pouvoir en place.

Oui, mais si ce sont des élections nationales, ce qui n'était pas le cas ici.

 

 

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Autre problème de taille, rejoignant le précédent : l'utilité de cette élection.

 

La « citoyenneté européenne » est en crise, elle aussi. Tout simplement car elle n'a pas encore prit toute sa force.

Nous sommes des « citoyens français », voilà quelque chose qui trouve un écho : 1789, Droits de l'Homme, Napoléon, Occupation, Résistance, etc... Autant de moments historiques qui donnent du sens à cette expression, nous sommes liés par la même histoire, le même passé, la même culture.

 

Maintenant, nous sommes des « citoyens européens ».

Ok, c'est bien gentil, mais qu'est-ce que cela signifie ? Une histoire commune ? Des valeurs partagées ? Des liens forts entre nos 27 pays ?

Non, nullement.

Le 9 mai 1950, Robert Schuman voulait une Europe Politique.

Le 7 juin 2009, nous en sommes toujours au stade d'Europe Économique : Schengen, l'Euro, la multitude de pays, tout cela est bien d'un point de vue économique, mais ça ne dessine en rien une histoire, un « Vécu » européen, quelque chose nous rendant fier de dire « Je suis un citoyen européen ».

 

Et ces élections l'ont parfaitement démontrées : l'abstention atteint un sommet, et cela renvoie naturellement à l'utilité de ce vote : à quoi servait-il d'élire les députés européens ?

Et là, malheureusement, je ne peux être que pessimiste car la force du Parlement européen est justement un des débats des plus controversés...

Le moteur de l'Union Européenne, c'est la Commission Européenne (comme le Gouvernement à échelle nationale, pour résumer). Le Parlement est l'institution la plus paradoxale car ce sont bien les citoyens européens qui les élisent, mais les idées viennent de la Commission, reléguant le Parlement à un rang d'acteur passif.

 

On a choisi des élus qui ne diront que Oui ou Non aux propositions de la Commission, mais ne proposeront jamais rien.

Je caricature, mais le climat actuel à l'échelle européenne en est vraiment proche.

 

Alors, pour le peu d'électeurs qui se sont intéressés aux élections (4 personnes sur 10), où trouver la motivation nécessaire pour aller au Bureau de Vote ?

On vote pour des listes connues de tous, certes, mais on ne connaît pas la personne en tête de liste, la seule personne du Parti qui en parle à la télévision n'est même pas nommée dans la liste, et en plus les personnes pour qui on vote ne vont quasiment rien faire durant leur mandat, à part faire des allers-retours Strasbourg – Bruxelles !

 

Aujourd'hui, on en est là : on Vote pour quelque chose qui ne nous intéresse pas, car cette même chose ne s'intéresse pas à nous.

 

 

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Daniel Cohn-Bendit

 

Enfin, et là un autre paradoxe est à souligner, le vainqueur des élections.

Qui est-ce ?

99,9 % des réponses seront soit l'UMP, soit Europe Ecologie.

Faux...

Le Parlement Européen est actuellement dominé par le « Groupe du Parti Populaire Européen », traduction pour « UMP » je vous l'accorde, à l''échelon européen.

La Gauche est aussi présente, mais en tant qu'« Alliance progressiste des socialistes et des démocrates au Parlement européen ».

Les Verts, bien que très en vue dans l'hexagone, ne pointent qu'en 4è position, derrière l'équivalent du Modem.

 

Le paradoxe dans le paradoxe ? Tout le monde ici à voulu faire de cette élection européenne une élection française, et donc l'anti-Sarkozysme était fort présent.

L'opinion publique ne faisaient plus les yeux doux au Président (voir la côte de popularité), les Partis politiques en avaient fait une proie, quelque soit leur programme.

Et pourtant, c'est le Parti du Président qui gagne, loin devant le PS.

 

La Politique à de charmant que rien n'y est prévisible.

Encore faut-il savoir si cette imprévisibilité est due à des réflexions fortes de la part des électeurs, ou à une incompréhension générale.

 

En 2005, le « Non » au Référendum sur le Traité instituant une Constitution pour l'Europe (et non pas le « Non » à la Constitution Européenne, ce qui est différent) avait sonné en France comme un message destiné à la Politique de Chirac, non comme un réel rejet de l'Europe.

Là encore, on avait détourner le vote de son but...

En 2009, on remet ça.

 

Histoire de se rendre utile, voici les noms des principaux vainqueurs, par circonscriptions, ceux pour qui vous avez voté :

- Nord-Ouest : Dominique Riquet (Majorité Présidentielle)

- Ouest : Christophe Béchu (Majorité Présidentielle)

- Est : Joseph Daule (Majorité Présidentielle)

- Sud-Ouest : Dominique Baudis (Majorité Présidentielle)

- Sud-Est : François Grossetête (Majorité Présidentielle)

- Massif Central-Est : Jean-Pierre Audy ( Majorité Présidentielle)

- Île-de-France : Michel Barnier (Majorité Présidentielle)

- Outre-Mer : Marie-Luce Penchard

 

Après les résultats des élections, Benoît Hamon aura cette réflexion qui en dit long sur l'incompréhension qui règne entre enjeux politiques, électeurs est médias :

 

« Si on cumule tous les scores des partis de Gauche, la Gauche est largement devant l'UMP. »

 

Décidément, en France, on répond à côté de la question et on vote à côté de l'urne...


Sources :

Le Parlement Européen

Pour ceux qui veulent savoir pour qui ils ont voté

04 juin 2009

Saison 1 / Episode 29 : Choquer pour ne pas Oublier.

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Le procès Fofana fait parler.

Une nouvelle information tombe dans l'arène médiatique quasi-quotidiennement et ce en grande partie « grâce » au principal suspect, Youssouf Fofana, qui n'hésite pas à multiplier les provocations, encore et toujours.

Un jour il prétend être né le jour où le corps d'Ilan Halimi est retrouvé, un jour il récuse l'une de ses propres avocates.

Aujourd'hui, comme si les médias n'avaient pas assez à dire quant à ce procès teinté d'antisémitisme, voici que l'un d'eux entre en scène en jouant le scoop trash : le magazine Choc.

Faire une couverture avec une photo d'Ilan Halimi prise pendant sa séquestration par le « Gang des Barbares », en plein procès, est pour le moins choquant.

Les armes en présence ?

D'un côté l'opinion publique, évidemment choquée par ce semblant de coup médiatique qui joue la carte du trash pour réussir sa provocation.

De l'autre, les défenseurs de la Liberté de la Presse, pour qui l'information prime et légitime la mise en circulation du magazine.

Les mœurs, l'opinion publique, le procès, les parties civiles, tout le monde est touché par l'acte du magazine Choc.

Que pouvons-nous en tirer ?

 

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Ruth Halimi, la mère d'Ilan

 

 

Une Forte Atteinte à la Dignité Humaine.

 

Déjà en 2006 ce fait divers très sombre avait ému la population, une population qui prenait conscience que des atrocités telles pouvaient se dérouler à quelques mètres d'elle.

Un jeune homme attiré dans le guet-apens par une demoiselle peu scrupuleuse, trois semaines de torture, une agonie lente et inhumaine, voilà le tableau peint par Youssouf Fofana en vue de parvenir à ses fins.

L'antisémitisme est au cœur de cette histoire, ce qui donne d'autant plus de poids à un procès portant déjà de lourds fardeaux.

Sans doute résolu à l'idée que son procès est perdu d'avance, Fofana démontre une volonté de rendre la tâche de chacun plus difficile, pour faire parler de lui et avoir de l'écho dans les médias.

Voici alors que sort la photo d'Ilan Halimi, une photo versée au dossier et à la portée des seuls rares intéressés tels que les avocats des parties et sa famille.

Quelle surprise alors de voir cette même photo en Une d'un magazine people plutôt habitué à mettre en avant des faits « insolites ».

Ainsi Ilan Halimi côtoie-t-il des avions réaménagés en villa et des basketteurs effectuant des dunks (la photo est assez facile à trouver, surtout sur le site Entrevue.fr, détenu par la même filiale possédant le magazine Choc...).

 

La justice est passée par là et le numéro de Choc est retiré des kiosques, évitant de s'appesantir sur cette histoire.

La semaine dernière, la Justice décide finalement de laisser le numéro en kiosque, mais que la photo d'Ilan halimi soit occultée.

Si l'on se met à la place de la famille, le désarroi et la colère se succèdent. Comment peut-on « commercialiser » un fait divers si ignoble ?

 

Les défenseurs du magazine se cachent derrière la liberté de la presse.

Doit-on considérer la liberté de la presse comme pouvoir invincible et sans limite, ou bien comme un principe sacré mais soumis à une ligne jaune ne devant pas être déplacée ?

Au vu de nos conclusions vis-à-vis de la liberté d'expression (Liberté de s'exprimer, oui / Expression libérée, non), on peut sérieusement envisager une limite à la liberté de la presse, comme les photos montrées au grand public dans le cas présent.

Pourtant, des magazines ne jouent que sur ce genre de photos, sans nécessairement que ces magazines se nomment « Le Monde » ou « Libération ».

Voyons par exemple Paris Match, qui fait d'ailleurs des photos son fonds de commerce, et dont la fameuse devise n'est autre que « Le poids des mots, le choc des photos », des photos qui peuvent être prises sur un champ de guerre comme sur les lieux d'un attentat.

Alors, ne serait-ce pas la presse en général qui cumule les atteintes à la dignité humaine et non seulement Choc, qui ne fait que suivre le mouvement ?

Après tout, si l'on attaque Choc pour les photos d'Ilan Halimi, on devrait attaquer toutes les semaines un magazine différent pour les mêmes raisons : atteinte à la dignité humaine.

 

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Youssouf Fofana, lors de son arrestation en Côte d'Ivoire

 

Une Utilité à Souligner : Frapper les Esprits.

 

Il faut bien être objectif et se retenir un tant soit peu de lancer la première pierre au magazine Choc : on peut trouver quelques atouts à cette photo, atouts qui font néanmoins abstraction au respect de la volonté de la famille Halimi.

Le magazine Choc, probablement sans le vouloir, participe à la prise de conscience collective vis-à-vis des faits se déroulant dans les banlieues et liés à l'antisémitisme.

N'oublions pas une chose toute simple : les photos tirées des Camps de Concentration pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Qui prend plaisir à regarder ces photos sur lesquels on aperçoit soit des cadavres, soit des corps squelettiques ?

Pourtant, que ce soit lors de notre éducation ou bien lors de reportages revenant sur cette période bien sombre, on a droit à chaque fois à ce genre de documents.

 

Pourquoi s'infliger une vision si morbide ?

Car c'est l'Histoire, c'est ce qu'il s'est passé, c'est ce qu'il ne faut pas oublier : C'est ce qui marque le plus !

La réponse se trouve ici.

Une photo retranscrivant un moment de l'histoire, quelque soit son intensité, doit être conservée, voire rendue publique, car c'est ce qui permet le mieux de rendre aux générations suivantes l'importance du fait traité par la photo.

 

Nous avons tous étudié la Seconde Guerre Mondiale au Collège et au Lycée, pourquoi ?

Car il ne faut pas oublier, et pour que les générations futures ne commettent pas les mêmes erreurs.

 

Alors, quoi de plus fort que de montrer concrètement l'horreur, par le biais de photos prises en plein cœur de l'action ?

Oui, voir la photo d'Ilan Halimi en Une d'un magazine people est choquant, mais c'est plus le support de diffusion de cette photo que la diffusion de la photo elle-même qui est à blâmer.

Nous avons entendu parler de ce fait divers à la radio, à la télévision, à maintes et maintes reprises.

En un seul cliché, toute la violence de cette histoire ressort et nous explose en plein visage, une image que l'on ne peut pas oublier, une image qui nous lance un message : « Regarde ce qu'il se passe en France, en 2009. »

 

Oui, cette photo a finalement une utilité, celle de nous confronter à la dure réalité.

Oui, elle est dotée d'une force qui fait qu'elle peut être rendue publique, non pas pour le plus grand désespoir de la famille Halimi, mais pour l'Histoire.

Non, le magazine people Choc n'était pas le meilleur support pour rendre publique cette photo.

Si l'on ne veut pas que les mêmes faits se reproduisent d'ici quelques années, montrons l'horreur à chacun.

Évidemment, je précise que cela n'a un intérêt que dans le cas de conflit, quand une action est à pointer du doigt (nazisme pour les camps, Fofana pour Halimi).

Cela est totalement différent lorsque l'on évoque une catastrophe, où la force majeure est l'unique responsable (le crash de l'A330 et ses 228 victimes par exemple).

 

« Le poids (insuffisant) des mots, le choc (inoubliable) des photos »

 

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Sources :

http://www.europe1.fr/Decouverte/Talents-et-personnalite/...


24 avril 2009

Saison 1 / Episode 28 : Antennes Relais, Quand Vous Nous Tenez...

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De mon coté, tout a été dit : le principe de précaution, chère à notre Patrie à juste titre, est poussé à son extrême quant aux antennes relais.

Que les antennes relais soient considérées néfastes, sans qu'il n'y ait de preuves allant dans ce sens, c'est possible, mais à ce dans ce cas il faut entrevoir un futur sans téléphones portables et télévisions, entre autres, car émettant au moins dix fois plus d'ondes électromagnétiques qu'une antenne relais (certains vont jusqu'à dire que ce serait jusqu'à 1500 fois plus...).

Bref, un bon article pour illustrer, encore une fois, le débat le plus incertain de l'année, alors que le Grenelle des antennes relais (vivement le Grenelle des grenelles...) est au coeur de l'info.


Qui osera dire encore que le mobile facilite la communication ? Entre riverains, pouvoirs publics, scientifiques et opérateurs mobiles, c’est plutôt le dialogue de sourds. Alors que les discours se radicalisent, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, flanquée de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat en charge de l’Economie numérique, et Chantal Jouanno, qui lui a succédé au secrétariat d’Etat à l’Ecologie, ouvrent ce matin une table ronde à très haute tension. Le thème : «Radiofréquences, santé, environnement.» La médiatisation de la séance d’ouverture - trois heures chrono pour laisser s’exprimer 54 participants - en irrite déjà quelques-uns, comme Janine Le Calvez, la présidente de l’association Priartem : «On a oublié les scientifiques et il n’y aura pas de débat !»

Il y a le feu sur les toits. Depuis la victoire d’un couple de Lyonnais devant la cour d’appel de Nanterre contre Bouygues Telecom (qui a été forcé d’éteindre une antenne), un vent mauvais de procès contre le mobile s’est levé. Coup sur coup, SFR à Carpentras et Orange à Angers ont été invités, sur plainte de riverains, à mettre sous le boisseau leurs émissions. Et on assiste au début d’une déferlante.

Maître Forget, l’avocat qui a fait plier Bouygues Telecom, en est à sa dixième assignation en justice, et il en tient, dit-il, «autant sous le coude, prêtes à partir». Pour Sceau-Saint-Angèle (Dordogne), Loctudy (Finistère), Belle-Isle-enTerre (Côtes-du-Nord), Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales), les assignations sont parties.

D’autres confrères s’activent. L’avocat frondeur, épaulé par l’association Robin des Toits, salue le revirement de la jurisprudence : «Avant, chacun arrivait avec ses études et démolissait celles de l’adversaire», et le juge renvoyait le plaignant sous sa parabole. «Maintenant, dit-il, le juge reconnaît qu’il y a controverse. Et qu’il est anormal, dans ce cas, d’exposer les riverains comme on expose des cobayes.»

En arguant que le seul fait d’être exposé à un risque sanitaire, même hypothétique, vaut la mise en œuvre du principe de précaution, la justice a retourné le pré fertile du mobile. Et fait monter d’un cran les frayeurs. D’où l’urgence à concilier les points de vue.

Les opérateurs

Environ 49 000 antennes mobiles égayent le paysage. Certaines sont cachées dans des clochers d’églises. D’autres juchées en haut de pylônes, voire de château d’eau. Elles profitent à 56 millions d’utilisateurs. L’Afom (Association française des opérateurs mobiles) ne sait plus quel argument privilégier pour faire taire les inquiétudes. «On recense 130 000 émetteurs de toutes sortes [radio, télévision, armée, gendarmerie, aéroports…, ndlr], mais c’est toujours les antennes mobiles qu’on cible», regrette-t-on à l’Afom, qui se retranche derrière les seuils définis par l’Organisation mondiale de la santé, et retenus en Europe.

Baisser ces limites ? Hors de question : «Cela va créer des trous dans les couvertures.» Et il va falloir mettre davantage d’antennes. Pire encore : «On va devoir les rapprocher des gens !» De toute façon, on est très en dessous des seuils limites, avancent les opérateurs qui citent la moyenne d’exposition calculée par L’ANFR (Agence nationale des fréquences) sur 15 000 mesures : 0,71 volt par mètre. Pas loin de ce que réclament les associations comme limite absolue…

Les scientifiques

Ils ont l’impression d’être au milieu d’une partie de ping-pong. Sitôt qu’une étude ou une compilation de travaux met en évidence un effet potentiellement pathogène ou des mesures qui gênent, elle est démolie par le camp qu’elle dessert. Dernière étude en date, celle de Jean-François Viel, professeur de médecine, à la tête d’une équipe du CNRS, à Besançon. Dans le Doubs, il a équipé 200 personnes d’un dosimètre pour mesurer leur exposition aux ondes sur une journée. Résultat: ce sont les antennes de radio FM qui émettent le plus de radiations ! Tandis que, pour les mobiles, ce n’est pas au pied de l’antenne que la dose est la plus forte, mais à 280 m en zone urbaine, et à 1 000 m en zone rurale. «Parce qu’on est dans la vraie vie et que les expositions sont multiples», explique le scientifique. Du coup, Priartem et Agir pour l’environnement, que ces résultats dérangent, dénonce l’étude : «Son échantillon est biaisé» et «ses mesures sont contraires aux lois de la physique», accuse Daniel Oberhausen, l’expert des deux associations. Et puis les ondes FM ne sont pas dangereuses, «parce que ce sont des fréquences basses [100 Mhz, ndlr] et qu’elles sont présentes naturellement dans l’environnement. Pas comme le mobile».

Une autre étude peine à sortir. Baptisée Interphone, elle porte sur l’éventuelle dangerosité des mobiles. Treize pays y participent. Des résultats partiels, relatant une possible augmentation du risque de gliome (tumeur cérébrale) en cas d’utilisation intensive du portable, ont été publiés. Mais seule une étude internationale agrégeant les 6 500 à 7 000 cas de tumeurs aura la puissance statistique nécessaire pour dire le vrai. Martine Hours, chargée de piloter la synthèse, en est à «sa sixième version». Rude tâche, dit-elle, que «d’obtenir un consensus entre une quinzaine d’investigateurs nationaux». La chercheuse de l’Inrets ne donne plus de date pour cette étude annoncée initialement pour 2007. Mais rêve d’en finir cette année… Autre polémique dénoncée par Priartem, l’étude européenne Reflex, faisant état dès 2004 de résultats inquiétants : «Depuis qu’on a découvert qu’une technicienne a falsifié des données, les opérateurs se sont empressés de disqualifier toute l’étude !»

Les médecins

Troubles psychosomatiques ou affections réelles ? Encore une passe d’armes. Elle concerne notamment les électro-sensibles, ces handicapés des ondes, ultrasensibles et qui se plaignent de maux de têtes, d’eczéma ou de saignements de nez… Antennes mobiles, wi-fi, toutes les ondes sont incriminées.

A droite, l’Académie de médecine avec André Aurengo ; à gauche Dominique Belpomme, cancérologue, mais aussi des praticiens de ville, proches du Syndicat de la médecine générale. L’Académie de médecine est montée au front lorsque la cour d’appel a piétiné les études scientifiques et sommé Bouygues d’éteindre une antenne relais à Lyon. «Les électro-sensibles somatisent, dit en substance Aurengo. S’ils manifestent effectivement des troubles variés en présence d’émetteurs, ils sont incapables de repérer si ces dispositifs sont actifs ou non.»Damned.

Il s’inquiète surtout d’un «ressenti» du patient «mis au même niveau que l’expertise scientifique et médicale». Commentaire d’une scientifique pointue : «Certes, les études ne montrent rien, mais c’est pas parce qu’on ne voit rien qu’il faut arrêter de chercher.» Dominique Belpomme, lui, cherche et trouve. Professeur de cancérologie à l’hôpital Necker à Paris, il travaille sur 88 dossiers médicaux à partir desquels il a établi une description du syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques…

Les associations

Haro sur les antennes de téléphonie mobile ! «On n’a rien contre le portable», soutient Etienne Cendrier, porte-parole de Robin des Toits. «On veut juste faire abaisser les seuils d’émissions.» Son objectif : limiter à 0,6 volt par mètre les limites d’exposition aux ondes émises par les antennes mobiles (comme Priartem). Contre 41 et 61 volts par mètre aujourd’hui - la norme européenne. D’autres pays n’ont pas hésité à baisser leur seuil, plaide Robin des Toits. L’Italie, où la limite est de 6 volts, mais aussi la Pologne, la Bulgarie, la Suisse… Bruxelles a décidé de passer carrément à 3 volts, le 15 septembre. Même la ville de Paris s’y est résolue dès 2003, prônant le 2 volts maxi dans une charte.

Stéphen Kerckhove, d’Agir pour l’environnement, minimise le coût du passage à 0,6 volt : «Cela ne force à redéployer que 15 % des antennes», soit 7 500 relais. A Bruxelles, les opérateurs dénoncent une révolution bien plus coûteuse : baisser à seulement 3 volts implique de planter 40 % d’antennes en plus pour assurer la même qualité de réseau.

L'Etat

C’est un schizophrène. «L’hypothèse d’un risque» lié aux antennes relais «ne peut être retenue». C’est carré. L’affirmation est de François Fillon et elle figure dans la lettre de mission qu’il a adressée fin mars à sa ministre de la Santé, l’invitant à ouvrir un «Grenelle des antennes», pas moins. Même assurance de Chantal Jouanno, sa secrétaire d’Etat à l’Ecologie : «Jusqu’à présent, toutes les études scientifiques montrent a priori qu’il n’y a pas d’impact sur les populations.» C’était lors d’un «talk» vidéo organisé par le Figaro et l’opérateur Orange, le 4 mars…

Alors que la fronde des riverains grandit et s’organise, le discours, à la veille du grand déballage, s’infléchit. Selon la Tribune, le gouvernement planche sur des mesures de nature à calmer les peurs, sinon à étouffer les polémiques. Au cœur du sujet, la baisse des limites d’exposition. Pour le mobile, en revanche, les pouvoirs publics ne tournent plus autour du pot et déconseillent l’usage du portable avant 6 ans, parce que, confie Jouanno, «l’approche de précaution paraît cette fois justifiée». La procédure pour l’attribution d’une quatrième licence de téléphonie suit malgré tout son cours. Désignation du gagnant avant 2010. Ses concurrents lui souhaitent déjà bonne chance pour trouver des toits accueillants…

Schizophrénie aussi pour Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Economie numérique et coauteure d’une «excellente proposition de loi en 2005, demandant la limitation des émissions à 0,6 volt par mètre», rappelle malicieusement Etienne Cendrier, de Robin des Toits. Exactement ce que réclame son association.


CATHERINE MAUSSION, Libération


http://www.liberation.fr/societe/0101563489-antennes-re...

17 avril 2009

Saison 1 / Episode 27 : Liberté d'Expression = Expression Libre ?

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Au cours d'une discussion avec un des juristes des plus importants d'Europe (Dominique Turpin, pour ne pas le citer), j'ai pris conscience des sous-entendus involontaires que pouvait suggérer mon tout premier article, « Une Nouvelle Pierre apportée à l'Edifice de la Liberté d'Expression », un peu recherché mais bien présent.

Comme me le fit remarquer Monsieur Turpin, je prêche un message tel que « On peut tout dire, absolument tout ». Néanmoins, cela amène à l'hypothèse que l'on puisse aussi dire des choses du style « Il faut tuer tous les ... ».

Bien sur, loin de moi l'envie de provoquer une réflexion telle que « nous pouvons tout dire, même des messages haineux ou racistes ».
Non, ce n'est pas ce que je sous-entendais, et si certains d'entre vous on pu entrevoir cette possibilité, je vous rassure c'est plus un oubli de ma part qu'autre chose.

Oui, mais alors je suis moi-même en train d'admettre l'idée que la liberté d'expression a finalement une limite, allant à l'encontre de mon idée principale.

Faut-il s'appesantir sur ce fait ? Et bien oui car même si l'on est tous d'accord pour ne pas mettre dans le même sac « propos tenant à la Liberté d'Expression » et « propos haineux », on doit en déduire une limite à la Liberté d'expression.

Une limite naturelle, c'est certain, concernant par exemple les propos négationnistes.
Mais une limite tout de même, et dès lors on doit se demander si il n'y a pas d'autres limites à la Liberté d'expression.

Simple coïncidence : les deux dernières semaines ont été marquées par la polémique suscitée par le chanteur Orelsan et ses chansons explicites, au contenu très « hard ».

Les femmes sont notamment visées par le chanteur, ou plutôt son ex-femme, mais les médias ont vite fait de généraliser les propos.

Alors, plusieurs problèmes se posent : la Liberté d'expression a-t-elle de nombreuses limites raisonnables ?
Doit-on dicter les paroles d'une chanson à son auteur ?
Ces deux questions, dont le dénominateur commun est la liberté d'expression, nous amènent à un nouvel article.

A défaut de pouvoir clairement identifier ce qu'est la Liberté d'expression, son cadre, nous allons tout d'abord nous demander ce qu'elle n'est pas, afin de mieux concevoir l'idée que oui, la liberté d'expression est totale, et nous sommes en train de la confondre avec la violence verbale, j'ai nommé l'expression libre.

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Orelsan

Liberté d'Expression, non pas Expression Libre.


La phrase peu paraître surprenante : oui, je différencie bien les formules « Liberté d'Expression » et « Expression Libre ».
Aucune utilité a priori.

Je vais quand même essayer de m'en servir comme point de départ pour mon raisonnement.

Liberté d'expression fait appel à la libre expression, c'est-à-dire le fait que l'on puisse tous s'exprimer sans que quiconque ne puisse nous en empêcher.

Ici, on retrouve les exemples utilisés dans le premier article de ce blog : un salarié qui critique son entreprise ou son employeur, et qui ne peut se voir sanctionner pour cela.
Dès lors, on remarque que la liberté d'expression ressemble plus à la liberté de s'exprimer, on se rattache plus à l'action de s'exprimer elle-même, plutôt qu'au contenu du propos tenu.

Un salarié qui critique son employeur dans la presse, c'est un acte de liberté d'expression, non d'expression libre. J'y viens.

En effet, si l'on s'intéresse maintenant à « l'Expression Libre », que pouvons-nous dire ?
A part que les deux mots sont inversés, pas grand-chose ? Pas forcément.

Ici, on va être à l'opposé de « Liberté d'Expression » car cette fois on ne fait pas appel à la libre expression, mais au fait que l'expression est libre, et cela change tout.

Alors que « Liberté d'Expression » se concentre sur l'action de s'exprimer et s'y limite, « Expression Libre » cible une expression qui est libre, c'est-à-dire que l'on va cette fois s'appesantir non sur l'action de s'exprimer, mais sur le contenu du propos.

Raisonnement compliqué et apparemment un peu bancal, je vous l'accorde.

Pour résumer, formulons autrement les deux termes :

Liberté d'Expression = Liberté/Action de s'exprimer;
Expression Libre = Expression/Propos au contenu libre;


Sans que cela paraisse, nous venons de trouver ce qui distingue la liberté d'expression d'un message haineux voire raciste, et cette distinction tient à ces deux mots : Action ou Propos.

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Eminem et son ex-femme Kim, sans doute avant la chanson du même nom

Une Action Libre, Un Propos Encadré.


Évidemment, nous ne sommes pas ici pour prétendre toucher la Vérité, et il se peut que mon raisonnement aille droit dans le mur, mais au lieu d'attendre une réponse tombée du ciel, il vaut mieux faire part de ses idées pour essayer d'avancer, et je continue donc mon raisonnement.

Nous allons reprendre l'exemple du salarié critiquant son employeur avant de revenir sur Orelsan et la remarque de Mr Turpin.

L'exemple du salarié va aussi être la meilleure illustration de mon raisonnement.

Un salarié qui critique son employeur use de sa liberté d'expression quand il donne des arguments, démontre sa pensée.

Mais un salarié qui injure son employeur, le diffame devant les caméras de TF1, sans établir de lien avec l'entreprise, celui-ci use d'une expression libre dans le sens où cette expression n'a pas de limite, il dépasse les bornes.
Nous tombons alors dans la violence verbale.
La liberté de s'exprimer s'oppose donc à l'expression libérée.

Que dire alors d'Orelsan, celui qui insulte et menace son ex-femme à longueur de couplet ?
Et bien qu'il fasse une chanson en ciblant son ex est un droit, il peut le faire (et si c'est bien fait ça peut même donner une belle chanson), mais là il outrepasse sa liberté d'expression pour aller dans l'expression libre, il ne se fixe plus aucune limite raisonnable et ne fait qu'aligner les injures et autres messages haineux de manière gratuite.

Mais alors, peut-on réellement interdire une chanson ?

Difficile d'envisager une telle idée qui serait digne de méthodes fascistes, mais il n'en reste que cette chanson n'est qu'une liste d'insultes plus violentes les unes que les autres.
Ainsi, on peut (et c'est la volonté politique actuelle) se retourner contre l'auteur pour le punir, ses propos étant de toute façon intolérants et d'une extrême violence.

On se doit alors, en ce qui concerne les chansons hards comme celles d'Orelsan, de constater que c'est plus que de la liberté d'expression, qu'il a franchi la ligne « rouge ».

Nous avons aussi un autre moyen très simple d'amoindrir la force d'une telle chanson : ne pas l'écouter, ne pas la diffuser.
D'ailleurs, cela m'a amusé de constater que des radios pour le moins connues (Europe 1 pour ne pas la citer) passent des extraits explicites (ils ont choisis les meilleurs moments...) des chansons d'Orelsan en plein après-midi...
Comme quoi le spectaculaire prime encore et toujours sur la normalité.

Une précision est à ajouter : nous parlons ici d'une chanson dont l'opinion publique s'est émue, mais qui semble déjà être oublié des médias.
Surtout, les exemples d'expression libre à bannir sont au-dessus de ça, et ainsi dans le raisonnement nous nous tournons surtout vers les propos racistes, haineux, outranciers, gratuits.
Par-dessus tout, nous visons les propos négationnistes, summum de la provocation et qui sont un exemple d'expression libre flagrant.

Devons-nous mettre une chanson sur le même plan que des propos négationnistes ?
Au lieu de se demander pourquoi devrions-nous la considérer de la même façon, on devrait plutôt se demander pourquoi ne pas la considérer de la même manière.

Je vous mets en bas de page, avec la définition wiki de la liberté d'expression et un article sur Orelsan, le lien vers la traduction des paroles de la chanson « Kim » d'Eminem, chanson présente sur son deuxième album sorti en 2000, et qui s'adresse à son ex-femme.
Je vous laisse lire les paroles de la chanson, vous verrez qu'à côté de ça Orelsan est (presque) un enfant de chœur, et pourtant qui en a parlé à l'époque alors que tous les adolescents n'écoutaient que ça (et je m'intègre dedans) ?

Sources :

Du côté de Wiki

http://fr.wikipedia.org/wiki/Libert%C3%A9_d%27expression


Orelsan au Printemps de Bourges ?

http://www.lexpress.fr/actualites/2/le-printemps-de-bou...


Paroles de la Chanson "Kim", par Eminem

http://www.lacoccinelle.net/traduction-chanson-32070-.h...

06 avril 2009

Saison 1 / Episode 26 : Télécharger ou ne pas Télécharger, Telle est la Question.

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Le Grand Débat sur la Loi Hadopi, ou l'éternelle lutte de l'État contre les pirates informatiques.

Tout a été dit ces dernières semaines, que ce soit du côté des biens-pensants, fervents défenseurs des artistes, comme du côté des férus du téléchargement se réfugiant derrière les dérives tarifaires pour légitimer leurs actes.

Que dire de plus ?

Bien difficile en effet d'apporter de la valeur ajoutée au débat tout en restant objectif.

Le téléchargement est synonyme de pertes financières astronomiques pour les artistes, c'est un fait, et nous en arrivons à une situation telle que nous rendons de plus en plus « pauvres » ceux que nous apprécions.

Le débat aurait pu être écourté : la Loi passe, les pirates sont plus farouchement recherchés et punis, bref, passons à la prochaine réforme.
Malheureusement pour la Ministre Albanel, l'opinion publique, de plus en plus adepte du téléchargement, a vite fait de lancer des arguments réels dans la discussion, de sorte qu'au lieu de débattre sur l'illégalité ou non du téléchargement, on en vient de plus en plus à s'interroger sur les prix excessifs des disques, DVD, et autres supports de la propriété intellectuelle, voire même envisager un avenir sans CD, passer par un autre système pour faire circuler chansons, films, et séries.

Nous ne pouvons débuter notre analyse que par une Vérité nécessaire : quoiqu'on en dise, le téléchargement est illégal, point.
Laissant la définition de ce qu'est un vol au vestiaire (soustraction frauduleuse de la chose d'autrui), certains l'assimilent plutôt à un « partage ».
Sans disserter sur ces deux termes, il n'en reste que nous avons une personne s'appropriant gratuitement l'album d'un chanteur qui en perd dès lors une contrepartie financière.

Néanmoins, il est à constater qu'aujourd'hui le téléchargement s'est fortement démocratisé, de force qu'on peut honnêtement se demander « Qui ne télécharge pas ? » tant le phénomène s'est généralisé.

Au lieu de se servir de cette étendue immense, l'État préfère sanctionner, encore et toujours, en espérant qu'un de ces jours le téléchargement illégal sera enfin éradiqué.
Pourquoi tant de hargne et de volonté à combattre par la sanction ? Car l'État n'a pas d'autres solutions me direz-vous ?
Pas si sûr...

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Christine Albanel, défendant sa Loi

Lutter contre le téléchargement, un pari déjà perdu d'avance.

Pour la Ministre Albanel, les choses sont simples : à défaut d'être la solution ultime, la Loi Hadopi est sans doute la meilleure réponse que l'on peut faire aux pirates informatiques.

A première vue, oui. On ne peut pas vraiment envisager d'autres scénarios vu la situation pour le moins impressionnante : des centaines de milliers de téléchargements en tout genre s'opèrent chaque jour.
Dès lors, la volonté de frapper du poing sur la table est légitime et Hadopi ne fait pas dans la dentelle, pouvant aboutir à la coupure de la ligne internet de celui qui se ferait attraper par la patrouille, sans oublier les amendes et autres sanctions.
Pourtant, et c'est là qu'on peut se dire que le téléchargement illégal à encore de belles heures (années ?) devant lui, un autre constat s'impose, celui que les petits malins à l'origine du téléchargement ont toujours eu une longueur d'avance, et l'auront peut-être même toujours, arrivant à user des outils du web pour contourner à chaque fois les interdits.

Ainsi, même si le sort de la Loi Hadopi est loin d'être défini, la Majorité elle-même étant très partagée sur le texte de Loi, et certains n'hésitant plus aujourd'hui à critiquer ce texte qualifié de « mort-né », on peut raisonnablement penser que les pirates arriveront une fois de plus à éviter l'obstacle, les infinies possibilités qu'offrent le multimédia et internet ne pouvant jamais être sous-estimées, même par le législateur.

Finalement, ce n'est peut-être pas l'efficacité du texte qui est à blâmer, mais plutôt son retard.
La première grande loi contre le téléchargement illégal qui émeut tant l'opinion publique semble arriver une fois la Guerre terminée : tout le monde peut télécharger, et tout le monde sait que l'on recherche en priorité les « distributeurs » plutôt que les « preneurs », ceux qui sont à l'origine de la mise à disposition de fichiers, non le citoyen lambda qui télécharge un film tous les trois mois.

Sans oublier que, même sans télécharger, n'importe qui peut désormais jouir de tout média sans avoir à sortir une pièce de sa poche : les sites de streaming, pour séries, films ou musiques, fleurissent et deviennent une bonne alternative à quiconque veut voir ou écouter ce qu'il veut, en illimité et gratuitement.

Alors, on est en droit de se demander s'il n'y a pas d'autres solutions pour, non sans aller jusqu'à lutter corps et âmes contre le fléau, du moins arriver à s'adapter pour réellement donner envie aux citoyens de se passer du téléchargement, un chemin mille fois plus efficace qu'une énième Loi à la sauce « Épée de Damoclès » où il n'y a de place que pour la répression.

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"Les Bronzés 3", film le plus téléchargé de l'année 2008

Vers une Révolution nécessaire des stratégies commerciales.

Si l'on considère que les lois répressives n'ont aucune chance face à l'avance que détienne les pirates informatiques, il y a lieu de prendre le problème sous un autre angle, car il n'y a pas que deux solutions qui s'offrent à l'État (punir ou baisser les bras), bien au contraire.

L'industrie du disque est en crise car on n'achète plus les CD, l'industrie du film est en crise car on n'achète plus les DVD, l'industrie du jeux vidéo prend lentement la même direction (les jeux vidéos sont aussi téléchargeables illégalement, et à 60 euros le jeu, il est vrai que c'est tentant).

Pourquoi ne pas se servir de la situation présente pour la retourner à son avantage ?

Il faut déjà partir de la base du problème pour pouvoir entrevoir une alternative au téléchargement : une personne qui télécharge, pourquoi le fait-elle ? Pour des raisons économiques le plus souvent.
Dès lors, tout le monde s'accorde sur le fait que les prix offerts sur le marché sont un élément favorable à l'expansion du téléchargement.

Aujourd'hui, un DVD coûte aux alentours d'une vingtaine d'euros.
On voit un bon film au cinéma, on veut acheter le DVD, ça semble logique.
Ce qui est moins logique, c'est que le prix soit si élevé alors que le coût de fabrication d'un DVD est extrêmement bas (les DVD vierges vendus dans le commerce se vendent à 0,20 € l'unité).

Même si l'on parle ici de films, de cinéma, on en vient à constater que la marge opérée par les distributeurs est pour le moins excessive !

Je ne veux pas ici aboutir à la conclusion que les DVD devraient coûter 1 euro symbolique, un travail a été fourni par l'équipe du film et ce travail doit être récompensé.
Néanmoins, on serait aujourd'hui plus dans la réalité de la Société en vendant un DVD, même récent, deux fois moins cher, de sorte que le consommateur ressente la différence sur son ticket de caisse, et que le Monde du Cinéma touche aussi une part du gâteau méritée.

Même raisonnement pour la Musique, les CD ne se vendent plus, car personne n'irait acheter un album où il y a plus d'euros à débourser que de chansons à écouter.
Là aussi, un prix juste se doit d'être considéré.

Pour l'industrie du Jeu vidéo, ce n'est pas exactement la même chose pour l'instant, car ce n'est pas le même accès qu'offre le cinéma.
Les jeux vidéos ne peuvent se targuer de dépasser des millions de vente, car ils ne le font pas.
Sans doute les jeux vidéos vont-ils se vendre de plus en plus, mais si son Chiffre d'affaire mondial est dorénavant supérieur à celui du Cinéma, c'est plus grâce au prix de base de vente d'un seul jeu (60 euros, alors qu'un film vous pouvez le voir pour moins de 10 euros au cinéma) qu'au nombre d'exemplaire vendus.
Pourtant, et cela complexifie encore un peu la situation, si l'on devait raisonner en apport quantitatif, les jeux vidéos supplanteront toujours le cinéma, certains jeux dépassant les trentaines d'heures de durée de vie, alors qu'un film dure entre 1h30 et 2h de nos jours, et jamais plus de 3h (sauf rarissimes exceptions).

Nous pourrions continuer les exemples d'alternatives à une énième loi répressive, mais vu le contexte économique actuel (et futur), il me semble nécessaire de mettre en avant cette idée, qui n'est rien de plus qu'une idée parmi tant d'autres, mais aussi une idée démontrant que non, la répression n'est pas la seule option s'offrant à l'État s'il veut lutter contre le téléchargement illégal.

Sources :

Quelques chiffres

http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticl...


"X-Men Origins : Wolverine" déjà dans votre salon ?

http://www.lematin.ch/flash-info/loisirs/wolverine-pira...

17 mars 2009

Saison 1 / Episode 25 : Dreyfus II ?

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L'affaire de l'année est-elle en train de se dérouler en ce moment même ?

Nous avons difficilement pu échapper au torrent médiatique qu'à déclenché l'ouverture du procès d'Yvan Colonna.

Il faut avouer que tous les ingrédients donnant une portée historique à ce procès sont réunis : meurtre d'un Préfet, Politique impliqué au plus haut niveau dans cette affaire (qui a oublié les images d'un futur Président, alors Ministre de l'Intérieur, triomphant à l'annonce de la capture du principal suspect), et évidemment Justice aux premières loges.

Je ne vais pas faire le procès à la place des juges, bien sûr, mais il y a une chose que je trouve particulièrement extraordinaire dans ce procès, et sans doute l'avez-vous remarqué : son atmosphère si singulière.

Depuis l'ouverture du procès, rebondissements et coups de théâtre se succèdent, de manière à rendre jaloux les scénaristes de films ou séries.
L'aspect théâtral est même au centre du procès, les différents intervenants apportant tous de nouvelles scènes à cette pièce en plusieurs actes.

Certains allant même jusqu'à endosser l'assassinat du Préfet pour disculper Colonna, on est en droit de se demander si tout ce à quoi nous assistons est une manipulation orchestrée afin de déstabiliser la Justice, ou si nous nous dirigeons vers un procès qui, quelque en soit l'issue, marquera la Justice.

N'ayons pas peur des comparaisons, nous envisagerons notre argumentaire avec l'affaire Dreyfus en tête.

L'affaire Dreyfus, oui.

Pour ceux n'ayant jamais entendu parler de l'affaire Dreyfus, qui provoqua un tollé historique au début du Vingtième siècle, sachez que (pour faire bref) le Général Dreyfus fut accusé à tort de trahison par l'armée française, une armée qui n'a jamais voulu remettre sa décision en question pour l'image patriotique, alors que tout disculpait Dreyfus.
Après 1906, Dreyfus s'achemina vers la réhabilitation, mais l'image de la Justice et de l'armée en sera pour toujours ternie.
Notons ici que c'est cette affaire qui poussa Emile Zola à rédigé son fameux « J'accuse », et certains n'hésitent pas à voir en ce procès le point de départ du clivage politique Gauche/Droite avec les défenseurs de Dreyfus, à gauche, contre les patriotiques prêt à sacrifier un homme pour l'honneur national, à droite.

Il y a encore quelques semaines, il était difficile de croire Colonna destiné à un avenir autre que celui d'un coupable idéal, tant les médias et les politiques avaient fait son procès avant même que ce dernier ne commence.

Aujourd'hui, plus les audiences se succèdent, plus les témoignage en faveur du suspect Numéro 1 se multiplient.

Evidemment, nous ne pouvons donner un poids plus important à des témoignages plutôt qu'à d'autres, et on laissera les juges décider de la crédibilité des propos étonnant disculpant Colonna.

Néanmoins, si une chose est sûre, c'est bien que la Justice, peu importe finalement le verdict qui sera rendue, va souffrir de ce procès qui, à première vue déjà écrit d'avance, se révèle être un bourbier dans lequel les juges s'enfoncent un peu plus chaque jour.

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Gilles Simeoni, Antoine Sollacaro, Pascal Garbarini, et Patrick Maisonneuve, avocats d'Yvan Colonna

Le Procès est-il déjà terminé ?

Suite aux allégations de Pierre Alessandri, qui n'hésite plus à se déclarer être l'assassin du Préfet Erignac, la proposition de faire une reconstitution fut tout de même refusée.

La justice aurait-elle une légitimité à voir en Colonna un coupable idéal ? Il est vrai que les évènements depuis 1998 laissent penser qu'Yvan Colonna soit celui qui a tiré sur le Préfet : Sa cavale témoigne contre lui.
Il a toujours fait valoir qu'il était innocent, mais a aussi toujours tenté d'échapper à la justice.
Il s'est toujours décrit comme innocent, mais n'a jamais donné de noms ou d'indices pour rejeter la faute sur un autre et ainsi se disculper totalement.

Surtout, ce qui a valu à Colonna l'étiquette de « Suspect Numéro 1 », c'est la dimension politique dont revêt l'affaire du préfet Erignac.
Alors Ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy avait fait de la recherche d'Yvan Colonna une de ses priorités, avant de le retrouver et d'en faire un de ses arguments politiques afin de démontrer la force de ses résultats.
Aujourd'hui à l'Elysée, nul doute que le Président doit suivre l'évolution de ce procès auquel il a contribué en mettant la main sur le prévenu.

Ainsi, l'état des lieux est pour le moins intéressant : celui qui a remis Colonna entre les mains de la Justice et aujourd'hui Président, et Colonna est disculpé par ses proches eux-mêmes.
Situation hors norme sans doute, qui n'a de cesse de donner un aspect encore plus politique au procès : ne serait-ce pas un désaveu présidentiel que la Justice termine par finalement innocenté celui qui servit indirectement la cause du futur Président (tout le monde devait s'accorder sur le pari réussi de Sarkozy quant à la traque de Colonna) ?

De la même manière qu'il serait osé d'imaginer un innocent derrière les barreaux, il le serait d'autant plus de faire passer un message tel que celui d'un Ministre futur Président donnant en pâture à la Justice un innocent.

Les avocats de Colonna, qui ne sont pas moins de 5, sont les premiers à décrier le procès politique fait contre leur client, un procès perdu d'avance selon eux.
Ce sont des avocats, et qui plus est les avocats d'Yvan Colonna, ce qui est à prendre en considération quant à leur propos explicites.
Néanmoins, 11 ans après le meurtre du Préfet Erignac, nous en sommes à un point où la Justice se doit de bien gérer la situation si elle ne veut pas donner naissance à une Affaire Dreyfus II, ou encore un scandale digne d'Outreau.

La présomption d'innocence est donc au centre de cette affaire. Pendant des années, tout indiquait que Colonna avait tué Claude Erignac, mais aujourd'hui ce sont les autres membres du Commando qui s'adjugent ce meurtre, allant jusqu'à reprocher à Colonna de n'avoir rien fait, justement.

La Justice peut être déstabilisée, une telle affaire et une telle chronologie d'évènements ne pouvant que porter à confusion.

Nous n'évoquerons pas de possibles pressions politiques car on peut espérer que les leçons de Dreyfus ont été transmises à la génération des juges se retrouvant en ce moment face à Colonna.
Néanmoins, l'histoire de cette affaire est telle, qu'on ne peut totalement exclure cette éventualité.

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Une Justice qui à tout à y perdre.

L'opinion publique peut elle aussi voir en Colonna le coupable idéal, mais il y a fort à parier que les deux issues du procès mèneront à des conséquences dont l'appareil judiciaire voudrait bien se passer.

Bien que les proches et avocats de Colonna fassent tout ce qu'ils peuvent pour prouver son innocence, l'hypothèse la plus envisageable aujourd'hui est la condamnation.

Tous les pro-Colonna savent cette issue plus éventuelle que tout autre, et nul doute qu'ils ont déjà prévu de continuer à clamer, 11 ans après le meurtre, l'innocence.

Je ne fais qu'une légère allusion ici, mais il faut tout de même la préciser : les rapports avec les indépendantistes corses, très compliqués depuis longtemps, pourraient chercher à tourner à leur avantage une telle décision, de sorte que le procès politique pourrait laisser place à un véritable tournant historique.
Le procès Colonna est en passe de devenir le symbole de toute une nation se revendiquant avant tout corse. Il faudra suivre l'évolution de la situation chez les pro-indépendance car, comme nous l'avons vu avec la Martinique et la Guadeloupe ces dernières semaines, le sentiment d'indépendance peut renaître à chaque débat politique.

Sans oublier que l'argument des défenseurs de Colonna, en cas de condamnation, sera tout trouvé : c'est une décision politique, envisageant dès lors le manque d'indépendance nécessaire entre le Pouvoir et la Justice.

Autre issue, qui est autant à considéré que la première car, faut-il le préciser pour certains journalistes friands de formules telles que « le présumé coupable » ou autres démontrant que le suspect ne peut être que condamnable, Yvan Colonna se doit d'être considéré encore maintenant innocent.
Nous revenons sur la présomption d'innocence, tout simplement car tant qu'un prévenu n'est pas condamné, il est innocent.
Donc, dans l'hypothèse où la Justice relaxait Yvan Colonna, pourrait-on y voir autre chose qu'une Justice se tirant dans le pied ?
Entre le meurtre du Préfet et son arrestation, Colonna fut l'un des hommes les plus recherché de France, et c'est le Président de la République actuel qui l'a mis derrière les barreaux.
Imaginez la Justice envoyer un message tel que « Non, ce n'est pas lui, on s'est tous trompé. »
Que penser après une telle décision ?


La Justice est dans une situation bien délicate, si délicate qu'on se demande si elle arrivera à rester crédible après avoir rendu son jugement, tant les critiques fuseront d'un côté ou de l'autre.
Si nous ne savons pas encore quel sera le jugement rendu, nous savons au moins une chose : quelque soit ce jugement, chaque partie possède déjà des arguments à faire valoir, des arguments qui traineront la Justice dans la boue.
L'avenir nous dira si ce n'est qu'une image, ou une réalité.

Source :
http://www.france24.com/fr/20090312-le-proces-colonna-prive-son-accuse-yvan-prefet-claude-erignac

06 mars 2009

Saison 1 / Episode 24 : Exemple de la Thèse Défendue dans "L'Angoisse Comme Arme".

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Parents d'élèves de l'école proche de l'antenne-relais, dans les Landes

Un petit détour du côté des antennes-relais où l'on se dirige vers une véritable chasse aux sorcières.

Le principe de précaution (extrême) a de nouveau frappé et c’est maintenant Orange qui en fait les frais.

Cette fois-ci, les juges motivent leur décision en mettant en avant la proximité entre l'antenne-relais et une école.

Je vous renvoie ici un article donnant plus de précisions et, surtout, reprenant les comparaisons pour le moins impressionnantes avec les ondes émises par un téléphone portable, téléphone qui serait au moins 100 fois plus dangereux qu’une antenne-relais, sans que qui que ce soit s'en inquiète.

Que des inquiétudes émergent, c’est concevable, mais qu’elles s’aggravent alors que les études scientifiques excluant tout danger quant aux ondes d'antennes-relais se multiplient et que personne ne prenne en compte les risques de celles d’un téléphone portable ou même d’une télévision, en comparaison, donne une apparente mauvaise foi aux principaux intéressés, toujours plus nombreux à demander l’enlèvement d’antennes-relais.

1 partout entre les trois opérateurs, antennes-relais au centre…

"Et de trois. Après SFR et Bouygues Telecom, l’opérateur de téléphonie mobile Orange vient lui aussi de se voir notifier pas le tribunal de grande instance d’Angers, l’interdiction d’installer ses antennes relais près d’une école dans village proche de la ville d’Angers.

Pour motiver sa décision, le tribunal a une fois de plus invoqué le principe de précaution. "Au vu des différents plans du cadastre (...), la parcelle de l'école est située à moins de 100 mètres de l'église (... et) est bien susceptible d'être soumise au rayonnement de l'antenne" précise le jugement dont l’AFP s’est procuré une copie. Le jugement précise également que l’école "doit être qualifiée de bâtiment sensible".

Cette décision intervient juste après la toute récente étude publiée par l’Académie de médecine, une étude qui conclut à la non nocivité des antennes. Le document précise que les antennes-relais entraînent une exposition aux champs magnétiques "100 à 100.000 fois plus faible que le téléphone portable". Et de poursuivre : "être exposé pendant 24 heures à une antenne à 1 volt par mètre donne la même exposition de la tête que de téléphoner avec un portable pendant 30 secondes".

Malgré les appels répétés du gouvernement, du Premier ministre François Fillon comme Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, la supposée nocivité des antennes et leur installation proche des zones d’habitation, suscitent toujours autant d’inquiétude.

Les opérateurs sont quant à eux de plus en plus inquiets. "Comment attribuer une licence et déployer un réseau, alors même qu'on voit fleurir dans toute la France des procès sur le problème des antennes-relais ?", s’inquiète Martin Bouygues, lors de la présentation des résultats du groupe Bouygues Telecom.
Car les nouvelles antennes vont se multiplier : l'opérateur qui remportera la 4e licence mobile devra déployer son réseau, sans parler des infrastructures nécessaires à la TMP, la télévision mobile personnelle.

Le gouvernement, désireux de régler ce problème par la concertation, jouera sans doute son va-tout le 26 mars prochain, lors du "Grenelle des antennes"."


Rédaction de Silicon

Source :

http://www.silicon.fr/fr/news/2009/03/06/orange_prive_d...

05 mars 2009

Saison 1 / Episode 23 : Jeux de Mains...

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Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps avant que l’un des sujets que j’évoquais dans « Quand la Réalité supplante la Fiction », à savoir les jeux vidéos, se retrouve sur le devant de la scène médiatique.

Un enfant de 5 ans qui poignarde sa sœur de 10 ans, il y a de quoi rester perplexe devant un tel fait divers.

Les médias, toujours très attentifs aux faits trashs pouvant faire naître une polémique, mettent cette histoire sous leurs projecteurs et nul doute qu’on en entendra parler pendant un petit moment encore.

Comme à l’accoutumée, nous allons mettre l’émotion de côté et aller explorer la face cachée de cette actualité, à savoir la responsabilité rejetée sur les jeux vidéos.

La plupart des journalistes ont déjà trouvés leur proie, et il faut avouer qu’elle est désignée de toute part : un enfant déjà accroc et des violences récurrentes qui font de plus polémiques, il n’y a pas à chercher plus loin, la console et ses jeux sont responsables du coup de couteau.

Bien qu’ayant moi-même eu ma période jeux vidéos (et à 20 ans il m’arrive encore d’y toucher), il sera peut-être difficile de rester objectif comme d’habitude.
Pourtant, même si la part des choses sera faite, il faudra concevoir que ce n’est pas un rapport dualiste enfant / jeux vidéos qui est à analyser, mais plutôt une relation triangulaire enfant / parents / jeux vidéos.

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Le Procureur de Thionville

Une violence à portée de main.

Les jeux vidéos (dont le Chiffre d’Affaire Mondial dépasse celui du Cinéma depuis 2002, tout de même) sont des outils de divertissement interactif qui, après avoir porté très longtemps l’étiquette « jeux distractifs », acquièrent progressivement la renommée de « jeux matures » et ceux ayant jetés un œil sur les derniers jeux ne peuvent que confirmer mes propos :
Avec le passage à la Next-Gen, à savoir les consoles nouvelle génération telles que la Playstation 3 ou la Xbox 360 exploitant des moteurs graphiques bluffant et les connexions internet pour de nouvelles expériences vidéo ludiques sur la toile, les développeurs ont ainsi vu les frontières du 8è Art (il faudra bientôt l’appeler comme cela) s’éloigner et la possibilité de toucher un nouveau public fut logiquement considérée.

Je ne vais pas faire ici une analyse que ferai bien mieux un expert en jeux vidéos, je veux surtout en venir à la situation d’aujourd’hui : les jeux vidéo que nous connaissions, où Super Mario et autres Zelda se donnaient la réplique, sont en voie d’extinction au bénéfice de jeux résolument plus matures, c’est le mot.
Et cela se traduit, notamment, par des jeux où la violence n’est plus censurée, des jeux où le réalisme est parfois poussé à l’extrême pour immerger d’autant plus le joueur dans le Monde virtuel.

Il n’y a pas eu de surprise l’an passé quant à la distinction du Meilleur Jeu Vidéo de l’année : GTA IV l’a emporté haut la main et c’est un exemple concret de mon propos : Pour les profanes (pourtant difficile de ne pas avoir au moins entendu parler de ce jeu), GTA IV vous plonge dans la peau d’un gangster (on résume, l’histoire n’a pas sont importance ici) menant des missions tels que des trafics d’organes, des meurtres ou encore des deals.
Surtout, et c’est ce qui à fait le gigantesque succès de ce jeu (GTA III, en 2003, avait déjà créé l’évènement), le joueur est lâché dans une ville entièrement modélisée, GTA IV s’inspirant grandement de New York (jusqu’à avoir sa propre Statue de la Liberté et son Ground Zero), et il est libre de faire toutes les actions qu’il souhaite, du simple achat de hot-dog au crime gratuit en passant par les entrevues avec des prostituées.
Le joueur est libre, il fait ce qu’il veut.

Dans « Quand la Réalité supplante la Fiction », nous envisagions l’influence des films et séries sur les personnes pouvant être faibles.
Les jeux vidéo sont à rapprocher de ces deux médias avec des joueurs passant leur journée à tuer et divaguer dans un environnement éblouissant de réalisme.

Que certains perdent le sens des réalités est alors une crainte véritable. Ainsi, quand l’on voit un enfant de 5 ans croyant qu’un couteau de cuisine est un jouet, on est en droit de se poser des questions pour remettre en cause les jeux vidéo et leur impact sur les plus jeunes.

Les jeux sont parés d’avertissement depuis plusieurs années, avertissements allant jusqu’aux jeux déconseillés aux moins de 18 ans.
Petite parenthèse ici, GTA IV est « déconseillé » aux moins de 18 ans, mais qui ne connaît pas des adolescents ou mêmes des personnes plus jeunes le possédant (il est même concevable de penser que la proportion d’adolescents ayant GTA IV est bien supérieure à la proportion de « majeurs » le possédant) et y jouant religieusement ?

Les jeux vidéo, dans leur désir d’attirer un public excessivement large, deviennent tels des films des objets culturels à ne pas mettre entre toutes les mains.
La violence règne dans les jeux, oui, mais l’éternelle question de la différenciation réel/virtuel serait ici à évoquer. Nous ne le ferons pas car ce n’est pas le propos et parsque nous y reviendrons un de ces jours, à n’en pas douter.

Les jeux vidéo pointés du doigt, on en viendrait à oublier qu’un enfant de 5 ans n’est pas responsable, n’a aucun discernement et, surtout, à des parents !

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Bienvenue à Liberty City

Les parents, rempart ultime et nécessaire.

La cible était trop belle : les jeux vidéo font de plus en plus parler d’eux, se distinguent de plus en plus par leur violence, de force que des psychologues du monde entier sont certains que les jeux feront de nous des criminels.
Un enfant qui poignarde sa sœur car elle ne voulait pas lui prêter sa console ? Sus aux jeux vidéo !

Personne ne semblait s’interroger, lorsque ce fait fut rendu public, de la responsabilité des parents.

Allons, ça ne choque personne qu’un enfant de 5 ans (il n’était pas encore né quand GTA III est sorti !) poignarde sa sœur sans penser une seule seconde à l’attitude des parents ?
Je n’oserai les traiter d’irresponsables, mais il est gênant d’envisager des parents laisser leur enfant devant la console, de sorte qu’il en devienne littéralement accroc.

Voilà donc une chose bien vite oubliée, et pourtant si simple : la responsabilité des parents avant tout.

Je signale ici que nous ne savons pas à quoi voulait jouer le petit garçon, et j’ose espérer que les parents n’ont pas eu l’idée de lui acheter GTA IV pour Noël car ce serait un minimum dangereux.
Après tout, nous n’avons aucune preuve que le petit garçon ne voulait finalement jouer qu’à Super Mario ou à la Wii et ses jeux originaux.

Finalement, plutôt que d’être un nouveau pamphlet envers les jeux vidéo, cette actualité démontre surtout les conséquences d’une défaillance éducative des parents.
Être accroc à la console de jeu à 5 ans, c’est tout de même inquiétant.

Les jeux vidéos ne sont pas à mettre entre toutes les mains, c’est un fait, mais si l’on en vient à les pointer du doigt ce cette façon, nous devrons nous résoudre à faire de même pour les films, les séries et autres médias culturels.

Soyons responsables, ne nous acharnons pas sur une proie trop facile.

!!! Dernièrement, la mère du petit garçon s’est déclarée comme étant la réelle porteuse du coup de couteau.
Cela ne change pas grand-chose à notre analyse puisque si ce n’avait pas été ce fait d‘actualité, un autre aurait amené la même considération.
Surtout, il va falloir songer à éliminer l’élément d’instinct maternel éventuel, la mère pouvant être poussé à vouloir tout prendre sur elle en voyant que son fils fait la Une de l’actualité pour des faits bien sombres…
Wait and See, mais n’allons pas trop vite en envisageant l’affaire déjà réglée !!!


Sources :

http://www.leparisien.fr/faits-divers/a-5-ans-il-poigna...



http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/2009030...

18 janvier 2009

Saison 1 / Episode 15 : Car Souffrance ne signifie pas Délit Pénal.

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Qui n’a pas été étonné du jugement rendu par le Tribunal Correctionnel de Paris lorsqu’il a relaxé, sans exception, les six médecins et pharmaciens poursuivis dans le cadre de l’affaire des hormones de croissance ?

La presse reprend en chœur les chiffres de ce procès, tous plus remarquables les uns que les autres, à savoir « Dix-huit ans de procédure, quatre mois d'audience l'an dernier et, hier, dix minutes pour prononcer un jugement de relaxe générale ».
Surtout, 117 personnes (en majorité des enfants) sont décédées, atteints de la maladie de Creutzfeldt-Jakob suite à l’intégration de l’hormone dans leur corps, afin de les aider à grandir.

117 décès, et pas un seul coupable ??

Comment croire en la Justice après une telle décision qui laisse des centaines de familles dans le désarroi le plus total, certaines mères déclarant même qu’on a tué une deuxième fois leur enfant ?

Etant plutôt touché par ce sujet (trois ans de Droit dans le rétroviseur ça commence à se faire ressentir), je ne pouvais passer à côté d’un tel fait, afin de comprendre comment la Justice peut-elle rendre de telles décisions.

L’Ethique, principe qui m’est cher, est ici frappée en plein cœur, et ce ne sont pas les juges qui me diront le contraire, car 117 victimes sans personne derrière les barreaux, cela fait beaucoup pour laisser une quelconque crédibilité au Droit.

Néanmoins, allant au-delà de l’émotion, nous allons voir que la décision du Tribunal, bien que choquante, n’est qu’une stricte application des règles de Droit Pénal, règles qui sont sans appel.

Alors oui, décrier la Justice après ce qu’il vient de se passer est légitime, mais ce n’est, finalement, qu’une logique juridique qui se doit d’être défendu.

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Au sortir du tribunal.

Une Décision qui laisse perplexe.

Nous ne pouvons qu’être compatissant pour les familles des victimes qui voient ainsi presque 20 années de procédure balayées en un jugement prononcé en moins de dix minutes et à l’encontre de tout ce qu’elles pouvaient imaginer.

Nous voici donc avec 117 décès, et aucun responsable. Triste constat.

La particularité de cette affaire de l’hormone de croissance, découlant du fait que nous avons frôlé les 20 ans d’attente, est que les faits remontent aux années 80.
A première vue, rien à tirer de ce détail, mais c’est pourtant bien la base fondamentale de la motivation des juges.
En effet, ils sont unanimes : aux moments des faits, la maladie de Creutzfeldt-Jakob était, pour ainsi dire, totalement inconnue, et aucun des risques de l’hormone de croissance n’était décelé par les spécialistes qui y voyaient plutôt une avancée pour les enfants concernés.

Ainsi, la Justice fait preuve de subjectivité en prenant en compte le contexte de l’époque (la clé de cette affaire, sans doute), mais nous pouvions dès lors penser qu’à travers cette approche nous allions voir cette subjectivité étendue aux faits, qui sont explicites : 117 décès décomptés à ce jour, c’est tant qu’il paraît inimaginable de pouvoir prononcer une relaxe dans un tel cas !
Pourtant si…

Il faudra attendre 1985 pour que le Prix Nobel Prusiner prenne conscience du réel danger de l’hormone de croissance, soit bien après les premiers cas relevés de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Comment pointer du doigt des médecins et pharmaciens quand le meilleur spécialiste lui-même ne voit pas le Danger pointer le bout de son nez ?

Là encore, le contexte est primordial afin de comprendre la décision : il n’y a pas de débat quant à la connaissance des risques à l’époque, et n’oublions pas que le but de l’hormone de croissance était, paradoxe invisible à la fin du 20è siècle, louable car voulant améliorer la condition d’enfants touchés par la maladie.

Enfin, autre point important, le principal accusé, le Professeur Job, est décédé en octobre dernier, après plus de 17 ans de procédure (qui a dit que la Justice était lente ?).

Dès lors, on en vient à l’argument principal des juges : le manque d’intention dans la commission de la faute de la part des six accusés, élément fondamental permettant l’application de la règle pénale.

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Une des familles endeuillées.

117 morts, aucune faute intentionnelle.

Et oui, la différence entre un condamné et un innocent et que le condamné a eu l’intention de commettre le fait qui lui est reproché, c’est la règle.

Comme précisé plus haut, s’il y avait bien une seule intention guidant les actions des pharmaciens et médecins concernés, c’était celle d’aider à grandir des enfants, rien de moins.

Non seulement cette volonté est louable, mais en plus personne n’avait aucune idée du risque alors encouru, c’est comme si l’on apprenait demain que les dons de sang pouvaient apporter de graves maladies : si un scénario tel se présentait (impossible évidemment, mais exemple concret) et que des graves maladies résultaient de cela, pourrions-nous affirmer que les organismes s’occupant du don du sang ont commis une faute intentionnelle ? Non évidemment, ces organismes ne visant qu’un but louable.

Ce qui est arrivé aux victimes de l’hormone de croissance relève malheureusement uniquement de l’aléa, rien d’autre.

Aucune connaissance des risques, aucune intention si ce n’est celle d’aider des enfants à améliorer leur quotidien, donc aucune règle pénale applicable.

Et ainsi, alors que nous avions constaté une approche subjective de la part des juges qui ce sont replongés dans les circonstances de l’époque, la solution, elle, est purement objective : le Tribunal Correctionnel applique la règle de Droit à la lettre, quelque soit le nombre de victimes ou le scandale qu’à suscité une telle affaire.

Alors, si nous allons au bout du raisonnement, y a-t-il contradiction des juges, qui jongle entre subjectivité et objectivité ? Sommes-nous face à une décision unique en ce qu’elle a des bases tout à fait subjectives pour finalement opérer un raisonnement objectif ?

Peut-être, mais la solution rendue, quoiqu’on en dise, est certainement la plus raisonnable.

L’intention de commettre la faute… Vaste sujet, vous l’aurez compris…

Sources :
Personne de coupable...

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Relaxe-au-proc...


... Mais le Parquet fait appel. A suivre...

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/hormone-de-cro...

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