19 octobre 2009
Saison 1 / Episode 37 : Les Chiens ne font pas des Chats.
Avoir 23 ans et être à la tête d’un organisme clé du quartier de la Défense, c’est plutôt synonyme de réussite.
Avoir 23 ans, être à la tête d’un organisme clé du quartier de la Défense, et être fils de Président de la République, c’est plutôt synonyme de piston royal.
Que ce soit les anti-sarkozystes les plus farouches ou les hommes de la classe UMP, cette histoire de « fils de » dérange plus qu’un geste ou une parole déplacée.
Comment devons-nous recevoir ce fait d’actualité, qui a le goût du piston, l’odeur du piston, l’apparence du piston, mais qui n’est pas du piston ?
Les défenseurs de Jean Sarkozy se fondent sur le Génie Politique, la maturité, la réussite de la jeunesse.
Les plus critiques parlent évidemment de Népotisme.
Pouvons-nous donner raison à l’un ou à l’autre des deux camps ?
Faire la différence entre le Fond et la Forme.
On ne va pas se limiter au simple fait de savoir s’il y a piston ou pas, mais sur le fait lui-même et la manière dont l’a reçue l’opinion publique.
Tout d’abord, l’annonce de la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD, sur le fond :
23 ans, c’est vrai que c’est jeune pour être projeté à la tête d’un des organismes les plus importants du Quartier de la Défense.
Mais nous savons tous qu’il existe des surdoués, comme nous le prouvent chaque année les informations traitant des lycéens passant le Bac à 14, 13, voire 12 ans.
Mais Jean Sarkozy est-il un « surdoué » lui aussi ?
Là, il est difficile de répondre par l’affirmative.
En effet, être en 2è année de Droit à 23 ans, ce n’est pas le CV le plus impressionnant qui soit (je suis sans doute moins objectif qu’à l’accoutumée ici car étant en M1 de Droit (4è année) à 21 ans, je ne pense pas pour autant être un surdoué).
Les Balkany mettent l’accent sur son « Génie Politique » ? Nous y reviendrons car il est intéressant de parler de Génie Politique quand on se retrouve au milieu d’une telle controverse.
S’il n’est peut-être pas un cerveau en Droit, il est censé avoir « plus de Génie Politique » que son père au même âge. Autre argument de ses défenseurs, mais qui là aussi est à prendre avec des pincettes car il est à mon avis difficile de quantifier ce genre d’aura, bien que les chiens ne fassent pas des chats, cela va de soi.
Pour la défense de Jean Sarkozy quant à ses prétendus talents de politicien, on peut accepter l’idée qu’il est « tombé dedans quand il était petit ».
Mais, et là il faut mettre l’âge de côté, étant le fils d’un éminent homme politique, il faut concevoir que ce genre de situation était à anticiper. Être fils de Président de la République, cela pousse à vouloir se lancer dans le grand bain à son tour, c’est un fait.
Alors oui, pourquoi ne pas lui donner sa chance, comme les Martine Aubry, Marine Le Pen, et autres ?
Lui donner sa chance, oui, mais aussi le tester et lui donner non pas la chance d’atteindre facilement la postérité, mais l’occasion de faire ses preuves.
Là, sans rien avoir sur le CV, être propulsé à la tête de l’organisme chargé de l’aménagement de la Défense, c’est un joli cadeau de noël, non une occasion de faire ses preuves.
Cela nous amène à la forme, la forme quant à ce fait d’actu.
L’annonce de la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD, sur la forme :
On évoquait un peu plus haut le « Génie Politique » de Jean Sarkozy, loué par la famille politique proche du Président de la République et plus précisément par Patrick Balkany (qui a lui aussi fait preuve d’un certain Génie Politique auparavant, si l’on peut considérer les fellations forcées sous la menace d’une arme en faisant partie…).
Et bien, quelle entrée en matière pour le Génie Politique 2.0 !
A peine un mois après la blague Hortefeux, deux semaines après le doigt Besson, et une semaine après la vie sexuelle Mitterrand, voici l’insolence Jean Sarkozy !
Si la famille UMP voulait trouver le plus mauvais moment de l’année pour se donner une image des plus négatives auprès de l’opinion, elle ne pouvait pas faire mieux !
Alors que l’opinion commençait à se diviser après les propos d’Hortefeux, avant que Besson ne se mette une partie des médias à dos, puis que tout le Monde soit gêné que le Ministre de la Culture « himself » aille raconter ses petites escapades sexuelles en Thaïlande, voici que le fils du Président en personne prend le risque de jouer avec l’opinion publique.
Si ça c’est du Génie Politique, et bien nous ne sommes pas au bout de nos surprises !
Vous l’aurez compris, tout va beaucoup trop vite pour que ce soit honnête.
Si Jean Sarkozy est si bon que ça, alors testons-le (ce à quoi la Majorité ne semble visiblement pas prête) pour qu’il fasse ses preuves.
Ici, il n’en est rien. En moins de 2 ans, Jean Sarkozy à brûlé toutes les étapes pour passer des bancs de la Faculté au fauteuil de Président de l’EPAD.
Belle ascension si l’on croit aux histoires réelles inspirées des meilleurs films, mais là, trop c’est trop.
Mon devoir d’objectivité me force à chercher des « Pour » en faveur de Jean Sarkozy car, après tout, tous les points de vue se valent.
D’accord, donnons-lui l’occasion de faire ses preuves, mais ne lui donnons pas la récompense avant d’avoir réussi sa mission.
EPAD, Pas dur ?
Il y a une différence entre le poste de Président de la République et celui de Président du Conseil d’Administration de l’EPAD, cela ne surprendra personne.
Mais le quartier de la Défense, c’est tout de même le premier quartier d’affaires européen.
Que va faire Jean Sarkozy s’il en prend la tête ?
« L'EPAD effectue les études préliminaires d'urbanisme et les études de faisabilités techniques des différentes opérations. Il réalise au fur et à mesure de l'évolution du site les travaux d'infrastructure indispensables au développement du quartier d'affaires. » (Source : Wikipédia, vu que le site officiel est moins complet).
Vu comme ça, et en sachant que je fais tout de même un bref raccourci, ce n’est pas impossible pour toute personne s’y connaissant un minimum.
Le problème, il pourrait se trouver sur Jean Sarkozy lui-même : quelle notoriété a-t-il ?
Bien sûr, face à des interlocuteurs français craignant de perdre une occasion juteuse, il pourrait ne pas y avoir de réels soucis, mais face à des étrangers, beaucoup moins impressionnés par le fait d’être devant le « fils de », qu’en sera-t-il ?
Si la mission de Jean Sarkozy n’est pas trop poussée et qu’il bénéficie de l’aide de son entourage (ce dont on peut être certain), cela pourrait être réalisable.
Néanmoins, là aussi il y a un hic : des inquiétudes concernant les conséquences financières d’une candidature de Jean Sarkozy sont émises par des personnalités politiques, telles que Jean-Christophe Fromantin (Maire de Neuilly-sur-Seine) ou Patrick Jarry (Maire de Nanterre).
L’EPAD, ce n’est pas le Vietnam, on est bien d’accord là-dessus, mais ce n’est pas Byzance non plus.
En faisant le pari de s’installer à la tête de l’EPAD, Jean Sarkozy franchi un pas décisif dans sa carrière politique, après le Conseil Général des Hauts-de-Seine en 2008.
23 ans, et déjà un « Quitte ou Double » s’offre à lui : il a déjà la majorité de l’opinion publique contre lui (plus de 60% des français sont contre sa prise de fonction à la tête de l’EPAD), et il risque d’avoir les oreilles qui sifflent d’ici l’élection officielle.
Certains disent que si Jean Sarkozy est si bon en la Politique, il en viendra, d’ici quelques années, à « tuer le père », politiquement parlant évidemment.
Il faudrait déjà qu’il n’ait pas provoqué son propre suicide politique dès la fin de cette année.
Sources :
Passer le Bac à 12 ans et 11 mois, Record à battre !
2/3 des français critiquent la probable arrivée de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD
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11 octobre 2009
Saison 1 / Episode 36 : Du Devoir d'Exemplarité.
Nous assistons actuellement à une bien mauvaise période pour les politiques.
Cette semaine a été marquée par l’émotion qu’à suscitée la redécouverte du Livre « La Mauvaise Vie » de Frédéric Mitterrand, et bien entendu le passage traitant de ses rapports avec des « garçons » en Asie, pour le moins douteux.
Après le célèbre « Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes » d’Hortefeux visant les communautés musulmanes, et le doigt d’honneur de Besson s’adressant aux caméras de Canal +, voici qu’un autre homme du Gouvernement se retrouve sur le devant de la scène médiatique, pour une action qu’on lui reproche fortement.
Etre Ministre, c’est avoir des responsabilités fortes.
C’est aussi accepter que chaque fait de vie privée puisse se retrouver dans la sphère publique.
Dès lors, un Ministre se doit d’être attentif 24h/24, 7 jours/7, sous peine de devenir la proie préférée des médias.
La preuve fut faite avec Brice Hortefeux qui, n’ayant finalement eu l’envie que de blaguer, et rien d’autre, dû faire face à des critiques plus acerbes les unes que les autres, et la reprise en chœur du « Il doit démissionner » par l’opposition.
Une des utilités de ce fait divers fut sans doute de démontrer à quel point l’opinion publique peut tomber dans l’excès, dans un sens ou dans l’autre.
Ainsi, alors que tout le monde a entendu la même phrase sortir de la bouche du Ministre, celle-ci a eu droit à plus d’interprétations qu’elle n’aurait jamais pu espérer : propos racistes pour l’opposition, simple blague pour la majorité, phrase déplacée pour les uns, phrase sortie du contexte pour les autres,…
Si une chose est sûre, c’est bien que les responsables politiques, entourés de micros, téléphones portables et caméras, ne peuvent parler spontanément sans avoir mûrement réfléchi auparavant.
Du coup, on peut se demander ce qu’il advient de l’exemplarité.
Oui, les responsables politiques, et les Ministres du Gouvernement qui plus est, se doivent d’assumer un devoir d’exemplarité découlant de leurs fonctions.
Néanmoins, peut-on véritablement mettre à un même niveau les propos déclarés en public volontairement, et les propos à tendance plus privés, volés par un outil audiovisuel mis à proximité par une âme flairant le bon coup médiatique.
Le fameux « Casse toi, pauv’ con ! » du Président de la République en est un bon exemple. Tout le monde retient les paroles du Président, mais personne ne se rappelle que ses propos sont une réponse à un « Me touche pas, tu m’salis ! » tout aussi amical.
Les ingrédients pour réussir un coup médiatique : une caméra bien placée, une provocation anodine, et une réponse virulente de l’homme politique.
Envoyez ça sur le Net, l’opinion publique fera le reste.
Si défendre les politiques est envisageable, on sent que cette épée de Damoclès rodant au-dessus de leur tête et nommée « Exemplarité » leur impose une sorte d’exclusivité en faveur de l’opinion publique.
Comme si, à l’instant où l’on devient une personne politique de premier plan, on ne devait déclarer que des propos encadrés et « politisés » afin de toujours plaire à tous, et ne jamais vexer personne.
Oui, mais nous sommes des êtres humains. Quand nous parlons avec un ami, un proche ou une connaissance, on ne se sent pas obligé (heureusement) de réagir comme si 3 caméras et 10 micros étaient en face de nous.
Un Devoir inévitable.
Si les politiques eux-mêmes ne montrent pas l’exemple, c’est la fin de la classe politique, tout simplement.
Les élus, en première ligne, sont redevables envers les électeurs leur ayant fait confiance. Il va de soi que, dans la sphère publique, cela ait un impact.
Les Ministres Gouvernementaux, eux, sont peut-être plus victime de ce devoir d’exemplarité car, à défaut d’être tous élus, la plupart sont choisis par le Chef de l’Exécutif.
Dès lors, les Hortefeux, Besson et Mitterrand ne peuvent pas se permettre d’erreur de communication entachant l’exemple qu’ils doivent donner : ils ne sont pas élus par la population et se retrouvent à des postes clés.
Quand le Ministre de l’Intérieur blague avec un jeune magrébin, dans un cadre privé, et surtout du fait que le jeune magrébin lui-même en rigole, on ne voit pas où se situe le problème.
Le problème, il intervient quand on prend en compte que ce Ministre de l’Intérieur soit aussi l’ancien Ministre de l’Immigration et que les caméras, rien que par le biais de pouvoir diffuser les images à la population entière, permettent de voir la scène sous un autre angle et en découlent des interprétations multiples, comme on l’a vu un peu plus haut.
D’une blague osée, on passe à des propos totalement honteux, par la force de la mise en avant de la vidéo aux électeurs et aux autres personnalités politiques.
Quand Besson jubile de voir un jeune de l’UMP réciter son discours aux journalistes, il ne peut s’empêcher de lancer un doigt d’honneur aux caméras de Canal +.
Là, c’est un peu plus choquant, car ce ne sont pas des propos susceptibles d’être sortis de leur contexte, ni une blague adressée à un destinataire bien précis, mais bien d’un signe envoyé aux médias tel que « Celui-là, je vous le met bien profond… ».
Là, et c’est sans doute ce qui a obligé Besson à s’excuser de ce geste, il ne peut y avoir différentes interprétations de pareille scène.
Et puis être pris en flagrant délit, lorsque l’on envoie un tel signe aux médias, quand on est un homme politique, ça peut vite se transformer en suicide politique.
Enfin, Mitterrand, qui en plus d’avoir des responsabilités, porte un nom, et se retrouve face à la pire des accusations.
Là encore, il y a une différence de taille : les propos heurtant l’opinion publique n’ont pas été délivrés devant une caméra ou face à des micros, mais dans un livre qu’il a lui-même écrit.
Ne pensant sans doute pas que l’extrait de son bouquin lui serait jeté à la figure accompagné des pires critiques concernant la pédophilie et le tourisme sexuel, Mitterrand voulait être sincère et honnête dans la description des sentiments ressentis lors de son voyage.
Manque de chance, avec l’affaire Polanski, sa défense du cinéaste et le débat lancé par Marine Le Pen, le voilà pointé du doigt de toutes parts.
S’appeler Mitterrand, être Ministre de la Culture après avoir fait une carrière remarquable dans ce domaine, et confesser dans un livre avoir fait (à défaut d’une réelle histoire sexuelle avec des enfants) une approche du tourisme sexuel, cela fait tâche.
Une exemplarité ? Oui, mais qui tend à tomber dans l’excès.
C’est ainsi que les trois hommes du Gouvernement les plus en vue, l’un pour avoir conduit la mission très controversée du Ministère de l’Immigration antérieurement, le second pour avoir trahi toute sa famille politique de Gauche pour être aujourd’hui pressenti à Matignon, et le dernier pour porter un nom et un statut le rendant populaire aux yeux de tous, se retrouvent face à des situations bien délicates.
Peut-on les mettre au même niveau ?
L’un a-t-il été plus loin que les autres ?
Lequel a vraiment fait une erreur grossière ?
Avons-nous confondu exemplarité et moralité ?
Le débat ne peut se défaire de la distinction entre la sphère publique et la sphère privée.
Si l’un des trois devrait être moins à blâmer, ce pourrait être Hortefeux.
Évidemment, des blagues communautaristes de la part d’un ancien Ministre de l’Immigration peuvent avoir un drôle de goût, mais au vu du contexte on ne peut pas non plus taxer cet humour de honteux.
Il faut reconnaître que si la réflexion tenue par Hortefeux se doit d’être taxée de raciste, alors que celui qui a le plus ri à cette blague est le jeune magrébin lui-même, on doit aussi taxer de raciste tout humoriste jouant sur l’humour osé, comme les Guillon et autres poils à gratter des médias.
Mais c’est un homme politique au passé embarrassant, donc on s’en fait une proie facile.
Mitterrand, lui, s’est tiré une balle dans le pied car il lance dans la sphère publique, par le biais de son livre « La Mauvaise Vie », ses histoires intimes.
Le livre était sorti en 2005, et nul doute qu’à l’époque il ne se doutait pas devenir un jour Ministre, surtout à peine 4 ans après la sortie de ce même livre.
Mais alors il faut assumer, ou alors ne pas prendre de risque et faire ce genre de confessions quand on a plus rien à attendre de la vie politique (à moins qu’en 2005, il ne se voyait jamais tenir un rôle politique, et ne sentait pas que cela puisse arriver un jour).
Mitterrand l’a reconnu, il a fait une « erreur », l’erreur d’avoir écrit pareil fait dans son livre autobiographique. Mais il n’a cependant pas estimé avoir commis de faute ou crime, sur l’appréciation des faits rapportés dans le livre.
On n’était pas à côté de lui durant son « voyage touristique », et les opinions divergent sur les faits rapportés, certains étant sûr que l’on a affaire à de la pédophilie, tandis que d’autres restent à la case homosexualité avec des « garçons ».
Et puis, salir le nom de Mitterrand de pareille sorte, qu’espérer de mieux pour la Majorité qui n’a pas due être unanimement satisfaite lors de la nomination d’un tel nom au Ministère de la Culture ?
La plus grosse erreur, et ce n’est pas difficile à comprendre, c’est sans doute Besson et son geste adressé non seulement aux caméras de Canal +, mais à toute la profession journalistique.
Là, c’est une erreur, tout simplement.
Et c’est aussi le seul des trois à s’être excusé, démontrant que lui aussi a prit conscience de sa faute.
On demande-t-on trop aux hommes politiques concernant le devoir d’exemplarité ?
Sans doute, car les enfermer dans une sphère publique, même quand ils se retrouvent dans une situation privée, n’est pas bon pour la classe politique.
On doit accepter le fait que, hors caméra, les hommes politiques puissent être moins rigoureux, comme lorsqu’ils s’adressent à des amis par exemple.
Ou alors on prend en compte le fait qu’un Ministre est Ministre 24h/24 (ce qui est vrai, bien sûr) et alors aucune dérive, même la plus minime, n’est autorisée.
Comme le Monde n’est ni tout blanc, ni tout noir, mais finalement très gris, on doit accepter l’idée qu’à chaque fois qu’est rapporté par les médias un fait mettant en cause un homme aux lourdes responsabilités dérapant, il faudrait mesurer la réalité de ce fait pour vraiment conclure à une erreur ou non.
Trouver un juste milieu, tout simplement.
L’homme ne peut tenir des propos spontanés et réfléchis tout le temps pendant des années et des années.
Une blague osée tenant compte du contexte, passe encore.
Une confession, sur le thème le plus sensible actuellement, dans un livre autobiographique, ce n’est pas très malin, et si c’est condamnable alors condamnons.
Faire un doigt d’honneur à des journalistes, c’est stupide.
Maintenant, à chacun de se faire sa propre idée, sa propre interprétation des situations décrites dans cet article, de juger les personnes les ayant commises, mais tout en mesurant la réalité des faits.
Oui, le Président de la République à dit « Casse toi, pauv’ con ! » à un citoyen français.
Mais n’oublions pas que ce dernier lui avait auparavant lancé « Me touche pas, tu m’salis ! ».
Vous, qu’auriez-vous répondu ?
Sources :
11:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hortefeux, besson, mitterrand, exemplarité
11 septembre 2009
Saison 1 / Episode 33 : Quand les bulletins mettront du Biactol.
Selon les politologues, les orientations de chacun se modifient selon l'âge et la maturité, commençant par des idées radicales avant de se modérer avec le vieillissement.
Ainsi, même si l'on peut commencer comme sympathisant de la LCR, on peut se retrouver, 40 ans plus tard, prenant sa carte d'adhésion au Modem.
Difficile de trouver un exemple explicite, donc on va faire confiance aux politologues.
L'UNL commence bien son année et n'a pas loupé sa rentrée en lançant un débat dont on risque d'entendre parler pour un petit moment encore car les politiciens ne sont pas passés à côté de cette info (on y reviendra) : abaisser le Droit de Vote à 16 ans.
Comme tout sujet touchant la Politique trouve obligatoirement adeptes et détracteurs, on aurait pu penser que cette idée tomberait vite dans l'oubli, car pouvant être étiquetée de l'idéologie du Parti en ayant fait un de ses chevaux de bataille.
Mais ici, aucun Parti Politique n'est à l'origine de cette initiative, mais l'Union Nationale Lycéenne qui se défend avec un argument valable en ce que les jeunes sont responsables pénalement dès 16 ans, mais ne peuvent s'exprimer politiquement au même âge.
Depuis Giscard, qui abaissa la majorité électorale de 21 à 18 ans, nous n'avons pas évolué et cela fait donc maintenant 35 ans que le curseur est bloqué sur la case « 18 ans ».
Beaucoup de problèmes sont soulevés par cette idée :
Pourquoi descendre à 16 ans ?
Un jeune de 16 ans a-t-il les aptitudes requises pour pouvoir voter utilement ?
Doit-on prendre le risque d'offrir les urnes à des jeunes qui peuvent en grande majorité se désintéresser de la Politique, alors que l'abstentionnisme est déjà un problème récurrent de notre société ?
Cela méritait un petit article.
Et puis je commence à croire que je suis le seul blog au Monde à ne pas avoir parlé de la Grippe A ou de Michael Jackson, alors continuons sur cette bonne lancée !
2 ans de plus ou de moins, quelle différence ?
Après tout, quand l'on voit aujourd'hui l'âge du droit de vote, qui a déjà pu baisser de 3 ans dans les années 70, on peut se dire que le baisser de 2 ans à nouveau est envisageable, le visage de la société ayant encore changé depuis trois décennies.
Et puis, 3 ans après le CPE, preuve que les jeunes peuvent faire plier les politiques, on se dit finalement que la France d'aujourd'hui est peut-être prête à faire le grand saut qu'à déjà effectué l'Autriche en donnant un vote à chaque voix d'au moins 16 ans.
Néanmoins, quelques faits peuvent remettre en question cette avancée.
Tout d'abord, dans une société plus Conservatrice qu'il n'y paraît, donner la possibilité à des Secondes de pouvoir décider qui va être le leader de la France pour les 5 ans à venir, ça peut faire peur.
Pourquoi ?
Car, à tort ou à raison, les jeunes de 16 ans ne sont pas considérés comme pouvant être des électeurs assez éclairés, pas assez expérimentés. Bref, à 16 ans on est plus réputé devoir s'intéresser à sa copine ou à son copain, plutôt qu'au discours d'un Fillon, d'une Aubry, d'un Besancenot ou encore d'un Le Pen.
Quelque part, cette conclusion est réaliste, sur la forme, bien que discutable sur le fond.
Alors, nous considérons-nous comme suffisamment bien pensant pour se permettre de dicter aux jeunes de ne pas se mêler de choses sérieuses, ou alors faisons-leur confiance pour qu'ils puissent faire quelque chose du scrutin qu'ils ont entre leurs mains ?
Question difficile à cerner, mais nous allons arriver à une conclusion et à une réponse.
Tout d'abord, la question de la maturité politique est reprise comme argument pour leur refuser le droit de vote.
Il est vrai qu'à 16 ans, bien qu'on ait des avis, des idées, difficile de pouvoir trancher sur des élections nationales (où l'intérêt général doit primer pour choisir le vainqueur, je ne le dirai jamais assez), sur des référendums (oui ou non à l'Europe ?) car on n'envisage pas l'adolescent avoir toutes les armes idéologiques nécessaires pour pouvoir prendre pleine conscience de la signification de son vote.
Cela est-il fondamentalement différent à 18 ans ?
Et bien plus qu'il n'y paraît.
L'un des points communs entre les deux âges, 16 et 18 ans, c'est qu'en grande majorité, on est toujours au Lycée.
A 16 ans, on découvre le monde lycéen (et ses grèves), commençant la transition de l'état d'adolescent à l'état d'adulte.
A 18 ans, on termine cette transition en passant le Bac en Terminale, avant de se lancer dans les études supérieures ou autres.
Évidemment, tout le Monde ne va pas au lycée, bon nombre d'adolescents arrêtant les études dès 16 ans. Pour ne pas tomber dans du « cas par cas » excessif, on va suivre la majorité, mais il en reste que, quelque soit son choix, l'âge de 16 ans est un tournant pour chacun : direction le lycée pour la plupart, ou recherche de travaux pratiques pour d'autres.
Qu'à changée la période lycéenne dans les idées du jeune homme (ou de la jeune femme, bien entendu) ?
Le Lycée est un premier contact avec le Monde extérieur, social, permettant à la personne de se former une identité.
L'identité qu'acquiert chacun se forge en grande partie au lycée avec ces trois années charnières : 16, 17, 18 ans.
Vu comme ça, passer de 16 à 18 ans ne représentent que 730 jours et des poussières, mais c'est bien plus que ça.
On peut avoir une identité à 16 ans, au sortir du collège, mais tout le monde s'accordera sur le fait que le lycée est l'époque où la personnalité se dessine, passant d'une silhouette hésitante à l'entrée en Seconde, à une forme bien définie au moment d'aller chercher son diplôme du Bac.
Mes détracteurs pourront me dire que l'être peut changer du tout au tout durant sa vie, par son vécu et ses expériences, bien sûr, mais il faut bien un point de départ et celui-ci se fixe au lycée.
Pourquoi ?
Car, et de plus en plus aujourd'hui, l'adolescent assimile les codes de la Société à travers les cours, on pourrait même dire qu'il la pense, et je vise ici, cela va de soi, la Philosophie, qui a hanté les nuits de certains, comme occupé agréablement les rêves d'autres.
Le lycée est un lieu de socialisation incontournable, comme le montre d'ailleurs le sujet même de cet articles : l'UNL est estampillée 100% lycée.
Qui fait régulièrement la Une de l'actualité dès qu'une réforme touche le Secondaire ? Le lycée avec ses grèves qui ont déjà fait chuter des bêtes politiques comme Fillon ou même De Villepin, qui a vu son ascension stopper nette après le camouflet que fut le CPE.
Et rien que là on voit que, finalement, le lycée est un lieu où l'on apprend aussi la Politique, pas seulement durant les années de grèves, mais aussi de par les thèmes rencontrés en cours (Guerre froide avec la scission URSS/USA qui fait écho à la scission Capitalisme/Socialisme).
En résumé, on sort du lycée avec des idées, des préférences, que ce soit sur la Société, l'homme et bien sûr la Politique.
Mais voilà, à la sortie du lycée on à en général 18 ans, et non 16 ans.
Il y a bien un soucis de maturité qui se révèle entre 16 et 18 ans, mais plus qu'une maturité politique, c'est une maturité de l'être qui échappe un tant soit peu à l'adolescent, et c'est pour le moins important au moment d'exercer son devoir de citoyen.
Surtout, au lieu de se demander si l'on doit abaisser la majorité électorale à 16 ans, il faudrait déjà savoir si le vote à 18 ans fonctionne.
Pas facile de trouver des chiffres sur le Net, mais il faut constater que le vote des jeunes n'est pas au beau fixe. En même temps, selon les études, le « vote jeune » va généralement de 20 à 29 ans, ce qui est assez large.
Un chiffre est intéressant, et extrêmement révélateur : aux dernières élections européennes, pas moins de 70% des 18-24 se sont abstenus.
On en vient donc à la conclusion qu'il y a bien une différence d'état d'esprit entre nos 16 et 18 ans, mais aussi que le vote à 18 ans n'est pas aussi bien représenté que ça.
Et là, on tombe bien évidemment sur de la pure subjectivité.
Pour certains, qui se sentent concernés par la Politique, le vote à 18 ans est une évidence, mais pour d'autres, ce fût une étape à franchir, une étape difficile à surmonter car ne se sentant pas suffisamment armé face à l'urne, poussant donc la plupart à tout simplement éviter les urnes.
Oui, le vote à 18 ans est entré dans les mœurs, mais est-ce que cela signifie que nous sommes tous dans le même état d'esprit au moment de saisir les bulletins ?
Visiblement non, et bien que 18 ans soit synonyme de majorité électorale, on est encore un peu plus proche de l'état de la fin d'adolescence que du début de l'âge adulte.
Quand on voit l'abstentionnisme dans son ensemble, il faudrait même se demander si l'âge à une importance...
La maturité politique est-elle indissociable de l'âge ?
Si cette maturité semble échapper aux jeunes de 16 ans, peut-on affirmer qu'elle soit totalement acquise par les électeurs plus âgés, de 20 à 30 ans, voire même par ceux de plus de 30 ans ?
Pas vraiment quand l'on voit les chiffres de l'abstentionnisme durant ces dix dernières années, en constante augmentation.
On pourrait penser que le droit de vote donné aux jeunes de 16 ans ait tendant à faire enfler cet abstentionnisme, mais ce dernier est déjà bien mis en avant par des générations plus âgées.
L'abstentionnisme porte aussi un visage à multiples facettes : on peut très bien s'abstenir car on se sent déconnecté du débat politique, comme désintéressé (le risque du droit de vote donné à 16 ans), mais aussi car l'on considère que c'est un symbole du « ras-le-bol » de la politique (se mettre volontairement hors-jeu pour décrédibiliser la légitimité des résultats et du vainqueur).
L'abstentionnisme mériterait un article à lui seul tant il y a de choses à évoquer.
Il n'en reste que la réalité existe selon laquelle un jeune de 16 ans puisse faire preuve d'autant ou de plus de maturité qu'un trentenaire ou qu'un quadragénaire qui se désintéresse fortement de la politique et vote pour le premier bulletin aperçu.
Les mouvements de contestation dans les lycées, au cours de ces dernières années, ont montrés que les adolescents pouvaient faire preuve de réflexion politique, ce qu'ont oubliés les initiateurs de la réforme CPE.
Après, et là l'ouverture amène à un autre problème, il faudrait faire preuve de transparence quant aux relations entre les groupes politiques radicaux et les étudiants.
La controverse revient sur le devant de la scène lors de chaque conflit : les étudiants contestent-ils du fait de leur propre voix, où deviennent-ils les marionnettes de groupes politiques qui voient en eux une formidable armée anti-gouvernement ?
Nous verrons cette année si les prochaines grèves remettront en évidence la maturité politique d'adolescents délaissés par le droit de vote.
Le vote à 16 ans ? Nous devons en conclure, aujourd'hui, qu'il est sans doute trop tôt pour l'envisager sérieusement.
Sans doute les contestations lycéennes montrent qu'ils ont un rôle à jouer, mais elles montrent aussi au Pouvoir en place et aux politiques que ce sont des acteurs qui peuvent se révéler extrêmement embarassants.
Ce n'est pas Dominique de Villepin qui me contredira...
Signalons tout de même que tous les partis politiques ont fait état de leur satisfaction quant à l'éventualité d'un droit de vote à 16 ans.
Plus qu'une réelle affection envers les adolescents, c'est plutôt l'éventualité d'un nouvel électorat à conquérir qui séduit les politiques, soyons réalistes.
Sources :
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