11 octobre 2009
Saison 1 / Episode 36 : Du Devoir d'Exemplarité.
Nous assistons actuellement à une bien mauvaise période pour les politiques.
Cette semaine a été marquée par l’émotion qu’à suscitée la redécouverte du Livre « La Mauvaise Vie » de Frédéric Mitterrand, et bien entendu le passage traitant de ses rapports avec des « garçons » en Asie, pour le moins douteux.
Après le célèbre « Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes » d’Hortefeux visant les communautés musulmanes, et le doigt d’honneur de Besson s’adressant aux caméras de Canal +, voici qu’un autre homme du Gouvernement se retrouve sur le devant de la scène médiatique, pour une action qu’on lui reproche fortement.
Etre Ministre, c’est avoir des responsabilités fortes.
C’est aussi accepter que chaque fait de vie privée puisse se retrouver dans la sphère publique.
Dès lors, un Ministre se doit d’être attentif 24h/24, 7 jours/7, sous peine de devenir la proie préférée des médias.
La preuve fut faite avec Brice Hortefeux qui, n’ayant finalement eu l’envie que de blaguer, et rien d’autre, dû faire face à des critiques plus acerbes les unes que les autres, et la reprise en chœur du « Il doit démissionner » par l’opposition.
Une des utilités de ce fait divers fut sans doute de démontrer à quel point l’opinion publique peut tomber dans l’excès, dans un sens ou dans l’autre.
Ainsi, alors que tout le monde a entendu la même phrase sortir de la bouche du Ministre, celle-ci a eu droit à plus d’interprétations qu’elle n’aurait jamais pu espérer : propos racistes pour l’opposition, simple blague pour la majorité, phrase déplacée pour les uns, phrase sortie du contexte pour les autres,…
Si une chose est sûre, c’est bien que les responsables politiques, entourés de micros, téléphones portables et caméras, ne peuvent parler spontanément sans avoir mûrement réfléchi auparavant.
Du coup, on peut se demander ce qu’il advient de l’exemplarité.
Oui, les responsables politiques, et les Ministres du Gouvernement qui plus est, se doivent d’assumer un devoir d’exemplarité découlant de leurs fonctions.
Néanmoins, peut-on véritablement mettre à un même niveau les propos déclarés en public volontairement, et les propos à tendance plus privés, volés par un outil audiovisuel mis à proximité par une âme flairant le bon coup médiatique.
Le fameux « Casse toi, pauv’ con ! » du Président de la République en est un bon exemple. Tout le monde retient les paroles du Président, mais personne ne se rappelle que ses propos sont une réponse à un « Me touche pas, tu m’salis ! » tout aussi amical.
Les ingrédients pour réussir un coup médiatique : une caméra bien placée, une provocation anodine, et une réponse virulente de l’homme politique.
Envoyez ça sur le Net, l’opinion publique fera le reste.
Si défendre les politiques est envisageable, on sent que cette épée de Damoclès rodant au-dessus de leur tête et nommée « Exemplarité » leur impose une sorte d’exclusivité en faveur de l’opinion publique.
Comme si, à l’instant où l’on devient une personne politique de premier plan, on ne devait déclarer que des propos encadrés et « politisés » afin de toujours plaire à tous, et ne jamais vexer personne.
Oui, mais nous sommes des êtres humains. Quand nous parlons avec un ami, un proche ou une connaissance, on ne se sent pas obligé (heureusement) de réagir comme si 3 caméras et 10 micros étaient en face de nous.
Un Devoir inévitable.
Si les politiques eux-mêmes ne montrent pas l’exemple, c’est la fin de la classe politique, tout simplement.
Les élus, en première ligne, sont redevables envers les électeurs leur ayant fait confiance. Il va de soi que, dans la sphère publique, cela ait un impact.
Les Ministres Gouvernementaux, eux, sont peut-être plus victime de ce devoir d’exemplarité car, à défaut d’être tous élus, la plupart sont choisis par le Chef de l’Exécutif.
Dès lors, les Hortefeux, Besson et Mitterrand ne peuvent pas se permettre d’erreur de communication entachant l’exemple qu’ils doivent donner : ils ne sont pas élus par la population et se retrouvent à des postes clés.
Quand le Ministre de l’Intérieur blague avec un jeune magrébin, dans un cadre privé, et surtout du fait que le jeune magrébin lui-même en rigole, on ne voit pas où se situe le problème.
Le problème, il intervient quand on prend en compte que ce Ministre de l’Intérieur soit aussi l’ancien Ministre de l’Immigration et que les caméras, rien que par le biais de pouvoir diffuser les images à la population entière, permettent de voir la scène sous un autre angle et en découlent des interprétations multiples, comme on l’a vu un peu plus haut.
D’une blague osée, on passe à des propos totalement honteux, par la force de la mise en avant de la vidéo aux électeurs et aux autres personnalités politiques.
Quand Besson jubile de voir un jeune de l’UMP réciter son discours aux journalistes, il ne peut s’empêcher de lancer un doigt d’honneur aux caméras de Canal +.
Là, c’est un peu plus choquant, car ce ne sont pas des propos susceptibles d’être sortis de leur contexte, ni une blague adressée à un destinataire bien précis, mais bien d’un signe envoyé aux médias tel que « Celui-là, je vous le met bien profond… ».
Là, et c’est sans doute ce qui a obligé Besson à s’excuser de ce geste, il ne peut y avoir différentes interprétations de pareille scène.
Et puis être pris en flagrant délit, lorsque l’on envoie un tel signe aux médias, quand on est un homme politique, ça peut vite se transformer en suicide politique.
Enfin, Mitterrand, qui en plus d’avoir des responsabilités, porte un nom, et se retrouve face à la pire des accusations.
Là encore, il y a une différence de taille : les propos heurtant l’opinion publique n’ont pas été délivrés devant une caméra ou face à des micros, mais dans un livre qu’il a lui-même écrit.
Ne pensant sans doute pas que l’extrait de son bouquin lui serait jeté à la figure accompagné des pires critiques concernant la pédophilie et le tourisme sexuel, Mitterrand voulait être sincère et honnête dans la description des sentiments ressentis lors de son voyage.
Manque de chance, avec l’affaire Polanski, sa défense du cinéaste et le débat lancé par Marine Le Pen, le voilà pointé du doigt de toutes parts.
S’appeler Mitterrand, être Ministre de la Culture après avoir fait une carrière remarquable dans ce domaine, et confesser dans un livre avoir fait (à défaut d’une réelle histoire sexuelle avec des enfants) une approche du tourisme sexuel, cela fait tâche.
Une exemplarité ? Oui, mais qui tend à tomber dans l’excès.
C’est ainsi que les trois hommes du Gouvernement les plus en vue, l’un pour avoir conduit la mission très controversée du Ministère de l’Immigration antérieurement, le second pour avoir trahi toute sa famille politique de Gauche pour être aujourd’hui pressenti à Matignon, et le dernier pour porter un nom et un statut le rendant populaire aux yeux de tous, se retrouvent face à des situations bien délicates.
Peut-on les mettre au même niveau ?
L’un a-t-il été plus loin que les autres ?
Lequel a vraiment fait une erreur grossière ?
Avons-nous confondu exemplarité et moralité ?
Le débat ne peut se défaire de la distinction entre la sphère publique et la sphère privée.
Si l’un des trois devrait être moins à blâmer, ce pourrait être Hortefeux.
Évidemment, des blagues communautaristes de la part d’un ancien Ministre de l’Immigration peuvent avoir un drôle de goût, mais au vu du contexte on ne peut pas non plus taxer cet humour de honteux.
Il faut reconnaître que si la réflexion tenue par Hortefeux se doit d’être taxée de raciste, alors que celui qui a le plus ri à cette blague est le jeune magrébin lui-même, on doit aussi taxer de raciste tout humoriste jouant sur l’humour osé, comme les Guillon et autres poils à gratter des médias.
Mais c’est un homme politique au passé embarrassant, donc on s’en fait une proie facile.
Mitterrand, lui, s’est tiré une balle dans le pied car il lance dans la sphère publique, par le biais de son livre « La Mauvaise Vie », ses histoires intimes.
Le livre était sorti en 2005, et nul doute qu’à l’époque il ne se doutait pas devenir un jour Ministre, surtout à peine 4 ans après la sortie de ce même livre.
Mais alors il faut assumer, ou alors ne pas prendre de risque et faire ce genre de confessions quand on a plus rien à attendre de la vie politique (à moins qu’en 2005, il ne se voyait jamais tenir un rôle politique, et ne sentait pas que cela puisse arriver un jour).
Mitterrand l’a reconnu, il a fait une « erreur », l’erreur d’avoir écrit pareil fait dans son livre autobiographique. Mais il n’a cependant pas estimé avoir commis de faute ou crime, sur l’appréciation des faits rapportés dans le livre.
On n’était pas à côté de lui durant son « voyage touristique », et les opinions divergent sur les faits rapportés, certains étant sûr que l’on a affaire à de la pédophilie, tandis que d’autres restent à la case homosexualité avec des « garçons ».
Et puis, salir le nom de Mitterrand de pareille sorte, qu’espérer de mieux pour la Majorité qui n’a pas due être unanimement satisfaite lors de la nomination d’un tel nom au Ministère de la Culture ?
La plus grosse erreur, et ce n’est pas difficile à comprendre, c’est sans doute Besson et son geste adressé non seulement aux caméras de Canal +, mais à toute la profession journalistique.
Là, c’est une erreur, tout simplement.
Et c’est aussi le seul des trois à s’être excusé, démontrant que lui aussi a prit conscience de sa faute.
On demande-t-on trop aux hommes politiques concernant le devoir d’exemplarité ?
Sans doute, car les enfermer dans une sphère publique, même quand ils se retrouvent dans une situation privée, n’est pas bon pour la classe politique.
On doit accepter le fait que, hors caméra, les hommes politiques puissent être moins rigoureux, comme lorsqu’ils s’adressent à des amis par exemple.
Ou alors on prend en compte le fait qu’un Ministre est Ministre 24h/24 (ce qui est vrai, bien sûr) et alors aucune dérive, même la plus minime, n’est autorisée.
Comme le Monde n’est ni tout blanc, ni tout noir, mais finalement très gris, on doit accepter l’idée qu’à chaque fois qu’est rapporté par les médias un fait mettant en cause un homme aux lourdes responsabilités dérapant, il faudrait mesurer la réalité de ce fait pour vraiment conclure à une erreur ou non.
Trouver un juste milieu, tout simplement.
L’homme ne peut tenir des propos spontanés et réfléchis tout le temps pendant des années et des années.
Une blague osée tenant compte du contexte, passe encore.
Une confession, sur le thème le plus sensible actuellement, dans un livre autobiographique, ce n’est pas très malin, et si c’est condamnable alors condamnons.
Faire un doigt d’honneur à des journalistes, c’est stupide.
Maintenant, à chacun de se faire sa propre idée, sa propre interprétation des situations décrites dans cet article, de juger les personnes les ayant commises, mais tout en mesurant la réalité des faits.
Oui, le Président de la République à dit « Casse toi, pauv’ con ! » à un citoyen français.
Mais n’oublions pas que ce dernier lui avait auparavant lancé « Me touche pas, tu m’salis ! ».
Vous, qu’auriez-vous répondu ?
Sources :
11:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hortefeux, besson, mitterrand, exemplarité
04 octobre 2009
Saison 1 / Episode 35 : Quand les médias font le travail à ma place.
Jean-Jacques Bourdin et Christophe Jakubyszyn (à droite)
C’est assez rare pour le souligner.
Ce vendredi 2 octobre au matin, la radio (RMC pour ne pas la citer) évoquait un terme que j’use sur ce Blog depuis bientôt un an : l’Emotion et son influence.
L’occasion était trop belle pour laisser passer ça.
Et en entendant attentivement l’intervenant, il en ressort que son étude est assez convaincante.
En effet, le nombre de lois émergentes explose littéralement depuis plusieurs années.
Avec la médiatisation de l’assassinat de la joggeuse Marie Christine Hodeau provoqué par le récidiviste Manuel Da Cruz, on revient à nouveau à un phénomène de lois nouvelles pas si nouvelles que ça.
Du fait que Blogspirit ne peut supporter des fichiers de plus de 15mo (le podcast nous intéressant fait 18mo), je vous renvoie au site, si cela vous intéresse :
Podcast RMC > Bourdin > émission du 02 octobre > 1ère partie 7h-8h > téléchargement > de la 10è minute à la 14è.
Je vous retranscris ci-dessous l’intégralité du passage, avant de revenir sur la réflexion elle-même concernant le trop plein de Lois, trop plein provoqué par l’émotion que suscite chaque nouveau fait divers.
L’émotion est un trompe-l’œil, vous le savez si vous lisez régulièrement les articles de ce Blog. J’espère ne pas être le premier à le dire.
Visiblement, certains médias partagent cette opinion (et précisent que cette analyse relève d’un véritable travail journalistique, ce qui me fait plaisir je l’avoue) et ça valait la peine de mettre cela en avant.
« Loi contre le port de la cagoule et les bandes organisées, Loi contre les chiens méchants, Loi sur les portiques à l’école, Loi sur la fouille des cartables…
« Lois » au pluriel, il y en a eu tellement.
Sur la récidive, on ne compte plus les lois d’opportunités sorties, comme ça, des gouvernements, des cabinets gouvernementaux, des cabinets des ministres, et même de la présidence de la République, pour répondre à quoi ?
A une émotion de l’opinion.
Les « lois-faits divers », elles se multiplient dans ce pays et ce n’est pas comme cela que l’on gouverne un pays.
Et ce n’est pas fini, car on a eu droit à une pluie de propositions et de projets de Loi. On va avoir une nouvelle loi sur la libération conditionnelle, une nouvelle loi sur la récidive.
Bref, un fait divers, une Loi.
Un exemple, Frédéric Lefèvre (Porte-parole de l’UMP) vient de proposer une loi sur la castration chimique. Aussitôt dit, aussitôt fait, le Député Européen Yves Nicolin a annoncé qu’il entendait déposer une proposition de Loi visant à instaurer la castration chimique pour tout violeur d’un mineur de moins de 13 ans.
Mais cela existe déjà…
Le Président de la République a immédiatement demandé au Ministre de l’Intérieur de veiller au besoin par une modification de notre législation à une implication plus forte des services de police et de gendarmerie dans la surveillance étroite des condamnés ayant achevé leur peine.
Vous savez comment ça se passe : un fait divers, on reçoit la famille deux jours après et hop, on demande une Loi !
Mais il y a pire. Le Président, dans un communiqué de presse hier après-midi, a indiqué que le Projet de Loi destiné à limiter les risques de récidive, présenté en novembre dernier, en novembre 2008, serait examiné en priorité.
Cela fait pourtant un an qu’il est dans les placards…
De plus, dans l’intervalle, le projet de Loi pénitentiaire de Rachida Dati, partie depuis, prévoit lui d’étendre les possibilités de libération conditionnelle, sauf dans le cas des récidivistes or, c’est justement le cas de Manuel Da Cruz qui n’était pas, à ce moment-là un récidiviste.
Bref, on n’y comprend plus rien.
Brice Hortefeux lui-même s’en ait pris au juge d’application des peines, puis a été reprit de volée par Michèle Alliot-Marie.
Le Ministre de l’Intérieur a affirmé que l’assassinat de Marie Christine Hodeau aurait pu être évité. Il a mis en cause les juges d’application des peines qui ont pris la décision de libération conditionnelle.
Pas de chance pour Brice Hortefeux : le présumé meurtrier n’était pas en libération conditionnelle car si il avait été libéré en 2006 en plusieurs épisodes, depuis 2008 il avait purgé la totalité de sa peine.
D’ailleurs, commentaire gêné de sa collègue de la Justice, Michèle Alliot-Marie : « Nous n’avons sans doute pas donné au Ministère de l’Intérieur toutes les informations nécessaires ».
Le problème c’est que, le plus souvent, des lois existent déjà mais n’ont jamais été appliquées.
Un autre exemple : les bagarres survenues dans le Lycée de Ganny et dans la foulée la création du Délit d’appartenance à un groupement. Encore une idée qui avait germé dans les esprits fertiles des conseillers élyséens : un délit puni de trois ans de prison.
Le problème est que le délit de bande organisée existe déjà, mais on s’en est aperçu après les annonces.
Il y a aussi les effets d’annonce et après rien qui ne suit.
Dernier exemple : la fouille des cartables annoncée au printemps dernier. Une mesure polémique lancée par Xavier Darcos, à l’époque Ministre de l’Education Nationale, et Nicolas Sarkozy.
Et bien ce projet a été abandonné la semaine dernière, lors de la présentation du plan de sécurisation de l’école présenté cette fois-ci par les nouveaux Ministre de l’Education et de l’Intérieur, Luc Châtel et Brice Hortefeux. Voilà ce que dit Luc Châtel : « Nous avons beaucoup discuté et nous avons considéré qu’à ce stade n’y avait pas nécessité de légiférer. »
Est-ce comme cela qu’on gouverne ? »
Peu de choses à ajouter donc après la lecture de ce passage radiophonique. L’augmentation du nombre de lois en une dizaine d’années est inquiétante en ce que nous vivons de moins en moins dans une société intelligible et claire.
L’un des principes législatifs est que tout le monde doit connaître la Loi.
Difficile d’y croire quand l’on voit que le législateur lui-même n’est pas au courant…
18:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : emotion, loi, radio
22 septembre 2009
Saison 1 / Episode 34 : Sujets Sensibles s'abstenir.
Après Jean-Marie Bigard, Marion Cotillard et Karl Zéro, c'est au tour de Mathieu Kassovitz de se démarquer vis-à-vis des attentats du 11 septembre.
Il sous-entend, comme les trois autres personnalités sus-citées, que la Théorie du Complot est de mise et que le Gouvernement US n'est pas tout blanc dans cette histoire, voire est le principal acteur des attentats.
Comment sont considérées ces personnalités après avoir fait part de leur opinion ?
Comme des négationnistes.
Il apparaît alors qu'on ne peut pas dire ce que l'on veut concernant les attaques visant le World Trade Center, sous peine d'être pointé du doigt et accusé des pires vices.
Cela est-il légitime, tant cette journée du 11/09 nous a tous marqué et nous a montré l'un des pires maux de ce début de 21è siècle, à savoir le Terrorisme ?
Ou alors sommes-nous tombé inconsciemment dans une idée figée et intouchable selon laquelle il y a les gentils américains, et les méchants terroristes, sans remettre une seule seconde en cause la détermination des US de se définir comme policiers du Monde, par tous les moyens.
Vu que ceux qui ont osé évoqué la Théorie du Complot précédemment ont été qualifiés de négationnistes et critiqués par l'opinion publique, nous allons essayer de jongler efficacement entre objectivité, faits et réalité, afin de sortir une analyse utile de cette actualité.
Au-delà de savoir qui a raison, si la Théorie du Complot existe réellement, si nous n'avons affaire qu'à une simple machination de la part d'un grand nombre de personnes, c'est le rapport à la liberté d'expression qui est ici intéressant.
En effet, les personnalités n'ont fait qu'émettre une hypothèse, mais elle leur a valu une véritable fronde de la part de l'opinion publique et des médias.
Dans la même lignée que le premier article de ce blog, et plus récemment l'article mettant en confrontation Liberté d'Expression et Expression Libre, on va essayer de se pencher sur les limites de la liberté d'expression.
Quand l'évocation d'une hypothèse débouche sur la dénonciation idéologique.
Que ce soit le provocant Bigard, l'oscarisée Cotillard, le professionnel Zéro ou le cinéaste Kassovitz, les réactions ont été bien similaires à la suite de leurs déclarations sur les attentats du 11/09.
Moqueries, critiques virulentes, ignorance des médias, rien ne leur a été épargné pour avoir osé dire que les américains n'étaient peut-être pas vierge de tout reproche quant à l'attaque des Twin Towers.
On ne peut pas nier une chose, que les attentats ont marqué chaque citoyen du Monde, tant tout cela semblait irréel : la première puissance mondiale assiégée de la plus « spectaculaire » des manières, sous les feux de centaines de caméras et devant des milliards de téléspectateurs.
Le 11/09 sera surtout le préambule à une politique d'attaque légitimée par la défense du Monde face au terrorisme : invasion de l'Afghanistan, chute de Saddam Hussein, tout cela est la suite du 11/09.
Nous ne sommes pas là pour dire si les américains ont, sur un plan géopolitique mondial, gagné une avance considérable, où si les actes comme la Guerre en Irak sont une dérive de la peur du terrorisme permettant de réaliser des actes qui auraient été inacceptables hors contexte.
Néanmoins, 8 ans après, les États-Unis se prévalent de vouloir universaliser leur Démocratie dans les pays en difficultés, et cela encore fait suite aux évènements du 11 septembre.
On pourrait donc juste en conclure que « Tout est lié », mais les personnalités vont plus loin en envisageant le plus morbide des scénarios : ce sont les américains eux-mêmes qui ont attaqué les Twin Towers.
Il suffit de faire un tour sur la Toile pour voir le nombre assez impressionnant de sites traitant de cette Théorie du Complot. Même Wikipédia permet d'avoir un rapport complet sur cette opinion démontrant par plusieurs faits concordants que les deux tours, par exemple, ont été détruites par des bombes dissimulées dans les bâtiments par les américains.
A chacun de se faire un avis sur la question, et si un jour on apprenait que le scénario le plus bancal de toute l'histoire puisse être réel, alors il faudrait agir en conséquence.
Revenons sur les paroles des personnalités.
Elles savent (du moins pour Kassovitz, je l'espère) qu'elles risquent d'être mises sous les feux des projecteurs en évoquant cette théorie du complot.
Bigard, en premier, a fait part de son idée il y a un an maintenant, et cela le suit toujours aujourd'hui.
Qui est à blâmer ? Les personnalités qui abusent de leur influence publique pour faire passer leurs idées les plus osées, ou l'opinion publique qui se met volontairement des œillères pour ne pas vouloir envisager une seule seconde une machination qui remettrait en cause la société du 21è siècle et les dominants du Monde entier ?
L'un et l'autre, à vrai dire.
Mathieu Kassovitz
De la distinction des propos négationnistes et des propos provocants.
Après tout, comme vu dans « Liberté d'expression = Expression Libre ? », on ne peut pas tout dire.
Les propos rapportés dans l'article faisaient référence au chanteur Orelsan et aux propos négationnistes.
Les propos sur la Théorie du Complot sont-ils des propos négationnistes ? C'est là l'enjeu du problème.
La rétro-analyse est ici faite, et c'est l'un des facteurs du négationnisme.
Certes mais, à ce rythme, on risque de basculer dans la chasse aux sorcières, voulant dénoncer chaque personne qui aurait des idées autres que celles dominantes sur des sujets sensibles.
Quant à l'opinion publique, qui s'indigne des propos sur la Théorie du Complot, elle risque de tomber dans une vision du Monde réduite par des œillères afin de se diriger vers un semblant de pensée unique, la crainte de tout monde démocratique qui se respecte.
Finalement, ce fait d'actualité témoigne de l'ambiguïté de la liberté d'expression et de la société par la même occasion.
Évidemment, prêcher devant les caméras que les américains sont les auteurs des attentats, c'est à la fois choquant et perturbant.
Mais que nous adoptions la politique de la pensée unique l'est tout autant, comme si on devait tous s'accorder sur une seule et même idée, et non une autre, quelque soit le sujet.
Alors, bien sûr, ici l'on évoque le 11/09, ce qui n'est pas un sujet comme un autre, mais nous pourrions plus tard avoir les mêmes causes et conséquences sur d'autres sujets, ce qui serait un très mauvais signe quant au devenir de la société et des idéologies la formant.
On doit concevoir que, même si ces personnalités savent qu'elles vont perturber l'ordre actuel des choses, elles peuvent faire part de leurs idées comme tout autre individu.
Mais, sur ce, vous me parlerez de Dieudonné et de son négationnisme qui ne trouve là aucun défenseur.
Et bien c'est qu'il y a une différence entre négationnisme et remise en question : si encore on n'avait absolument aucune preuve que les attentats du 11/09 aient été réalisé par les américains eux-mêmes, alors on serait dans la même situation vis-à-vis du négationnisme, c'est-à-dire le refus de l'évidence.
Aujourd'hui, en 2009, il y a tellement de sites internet et de sources qui évoquent, avec sérieux, une manipulation de grande envergure lors des attentats visant les Twin Towers, qu'on ne peut dire « C'est faux, il ment, etc... ».
Je ne dis pas que les américains sont à l'origine des attentats, mais nous agissons comme si il n'y avait absolument aucun fait troublant, aucune incohérence marquante.
Alors qu'il y en a.
Les personnalités ne sont coupables que d'une chose : partager ces théories et le faire savoir.
Que font les médias et l'opinion publique ? Il les pointent du doigt, les accusent, sans eux-mêmes s'interroger sur leurs déclarations, s'interroger eux-mêmes sur les évènements remis en cause.
Alors oui, il y a peu de chances qu'un jour on apprenne que les attentats ont été orchestrés par la Maison Blanche (et je l'espère sincèrement d'ailleurs, car sinon nous vivrions dans une société pourrie jusqu'à la moelle), mais des personnes ont choisi d'aller à contre-courant, documents et faits à l'appui, et même si on n'a pas à leur donner un impact médiatique plus important qu'à l'accoutumée, on se doit, si on déclare être une véritable démocratie, leur laisser la parole et leur dignité.
Revers de la médaille de la Liberté d'expression ou problème d'un principe démocratique poussé à l'extrême, le constat est le même : les propos des personnalités sus-citées relèvent de la Liberté d'Expression (liberté de s'exprimer sur un sujet sensible), et non de l'expression libérée (dire des choses irréfléchies, injurieuses, indignes d'attention).
Si on désire se définir comme un pays démocratique, acceptons (comme les partis extrémistes en politique par exemple) les idées de ceux remettant le système en cause, tant que cela ne dérive pas sur du négationnisme.
PS : Dans les sources, un lien vers le site ReOpen911, assez bien fait, demandant une véritable enquête sur les attentats du 11 septembre, qui soit indépendante et non politique.
Sources :
Les Théories du Complot concernant le 11/09 sur Wikipédia
ReOpen911, site demandant une nouvelle enquête sur le 11/09
13:00 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : attentats, 11 septembre, usa, kassovitz









