11 septembre 2009

Saison 1 / Episode 33 : Quand les bulletins mettront du Biactol.

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Selon les politologues, les orientations de chacun se modifient selon l'âge et la maturité, commençant par des idées radicales avant de se modérer avec le vieillissement.
Ainsi, même si l'on peut commencer comme sympathisant de la LCR, on peut se retrouver, 40 ans plus tard, prenant sa carte d'adhésion au Modem.
Difficile de trouver un exemple explicite, donc on va faire confiance aux politologues.

L'UNL commence bien son année et n'a pas loupé sa rentrée en lançant un débat dont on risque d'entendre parler pour un petit moment encore car les politiciens ne sont pas passés à côté de cette info (on y reviendra) : abaisser le Droit de Vote à 16 ans.

Comme tout sujet touchant la Politique trouve obligatoirement adeptes et détracteurs, on aurait pu penser que cette idée tomberait vite dans l'oubli, car pouvant être étiquetée de l'idéologie du Parti en ayant fait un de ses chevaux de bataille.

Mais ici, aucun Parti Politique n'est à l'origine de cette initiative, mais l'Union Nationale Lycéenne qui se défend avec un argument valable en ce que les jeunes sont responsables pénalement dès 16 ans, mais ne peuvent s'exprimer politiquement au même âge.

Depuis Giscard, qui abaissa la majorité électorale de 21 à 18 ans, nous n'avons pas évolué et cela fait donc maintenant 35 ans que le curseur est bloqué sur la case « 18 ans ».

Beaucoup de problèmes sont soulevés par cette idée :
Pourquoi descendre à 16 ans ?
Un jeune de 16 ans a-t-il les aptitudes requises pour pouvoir voter utilement ?
Doit-on prendre le risque d'offrir les urnes à des jeunes qui peuvent en grande majorité se désintéresser de la Politique, alors que l'abstentionnisme est déjà un problème récurrent de notre société ?

Cela méritait un petit article.

Et puis je commence à croire que je suis le seul blog au Monde à ne pas avoir parlé de la Grippe A ou de Michael Jackson, alors continuons sur cette bonne lancée !

2 ans de plus ou de moins, quelle différence ?

Après tout, quand l'on voit aujourd'hui l'âge du droit de vote, qui a déjà pu baisser de 3 ans dans les années 70, on peut se dire que le baisser de 2 ans à nouveau est envisageable, le visage de la société ayant encore changé depuis trois décennies.

Et puis, 3 ans après le CPE, preuve que les jeunes peuvent faire plier les politiques, on se dit finalement que la France d'aujourd'hui est peut-être prête à faire le grand saut qu'à déjà effectué l'Autriche en donnant un vote à chaque voix d'au moins 16 ans.

Néanmoins, quelques faits peuvent remettre en question cette avancée.

Tout d'abord, dans une société plus Conservatrice qu'il n'y paraît, donner la possibilité à des Secondes de pouvoir décider qui va être le leader de la France pour les 5 ans à venir, ça peut faire peur.
Pourquoi ?

Car, à tort ou à raison, les jeunes de 16 ans ne sont pas considérés comme pouvant être des électeurs assez éclairés, pas assez expérimentés. Bref, à 16 ans on est plus réputé devoir s'intéresser à sa copine ou à son copain, plutôt qu'au discours d'un Fillon, d'une Aubry, d'un Besancenot ou encore d'un Le Pen.

Quelque part, cette conclusion est réaliste, sur la forme, bien que discutable sur le fond.

Alors, nous considérons-nous comme suffisamment bien pensant pour se permettre de dicter aux jeunes de ne pas se mêler de choses sérieuses, ou alors faisons-leur confiance pour qu'ils puissent faire quelque chose du scrutin qu'ils ont entre leurs mains ?

Question difficile à cerner, mais nous allons arriver à une conclusion et à une réponse.

Tout d'abord, la question de la maturité politique est reprise comme argument pour leur refuser le droit de vote.
Il est vrai qu'à 16 ans, bien qu'on ait des avis, des idées, difficile de pouvoir trancher sur des élections nationales (où l'intérêt général doit primer pour choisir le vainqueur, je ne le dirai jamais assez), sur des référendums (oui ou non à l'Europe ?) car on n'envisage pas l'adolescent avoir toutes les armes idéologiques nécessaires pour pouvoir prendre pleine conscience de la signification de son vote.

Cela est-il fondamentalement différent à 18 ans ?
Et bien plus qu'il n'y paraît.
L'un des points communs entre les deux âges, 16 et 18 ans, c'est qu'en grande majorité, on est toujours au Lycée.
A 16 ans, on découvre le monde lycéen (et ses grèves), commençant la transition de l'état d'adolescent à l'état d'adulte.
A 18 ans, on termine cette transition en passant le Bac en Terminale, avant de se lancer dans les études supérieures ou autres.

Évidemment, tout le Monde ne va pas au lycée, bon nombre d'adolescents arrêtant les études dès 16 ans. Pour ne pas tomber dans du « cas par cas » excessif, on va suivre la majorité, mais il en reste que, quelque soit son choix, l'âge de 16 ans est un tournant pour chacun : direction le lycée pour la plupart, ou recherche de travaux pratiques pour d'autres.

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Qu'à changée la période lycéenne dans les idées du jeune homme (ou de la jeune femme, bien entendu) ?

Le Lycée est un premier contact avec le Monde extérieur, social, permettant à la personne de se former une identité.
L'identité qu'acquiert chacun se forge en grande partie au lycée avec ces trois années charnières : 16, 17, 18 ans.

Vu comme ça, passer de 16 à 18 ans ne représentent que 730 jours et des poussières, mais c'est bien plus que ça.

On peut avoir une identité à 16 ans, au sortir du collège, mais tout le monde s'accordera sur le fait que le lycée est l'époque où la personnalité se dessine, passant d'une silhouette hésitante à l'entrée en Seconde, à une forme bien définie au moment d'aller chercher son diplôme du Bac.

Mes détracteurs pourront me dire que l'être peut changer du tout au tout durant sa vie, par son vécu et ses expériences, bien sûr, mais il faut bien un point de départ et celui-ci se fixe au lycée.
Pourquoi ?
Car, et de plus en plus aujourd'hui, l'adolescent assimile les codes de la Société à travers les cours, on pourrait même dire qu'il la pense, et je vise ici, cela va de soi, la Philosophie, qui a hanté les nuits de certains, comme occupé agréablement les rêves d'autres.

Le lycée est un lieu de socialisation incontournable, comme le montre d'ailleurs le sujet même de cet articles : l'UNL est estampillée 100% lycée.
Qui fait régulièrement la Une de l'actualité dès qu'une réforme touche le Secondaire ? Le lycée avec ses grèves qui ont déjà fait chuter des bêtes politiques comme Fillon ou même De Villepin, qui a vu son ascension stopper nette après le camouflet que fut le CPE.

Et rien que là on voit que, finalement, le lycée est un lieu où l'on apprend aussi la Politique, pas seulement durant les années de grèves, mais aussi de par les thèmes rencontrés en cours (Guerre froide avec la scission URSS/USA qui fait écho à la scission Capitalisme/Socialisme).

En résumé, on sort du lycée avec des idées, des préférences, que ce soit sur la Société, l'homme et bien sûr la Politique.

Mais voilà, à la sortie du lycée on à en général 18 ans, et non 16 ans.

Il y a bien un soucis de maturité qui se révèle entre 16 et 18 ans, mais plus qu'une maturité politique, c'est une maturité de l'être qui échappe un tant soit peu à l'adolescent, et c'est pour le moins important au moment d'exercer son devoir de citoyen.

Surtout, au lieu de se demander si l'on doit abaisser la majorité électorale à 16 ans, il faudrait déjà savoir si le vote à 18 ans fonctionne.

Pas facile de trouver des chiffres sur le Net, mais il faut constater que le vote des jeunes n'est pas au beau fixe. En même temps, selon les études, le « vote jeune » va généralement de 20 à 29 ans, ce qui est assez large.

Un chiffre est intéressant, et extrêmement révélateur : aux dernières élections européennes, pas moins de 70% des 18-24 se sont abstenus.

On en vient donc à la conclusion qu'il y a bien une différence d'état d'esprit entre nos 16 et 18 ans, mais aussi que le vote à 18 ans n'est pas aussi bien représenté que ça.

Et là, on tombe bien évidemment sur de la pure subjectivité.
Pour certains, qui se sentent concernés par la Politique, le vote à 18 ans est une évidence, mais pour d'autres, ce fût une étape à franchir, une étape difficile à surmonter car ne se sentant pas suffisamment armé face à l'urne, poussant donc la plupart à tout simplement éviter les urnes.

Oui, le vote à 18 ans est entré dans les mœurs, mais est-ce que cela signifie que nous sommes tous dans le même état d'esprit au moment de saisir les bulletins ?
Visiblement non, et bien que 18 ans soit synonyme de majorité électorale, on est encore un peu plus proche de l'état de la fin d'adolescence que du début de l'âge adulte.
Quand on voit l'abstentionnisme dans son ensemble, il faudrait même se demander si l'âge à une importance...

 

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La maturité politique est-elle indissociable de l'âge ?

Si cette maturité semble échapper aux jeunes de 16 ans, peut-on affirmer qu'elle soit totalement acquise par les électeurs plus âgés, de 20 à 30 ans, voire même par ceux de plus de 30 ans ?

Pas vraiment quand l'on voit les chiffres de l'abstentionnisme durant ces dix dernières années, en constante augmentation.

On pourrait penser que le droit de vote donné aux jeunes de 16 ans ait tendant à faire enfler cet abstentionnisme, mais ce dernier est déjà bien mis en avant par des générations plus âgées.

L'abstentionnisme porte aussi un visage à multiples facettes : on peut très bien s'abstenir car on se sent déconnecté du débat politique, comme désintéressé (le risque du droit de vote donné à 16 ans), mais aussi car l'on considère que c'est un symbole du « ras-le-bol » de la politique (se mettre volontairement hors-jeu pour décrédibiliser la légitimité des résultats et du vainqueur).

L'abstentionnisme mériterait un article à lui seul tant il y a de choses à évoquer.

Il n'en reste que la réalité existe selon laquelle un jeune de 16 ans puisse faire preuve d'autant ou de plus de maturité qu'un trentenaire ou qu'un quadragénaire qui se désintéresse fortement de la politique et vote pour le premier bulletin aperçu.

Les mouvements de contestation dans les lycées, au cours de ces dernières années, ont montrés que les adolescents pouvaient faire preuve de réflexion politique, ce qu'ont oubliés les initiateurs de la réforme CPE.
Après, et là l'ouverture amène à un autre problème, il faudrait faire preuve de transparence quant aux relations entre les groupes politiques radicaux et les étudiants.
La controverse revient sur le devant de la scène lors de chaque conflit : les étudiants contestent-ils du fait de leur propre voix, où deviennent-ils les marionnettes de groupes politiques qui voient en eux une formidable armée anti-gouvernement ?

Nous verrons cette année si les prochaines grèves remettront en évidence la maturité politique d'adolescents délaissés par le droit de vote.


Le vote à 16 ans ? Nous devons en conclure, aujourd'hui, qu'il est sans doute trop tôt pour l'envisager sérieusement.

Sans doute les contestations lycéennes montrent qu'ils ont un rôle à jouer, mais elles montrent aussi au Pouvoir en place et aux politiques que ce sont des acteurs qui peuvent se révéler extrêmement embarassants.
Ce n'est pas Dominique de Villepin qui me contredira...

Signalons tout de même que tous les partis politiques ont fait état de leur satisfaction quant à l'éventualité d'un droit de vote à 16 ans.
Plus qu'une réelle affection envers les adolescents, c'est plutôt l'éventualité d'un nouvel électorat à conquérir qui séduit les politiques, soyons réalistes.

 

Sources :

16 ans.

UNL vs Hirsch

01 septembre 2009

Saison 1 / Episode 32 : Un pour Tous, Tous pour Un.

 

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Obama comparé à Hitler ?

 

C'est une blague ? Qui oserait une seule seconde mettre l'homme politique le plus adulé sur la même ligne que le plus haï ?

Encore, pourquoi en arriver là ?

 

L'Amérique est en train de nous livrer une bataille idéologique comme elle seule en a le secret. Elle, grande figure mondiale du Néo-Libéralisme.

 

Et nous, français, pouvons en être les principaux acteurs passifs, vu que ce qui sème la pagaille au pays de l'Oncle Sam est, pour nous, une avancée considérable.

 

Voyez plutôt.

 

Barack Obama vient de lancer son combat politique le plus risqué, celui de l'assurance-maladie.

Jusqu'ici, tout va bien.

Quand l'on sait que près de 50 millions d'américains n'ont pas de couverture médicale, on se dit qu'il est pour le moins logique que l'homme aussi populaire que le Pape ou le Christ mette les mains dans le cambouis pour profiter du halo quasiment mystique l'entourant afin de résoudre un problème existentiel est 100% américain.

 

Dois-je ici rappeler que le bien pensant Michael Moore en avait fait le sujet principal de son film documentaire « Sicko », après « Bowling For Columbine » et « Farenheit 9/11 ».

 

Oui, mais voilà, l'état de Grâce de Super Obama file tout doucement vers sa fin et sa volonté de refonte de l'assurance-maladie pourrait bien l'achever une fois pour toute.

En effet, au travers de son idée se dessine une réforme en désaccord total avec les traditions américaines les plus pures : l'idée de Solidarité entre chacun.

 

Il n'en faut pas plus pour que le mot auquel les américains sont le plus allergique renaisse : le Socialisme.

 

 

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Solidarité : une nécessité vitale.

 

 

En France, la Solidarité est un des piliers de la construction étatique.

Terme qui se retrouve même sous-entendu dans la devise nationale grâce à « Fraternité », nous nous en prévalons comme d'une qualité bien de chez nous : nous sommes solidaires les uns des autres, nous sommes un exemple d'entente inter-citoyens.

 

Quid d'une France sans solidarité ?

Au vu de notre histoire, cela semble tout bonnement impossible. Entre Guerres, Occupation, Résistance et Victoires, notre Patrie s'est forgé ce sentiment devenu dès lors si banal, celui qu'il faut aider son prochain, ou son voisin.

 

Alors, avoir une couverture maladie, concept hexagonal universel, est pour nous une chose pour le moins normale, pour ne pas dire nécessairement logique. Que chacun paie pour chacun, quoi de plus éthique ?

 

Ici, vous l'avez peut-être remarqué, nous venons de dénicher la raison pour laquelle les américains sont si réfractaires au mot Solidarité : L'Histoire du pays.

Évidemment.

Si nous sommes si friands de Solidarité, au point de se demander, en toute objectivité, si nous ne sommes pas un exemple à suivre à travers les continents, il n'en est pas de même Outre-atlantique, et ce pour les mêmes raisons : l'Histoire du pays.

 

Et oui, entre Guerre Froide face à l'ennemi Socialiste de l'Est et sentiment patriotique inégalable, les États-unis ont acquis cette idée que la Solidarité entre chacun est à proscrire, tant cela ressemble à ce qu'il se passait dans le pays de Staline.

 

N'oublions pas que du côté des politiques, que ce soit les Républicains ou les Conservateurs, ce sont tous deux des partis nationalistes (en France, il n'y a qu'un seul parti nationaliste, et on sait à quel point cela entraîne des débats controversés), et aucun ne se dote de l'étiquette de Socialiste, bien au contraire.

 

L'un dans l'autre, c'est comme si il y avait un système bipartite, mais de même rang politique (2 partis de Droite par exemple aux US) pour résumer.

 

En France, nous n'en sommes pas encore là : une Droite, une Gauche, et le clivage politique est tout trouvé.

Évidemment, on n'oublie pas le Centre, la droite de la droite et la gauche de la gauche, mais la scission en deux grandes orientations idéologiques est bien là.

 

Alors que chez nous la Solidarité est incontournable, l'Individualisme qui règne sans partage dans la société américaine et l'idée que chacun doit se débrouiller sans l'aide d'un compatriote est entrée dans les mœurs il y a bien longtemps.

 

Qu'en serait-il s'il n'y avait pas l'ombre du bloc de l'Est, qui a préfiguré toute la pensée libérale outre-atlantique dès le milieu du 20è siècle ?

On ne peut le savoir.

 

La Guerre Froide a bouleversé le Monde de la fin de la Seconde Guerre Mondiale à la chute de l'URSS en 1991.

 

Les États-Unis, bien que vainqueurs, ont aussi adopté une idéologie unique, celle du Libéralisme le plus pur, la philosophie selon laquelle est consacrée la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle, entraînant alors une stricte limitation des obligations sociales imposées par le pouvoir au profit du libre choix de chaque individu.

 

Donc, l'individualisme prédomine aux US, et on comprend mieux pourquoi lancer l'idée d'une solidarité entre chacun est si mal accueillie : relan de Socialisme et remise en cause des principes ayant fondés la société américaine.

 

Poussons l'étude un peu plus loin.

 

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Solidarité ou Individualisme : Que privilégier ?

 

Vous le savez, je ne suis pas du genre à éviter l'étude d'une question pouvant effleurer les mœurs.

Si cela en choque certains, tant pis.

 

Oui, car ici vient le problème de savoir ce qui doit aujourd'hui être mis en avant, entre les visions américaines et françaises, entre les concepts de Solidarité et d'Individualisme.

 

Peut-on remettre en cause l'un des piliers de notre société ?

 

Inutile de tergiverser à prime abord : Individualisme rime avec Égoïsme, sous-entendant une société fondée sur la seule possibilité individuelle, sans aucune aide extérieure de compatriotes si nécessaire.

 

Qui serait tenté, dans notre beau pays, de passer d'une société ou chacun aide chacun, à une américanisation sentant le libéralisme le plus extrême ?

On en viendrait à modifier notre devise nationale, c'est dire !

 

Néanmoins, bon nombre de facteurs, issus de la solidarité sont aujourd'hui en difficultés :

Quid des cotisations sociales qui, selon certains, font vivre les RMIstes qui ne veulent pas travailler ?

Quid de la volonté de chacun d'aider son compatriote quand celui-ci n'en semble pas méritant ?

 

Voyez-vous où je veux en venir ?

 

C'est pourtant simple, et si les médias n'en parlent pas c'est sans doute car c'est un sujet tabou :

Le sentiment de solidarité se perd en France.

 

On ne peut pas trouver d'étude explicite, mais bon nombre d'indices montrent que nous sommes en train de perdre, doucement mais surement, notre sentiment d'union :

Depuis plusieurs années, le moral des français est en berne, les scissions entre classes sociales se ressentent de plus en plus, on assiste à un ras le bol général de tout le monde envers tout le monde.

 

Nous sommes contre la politique actuelle ? Faisons une grêve nationale !

Il y a encore une grêve en France ? Bande de feignants !

Je multiplie les heures sup' car c'est de l'argent en plus ? Mettons de côté ceux qui touchent le RMI !

Il cumule les RTT et fait tout pour éviter de rester trop de temps sur son lieu de travail ? Feignant !

 

Je caricature à 100% mais, honnêtement, qui n'a pas déjà entendu ce type de réflexion, ou quelque chose s'en rapprochant ?

 

Et surtout, ce qui me marque le plus car, au moins sur ce point, j'aimerais qu'on prenne de la graine de nos amis américains : la popularité des hommes qui ont le pouvoir.

 

Nombreux sont ceux qui se souviennent du dîner suivant la cérémonie d'investiture de Barack Obama : celui-ci comptait un invité très spécial en la personne de John McCain, le concurrent d'Obama à la Course à la Maison Blanche.

Un simple coup de comm' ? Pas sûr quand l'on sait qu'il est de tradition en Amérique qu'après le résultat des élections présidentielles, et quelque soit le candidat pour qui l'on a voté, on se range derrière le vainqueur et on espère qu'il fera du bon travail.

 

Le côté patriotique qui ressort, peut-être, ou l'idée acceptée qu'un pays n'est jamais plus solidaire que lorsqu'il met ses convictions de côté pour l'intérêt général.

Un électeur votant en faveur de McCain qui soutient le nouveau Président Obama, rien d'extraordinaire outre-atlantique.

 

 

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En France, ce n'est pas tout à fait pareil...

 

Le Président Sarkozy a été élu, mais cela ne semble pas lui donner de légitimité suffisante pour que les français lui fassent confiance sur le long terme : côté de popularité en berne, critiques, rien ne lui est épargné par les citoyens, alors que c'est le Président de la République.

Je précise ici que je ne souhaite pas défendre la personne de Sarkozy, mais uniquement le statut de Président de la République.

 

Je suis à la limite de partir sur un autre sujet, qui mérite réflexion lui aussi, et sera sans doute évoqué prochainement, donc je ne m'étalerai pas aujourd'hui là-dessus : Le désamour des citoyens pour les politiciens.

 

Restons-en à la constatation que les critiques fusent dès qu'une réforme est voulue, mais que l'on oublie aussi que le Pouvoir peut aider, qu'il soit de Gauche ou de Droite.

Étant étudiant, je n'oublie pas que les bourses de l'enseignement supérieur me sont versées régulièrement, et que ça m'aide dans la vie de tous les jours, comme de nombreux autres étudiants.

Pourtant, quelqu'un trouvera toujours quelque chose à redire.

Ou plutôt personne n'en parle et préfère se concentrer sur une autre réforme.

 

Tout cela pour en venir à la conclusion que si les américains mettent de côté la Solidarité, on peut encore prendre quelques leçons de leur part pour éviter de sombrer justement dans l'individualisme à force d'être trop solidaires.

Trop de solidarité tue-t-elle la Solidarité ? C'est un problème qu'on pourrait bien se poser d'ici quelques temps.

A force d'être lié à chacun à tous les niveaux sans avoir le choix, la volonté de ne plus être lié afin d'améliorer sa petite personne grandie chaque jour.

 

Enfin, si nous sommes si solidaires, si aimants de la « Fraternité », pourquoi toujours critiquer autrui ou ceux ayant le Pouvoir ?

 

La Solidarité en France, c'est bien quand ça nous arrange...


Sources :

Le pari d'Obama


Le Libéralisme


Le Socialisme

20 août 2009

Saison 1 / Episode 31 : Illusion ou Réalité ?

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9 secondes et 58 centièmes.

Il ne fallait pas être en retard pour assister à l'évènement sportif de l'année, événement provoqué par l'ovni Usain Bolt, celui qui avait le temps d'encourager ses adversaires pendant qu'il courait le 100 mètres.

Un temps, repoussant les limites de l'être humain.

Un homme, bouleversant les habitudes.

Le Monde s'extasie devant pareil exploit, tant cela semble irréel,

Il y a encore quelques années, passer sous les 9,80 était un rêve. Voilà qu'en moins d'un an, Bolt a révolutionné le 100 m de sorte que l'on entrevoit désormais la barre des 9,40 (selon les dires de Bolt lui-même).

 

L'an passé, à travers l'article « Citius, Altius, Fortius… » , j'avais évoqué le problème éternel du dopage.

Comment, alors que l'ombre du dopage prend aujourd'hui plus de place que les athlètes eux-mêmes, concevoir une telle performance, sans avoir le moindre soupçon vis-à-vis de cette dernière ?

Pour de nombreux fans de sport, voir le dopage partout est préjudiciable.

Après tout, les scandales liés au dopage ont fait tant de mal au sport, du cyclisme, évidemment, au football (du côté de la Juventus de Turin notamment, à l'époque où un certain Zinédine Zidane faisait des étincelles), en passant par le Catch où pourtant tout est écrit d'avance, qu'il serait bien dommage d'obscurcir chaque nouvelle performance digne de ce nom.

Pourtant, certains faits donnent un arrière goût bien amer à ces exploits en série, par exemple le miracle Usain Bolt ainsi et les sportifs jamaïcains.

En effet, alors que les médias en sont au point d'inventer des superlatifs afin de ne pas faire un copier/coller des commentaires de confrères d'autres chaînes, bien trop heureux d'avoir pu faire vivre un moment historique à leurs téléspectateurs respectifs, il convient de se pencher un peu sur deux faits entourant la sélection jamaïcaine.

 

Pourquoi la sélection jamaïcaine ?

Pourquoi ne pas viser le sport en général ?

Tout simplement car la Jamaïque est le symbole de l'athlétisme de ce début de 21è siècle : des athlètes impressionnant, une joie de vivre explicite, un obstacle difficile à surmonter pour les américains qui ont tant dominés l'athlétisme ces dernières années.

Et aussi car, comme je l'ai écrit plus tôt, deux faits laissent planer un doute sur la parfaite forme du sport jamaïcain :

Tout d'abord, 5 sprinteurs jamaïcains ont été contrôlés positifs il y a un mois.

Ensuite, Asafa Powell et Shelly-Ann Fraser, deux des athlètes jamaïcains les plus connus, ont faillis être écarté des Championnats du Monde par la Fédération jamaïcaine, tant les soupçons de dopage étaient forts.

Avant le début des J.O. de Pékin, plusieurs athlètes auraient refusés de se soumettre aux contrôles anti-dopage.

Evidemment, les médias en ont beaucoup moins parlé, voir pas du tout.

Gênant.

 

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Asafa Powell

 

Les raisons d'espérer.

 

On ne va pas partir trop pessimiste.

Quand on voit Usain Bolt courir et qu'on est soit-même un athlète, on prend une leçon d'athlétisme.

Les experts ont vite fait de remarquer la qualité de redressement du jamaïcain lors du départ du 100 mètres.

Culminant à 196 centimètres du sol, Bolt partait avec un handicap, celui de devoir relever son corps le plus rapidement possible.

Des anciens Rois du 100 m, peu mesuraient près de 2 mètres (pour ne pas dire aucun!) et pourtant lui met cet handicap de côté pour pouvoir virer en tête dès la mi-course.

 

Autre point important, et cette fois un léger avantage, là aussi liée à sa taille, la distance parcourue par une de ses foulées.

Inutile de faire un dessin ici.

Dès lors, Bolt surmonte les obstacles liés à sa taille, pour finalement en tirer un avantage.

Dans ce cas, les Records peuvent commencer à tomber.

 

Soyons maintenant plus théorique.

5 sprinteurs jamaïcains convaincus de dopage mais qui participent finalement aux Championnats du Monde.

C'est un peu suspicieux, il est vrai.

Néanmoins, il est aussi vrai que l'on a pas encore eu de contrôle positif officiel concernant d'autres stars jamaïcaines.

1er et 3è (Asafa Powell) au 100 m, 4 finalistes féminines au 100 m (1ère et 2è au finish), et encore à l'instant même où j'écris ces lignes, les relais n'ont pas encore eu lieu.

Après une énorme domination des américains entre les années 90 et 2004, accouchant du contrôle positif de la star Marion Jones, voici venu le temps des jamaïcains.

Marion Jones avait tout écrasée à son époque, et cela lui a valu 6 mois de prison pour avoir été contrôlée positive.

Verra-t-on le même scénario se produire avec Usain Bolt, ou un autre sportif, dans les années à venir ?

 

 

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Le relais 4x100 m jamaïcains, sacré le 22 août à Pékin en battant le Record du Monde

 

Les raisons de douter.

 

L'image qui restera de ces jeux sera celle de Bolt franchissant la ligne en 9,58, c'est certain.

Il y a une autre image qui a marqué la semaine passée, mais qu'on a déjà oubliée :

Usain Bolt rigolant et semblant encourager son adversaire mais ami d'entraînement, Daniel Bailey pendant l'une des séries de qualification du 100 m.

Ça, c'est fort.

Les commentateurs s'extasiaient devant cette image, trouvant éblouissant de faire un temps d'à peine 10 secondes en s'amusant pendant la course.

Il est certain qu'après avoir prit l'habitude de voir les coureurs hyper concentrés et courant à bloc, c'est assez bluffant de voir une telle facilité.

Il faut pourtant bien aller au-delà des émotions, comme à l'accoutumée sur ce blog, afin de se poser la question suivante : Trop, c'est trop ?

 

Arrogance ? Etat d'esprit unique ?

Les détracteurs et les fans d'Usain Bolt choisissent bien rapidement leur réponse, cela va de soit.

Il en reste qu'après une réaction aussi unique l'an passé, lorsque Bolt fête son nouveau règne avant même d'avoir franchi la ligne à Pékin, on se demande jusqu'où sa force peut-elle aller, ou quand la mascarade va-t-elle s'arrêter.

 

Actuellement, la Jamaïque occupe la seconde place au Tableau des médailles, avec 7 médailles (dont 3 en or), juste derrière les USA et leurs 8 médailles qui sont donc toujours bien présents, et devant le Kénya qui totalise 6 médailles.

Pour le sport, il serait bon que l'on ne trouve pas de trace de dopage chez un des coureurs jamaïcains (ou d'aucune autre nationalité d'ailleurs).

Disons que si Usain Bolt et ses compatriotes sont sains et véritablement plus forts que les autres, ils le sont durant une mauvaise période, une période où le soupçon l'emporte sur l'admiration.


Sources :

Les jamaïcains sont-ils dopés ?

Premier cas de dopage à Berlin