29 novembre 2008
Saison 1 / Episode 6 : La Froideur de la Mort
Tous les ans, à la même époque, les magasins remplissent leur rayon jouet, les boîtes de chocolat s’invitent dans notre demeure, les villes se parent de lumières, les monts environnants mettent leur manteau blanc et l’air est à la fête (du moins en théorie).
A la même époque, aussi, les mêmes acteurs retrouvent une place de premier choix au JT de 20h, place qu’ils avaient quitté dans une indifférence remarquable dès le retour des beaux jours, dix mois plus tôt.
A travers ces acteurs, je vise évidemment les Sans Domicile Fixe, plus que jamais sur le devant de la scène en ces temps de grand froid et de contradictions ministérielles.
Ces jours-ci s’est ouvert le débat sur l’aide à apporter aux SDF, une aide qui semble pour le moins être une règle de bon sens, mais qui se heurte au libre arbitre des principaux concernés, qui sont bien souvent les premiers à remettre en cause les structures mises à leur disposition.
Il convient donc de confronter la nécessité d’aider les personnes en danger (car c’est bien de cela qu’il s’agit, le nombre de SDF décédés étant à cette heure-ci fixé à six en un mois pour la seule région parisienne) au respect du libre arbitre de chacun.
Une situation d’urgence.
Avec la crise économique qui continue sa course effrénée, les rebondissements au sein du PS et les derniers attentats à Bombay, on peut se demander en quoi le fait que six SDF soient décédés fasse la Une de l’actu.
Si les médias s’intéressent autant à la situation actuelle, c’est peut-être car nous sommes à l’aube d’un tournant important quant à la considération de ces personnes.
Cette année, nous pouvons facilement affirmer que l’Hiver ne sera pas en retard, et les SDF, exclus de la société 10 mois sur 12, retrouvent un peu de cet intérêt que leur porte les caméras.
Il faut rappeler qu’il y a deux ans, le gros coup médiatique de la fin d’année 2006 fut à mettre à l'actif de l’association Les Enfants de Don Quichotte et leur multitude de tentes dressées au bord de la Seine, pendant que les familles faisaient leur shopping de noël.
Depuis cette histoire, le débat prit une grande ampleur, et cette année il allait de soi que les opinions divergentes se croisent à nouveau.
Après avoir pu aiguiser leurs arguments tout au long de l’année ? Pas sûr vu les solutions proposées aujourd’hui.
Il semble totalement inconcevable qu’en 2008, des personnes meurent dans les rues d’une des capitales du Monde.
Pourtant si, et s’il y a deux ans une nouvelle étape paraissait avoir été franchie avec un côté « spectaculaire » donné au SDF et leurs tentes autour de la Seine, il semble bien que c’est cette année que les choses peuvent changer.
Le Gouvernement veut prendre les choses en main : faire en sorte que chaque SDF soit hébergé en cas de grand froid, afin de répondre au mieux à l’urgence actuelle.
Alors c’est bon, me direz-vous, le problème est réglé, passons à autre chose.
Pas tout à fait…
Christine Boutin, Ministre du Logement
Une solution logique ?
Nous avons des SDF qui décèdent dans la rue à cause du froid, alors mettons-les à l’abri, hébergeons-les le temps que le printemps revienne et nous pourrons passer à autre chose.
Pas besoin d’avoir fait Science Po’ pour arriver à une telle conclusion, et pourtant cette solution simple provoqua un véritable tollé lorsque Christine Boutin, la Ministre du Logement, l’a donna en pâture à l'opinion publique.
En effet, l’aspect contraignant de la mesure (l’hébergement forcé des sans-abri dès que la température est en-deçà de 6 degrés) n’est pas du goût de tout le monde, et les associations d’aide aux sans-abri légitiment une telle critique : des structures inadaptées qui ne feraient qu’accroître les risques pour les SDF, des structures qui ne répondraient pas aux besoins des principaux intéressés.
Il est ainsi pertinent de revenir sur la liberté que nous avons tous de faire des choix.
On ne peut obliger les sans-domicile-fixe à aller dans un hébergement, c’est un fait.
Pourtant, le bon sens voudrait qu’on soit au contraire bien plus alerte afin de répondre à leurs problèmes.
De plus, comme l’a souligné le Premier Ministre lui-même, le devoir d’assistance à personne en danger est présent.
Le bon sens pousse à voir la solution d’hébergement forcé comme celle primant.
Néanmoins, et c’est là l’intérêt de cette réflexion, le libre arbitre doit être respecté bien qu’il soit en contradiction avec le bon sens.
Dès lors, que privilégier ? Le bon sens ou le libre arbitre ?
Il faut préciser, si besoin est, que dans un Etat de Droit, nous sommes libre de faire tout ce qui n’est pas interdit.
Evidemment, rien n’interdit à une personne de refuser une aide extérieure, quelque soit les circonstances.
En revanche, l’enjeu ici n’est pas simplement de refouler une décision de l’exécutif, mais bien de défier la mort à travers cette volonté.
Pouvons-nous laisser des personnes (que la société a déjà plus ou moins exclue, ce qui joue sans doute dans leur envie de ne pas être aidée par elle-même) conscientes des risques qu’elles encourent agir ainsi ?
Comme vu précédemment dans « Quand l’Euthanasie devient Droit », nous avons pu conclure qu’accepter la pire des solutions est parfois acceptable, mais ici le problème est bien différent vu les circonstances qui nous sont présentées.
Bref, le problème qui se pose ici comme au Gouvernement est d'arriver a concilier nécessité d'aider avec liberté de choisir.
Après tout, quelle confiance un sans-domicile-fixe peut-il accorder à un régime qui l'a (il peut légitiment le penser) abandonné ?
Même si chaque partie doit donc être satisfaite, force est de constater que le problème n'est peut-être pas celui de trouver une solution adéquate, mais plutôt le fait que cette solution arrivera sans doute trop tard pour les personnes qui seront victimes du froid durant les semaines à venir...
Source :
http://www.lesechos.fr/info/france/4802837-hebergement-fo...
21:15 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sdf, hiver, mort, hébergement
23 novembre 2008
Saison 1 / Episode 5 : Hôtel Zéro Etoile
Il peut sembler bien lointain le problème du confort à l’intérieur d’une prison quand l’on est assis sur son canapé et que l’on ne vit cette situation qu’à travers les images des médias.
Pourquoi donner une quelconque importance aux mauvaises conditions dans lesquelles vivent des loubards et autres criminels ?
Après tout, les détenus ont tous une bonne raison d’être derrière les barreaux, et le comble serait qu’ils soient emprisonnés dans des cellules luxueuses, ce qui donnerait un aspect somme toute ironique à la répression.
Bien que cette remarque soit logique, il n’en reste pas moins que le débat des conditions de vie à l’intérieur des prisons de l’hexagone, a priori insolite, mène à un sujet bien plus primordial : le respect de la dignité humaine.
Nous allons rappeler ici la définition de la Dignité Humaine que donne Le Petit Larousse, à la fois simple et explicite : Respect que mérite quelqu'un ou quelque chose.
S’il y a bien un lieu ou le concept de dignité humaine est mis à mal, c’est à l’intérieur d’une cellule.
Pourtant, passant sur les personnes se trouvant emprisonnées, on peut difficilement concevoir que celles-ci soit dépourvues de « Respect », restant des êtres humains, quelque soit leurs actions antérieures.
Il va donc falloir analyser la Dignité Humaine en ce qu’elle est bien plus qu’une simple expression, un des fondements d’une société se voulant démocratique au possible, tout en jonglant avec le côté nécessairement répressif que sous-entend une détention.
Prison, lieu de répression.
Le milieu carcéral est avant tout destiné à séparer les éléments perturbateurs du reste de la société.
Les détenus y purgent une peine afin de répondre de leurs fautes commises par le passé, ce qui insinue qu’ils sont punis pour leurs agissements, cette punition ayant un caractère à la fois temporel (durée de la peine), matériel (actes possibles limités pour ne garder que le strict nécessaire à la vie du détenu) et psychologique (environnement hostile).
Si les éléments temporel et matériel de la punition sont un minimum en vue de la réhabilitation du prisonnier, l’incidence psychologique d’une détention est un facteur bien plus contesté.
Certains observateurs n’hésitent pas à pointer du doigt le système carcéral en lui-même, un système qui aurait plus d’effets néfastes sur une personne que n’importe quelle autre solution, allant même jusqu’à affirmer que les prisonniers sont plus dangereux après leur sortie de prison qu’au moment de leur entrée.
De ce fait, les critiques ont souvent fusées sur les mauvaises conditions dans lesquelles vivent les détenus, ce qui pourrait toucher leur force psychologique de manière démesurée, achever ce qu’ils leur reste de morale et être réellement mis sur les rails menant à une réintégration réussie dans la société.
Cellules délabrées, surpopulation, mauvaises conditions d’hygiène, ambiance étouffante, humiliations, autant de thèmes présents sur la liste non exhaustive des défectuosités relevées dans le milieu carcéral.
Au-delà de cette vision bien négative de la prison, pouvons-nous légitimer de telles situations ?
Les plus radicaux y trouveront facilement leur compte : criminels, violeurs, récidivistes, dealers, pourquoi leur accorder un semblant d’humanité alors qu’ils ont commis des actions par nature intolérables ?
Après tout, si l’on faisait des concessions aux détenus, ne serait-ce pas le monde à l’envers ?
Ils ont commis une faute, il faut les punir. La cellule est trop petite ? Leur intimité est violée ? Les gardiens de prisons sont trop sévères ?
Dans ce cas ils n’avaient qu’à ne pas faire des actes répréhensibles, tout simplement !
Même armé d’objectivité, il semble difficile de défendre un violeur d’enfants quand il conteste les conditions sanitaires à l’intérieur d’une prison, c’est vrai.
L’étude ainsi faite, nous en revenons donc au tout premier constat : pourquoi s’intéresser aux conditions de détention de personnes que l’on hait dès que leur visage fait la Une de l’actualité ?
Dignité Humaine, concept touché d’Universalité.
Malgré l’aspect choquant que peut avoir ce raisonnement, il faut avant tout rappeler que les détenus sont des êtres humains, dont l’immense majorité se destine à recouvrer la liberté au terme de la durée de détention.
Dans son travail de réinsertion des détenus dans la société, le système carcéral se doit donc de répondre à un minimum de leurs besoins.
Dès lors, force est de constater que ce travail semble délaissé quand l’on s’intéresse un tant soit peu à l’environnement dans lequel évoluent les prisonniers.
Surtout, la Dignité est liée, nous l’avons vu plus haut, au Respect.
Les plus réfractaires auront là aussi matière à critiquer : Pourquoi respecter des criminels ?
Vous l’avez compris, quelque soit l’angle depuis lequel nous essayions d’attaquer ce problème, l’éternel obstacle est toujours présent en ce sentiment de vouloir défendre les indéfendables.
A cela il est néanmoins possible de répondre : nous devons dépasser le stade de « criminel à punir » pour accéder à celui de « humain à améliorer ».
Dans « Le Dilemme Fou », nous avons croisé l’idée paradoxale selon laquelle les personnes faisant preuve de discernement était d’emblée punies, alors que des personnes qui ne comprendront peut-être jamais la portée de leur faute vont se voir offrir une deuxième (troisième ?) chance.
L’utilité de respecter les prisonniers se doit d’être soulignée, tout simplement pour deux raisons :
D’abord, cela fut évoqué précédemment, détériorer leurs conditions déjà bien réduites ne peut qu’avoir des effets négatifs sur eux et plus les conditions de détention seront mauvaises, plus le détenu penchera du côté pervers de la détention, retrouvant sa liberté avec une conscience bien plus « endommagée » que le jour précédant son entrée dans le milieu carcéral.
Ensuite, car nous sommes dans un Etat de Droit, dans LE pays des Droits de l’Homme (bien que cela sonne plus comme un refrain démagogique et patriotique), et que faire si nous traitions encore plus mal des détenus que ne le permet la morale ?
Quel paradoxe de traiter les détenus d’une manière pire qu’eux-mêmes ont traités leur(s) victime(s) ?
Evidemment, cette interrogation volontairement exagérée n’a d’autres buts que de mettre l’accent sur le fond du problème : un système carcéral qui serait plus violent qu’un criminel…
Se poser en défenseur de Droits Universels plutôt qu’en défenseur de prisonnier est donc un élément d’une grande importance afin de mieux cerner l’utilité d’améliorer les conditions de vie à l’intérieur d’une prison, bien que nous ne souhaitons pas non plus donner un confort privilégié à des personnes ayant violées la loi.
Malheureusement, réflexion faite sur la nécessité de se diriger vers un système carcéral amélioré, soyons un instant dans un esprit politique : une telle envie, si envisageable soit-elle, à un coût.
Bien plus que le problème de savoir s’il faut aller dans le sens des détenus, le réel obstacle réside dans le fait de rendre possible ce désir.
Réel intérêt politique ? Piège financier ? Qui voudrait s’occuper d’un tel problème dans le contexte actuel ?
Si, déjà, la question de vouloir est difficile à aborder, la question de pouvoir est bien plus préoccupante.
Nul doute que le débat, déjà récurrent, deviendra, d’ici quelques années, une véritable épine qu’il sera difficile de retirer du pied de cette bonne Marianne.
Sources :
Article
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-prisons-fran...
21:47 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : prison, dignité, droit
20 novembre 2008
Saison 1 / Episode 4 : Quand l'Euthanasie devient Droit
Chantal Sébire.
Aujourd’hui encore, ce nom a une signification particulière pour qui se rappelle cette triste histoire.
Atteinte d’une rare tumeur au visage, cette femme fut défigurée et la souffrance la poussa à demander au Président de la République le Droit de mourir.
Les médias s’emparèrent de cette affaire et n’hésitèrent pas à en faire le sujet principal des journaux télévisés, allant même jusqu’à diffuser des images de la malheureuse à 20h, très choquantes et qui auraient pu remettre en cause la réelle sincérité des médias quant à leur volonté de mettre en avant la maladie de Madame Sébire.
Son calvaire se termina finalement le 19 mars 2008.
Elle décéda dans des circonstances mystérieuses, après que l’opinion publique ait eu le temps de prendre partie sur la question du droit de mourir dans la dignité.
La semaine dernière, un palier a été franchi, de l’autre côté des Alpes.
La Cour de Cassation italienne a rendue une décision qui fait déjà polémique, une jurisprudence qui risque de faire couler beaucoup d’encre.
En effet, elle vient de donner raison à un père qui voulait faire arrêter l’alimentation artificielle de sa fille, dans le coma depuis 1992 après un accident de voiture.
Le débat sur l’euthanasie fait partie de ceux qui reviennent régulièrement sur le devant de la scène.
Vincent Humbert en 2003, qui avait lancé la fameuse formule « Je demande le Droit de mourir », Christine Malèvre en 2005, infirmière qui sera condamnée pour pratique de l’euthanasie, et donc Chantal Sébire en 2008, sont les cas les plus récents et les plus médiatiques.
Qu’est-ce que l’euthanasie ?
Selon Le Petit Larousse, l'euthanasie est une pratique visant à provoquer la mort d'un individu atteint d'une maladie incurable qui lui inflige des souffrances morales et/ou physiques intolérables, particulièrement par un médecin ou sous son contrôle.
La Cour de Cassation italienne s’est attiré les foudres de l’Eglise en rendant cette décision, mais nous n’évoquerons pas aujourd’hui la relation Euthanasie/Religion, plutôt la relation Euthanasie/Ethique.
Le Droit a donc donné son aval au père pour qu’il mette un terme à la vie de sa propre fille.
Afin de nous pencher de manière efficace sur l’Euthanasie, nous allons partir de la phrase de la définition de l’euthanasie et la scinder en deux, afin de confronter chaque partie au sens de l’éthique.
Evidemment, les débats sur l’euthanasie sont éternels, nous nous efforcerons simplement de nous approcher de ce qui pourrait être un semblant de Vérité.
« Une pratique visant à provoquer la mort d'un individu […] par un médecin ou sous son contrôle »
Nous ne pourrons pas facilement nous séparer de la substance même de l’euthanasie : la Mort.
Principal argument des anti-euthanasies, point sur lequel les pro-euthanasies se doivent de bien savoir répliquer, l’euthanasie c’est avant tout donner la mort à un être humain.
De quel droit pourrait-on donner la mort à une personne ?
La peine de mort est abolie depuis 1981 en France. Bien que certains remettent en cause cet acquis, les faits divers de notre temps, de plus en plus horribles ne nous le cachons pas, inondant les médias et les poussant à vouloir mener à la potence chaque personne vue à l’écran.
Pouvons-nous légitimer le fait de « laisser mourir » des êtres humains alors que l’une des caractéristiques de notre République est dorénavant de dénoncer la peine de mort.
Bien sûr, et là est la réponse, nous ne traitons pas de la même « Mort ».
L’euthanasie traite des personnes qui sont dans un état de maladie incurable, comme nous le verrons plus tard, alors que la peine de mort s’intéresse aux personnes ayant commis des crimes.
Néanmoins, au-delà de cette différenciation, le résultat est le même, alors comment peut-on considérer comme acceptable le fait de donner la mort à une personne ?
Décider de la mort de quelqu’un est-il un Droit que l’on peut légitimer ?
A première vue, non, jamais nous ne pourrons justifier de la mort d’une personne n’ayant jamais commis d’actes graves dans sa vie.
Enlever la vie à une personne est un Droit que l’Homme ne peut détenir, quelque soit sa position (médecin, Président, proche), sinon chaque crime trouverait des motivations telles que les criminels seraient tous en liberté.
Pourtant, et c’est là la particularité, enlever la vie dans le cadre de l’euthanasie est perçu d’une façon plus qu’originale par la personne agissant ainsi : elle le fait pour rendre service à la personne agonisante.
C’est ainsi que nous constatons que, par la pire des actions, une personne cherche justement le contraire, effectuer la meilleure chose pour la personne souffrante.
Tout l’ambigüité de la notion est ici : il semble alors que l’on puisse légitimer le pire des actes car c’est tout simplement dans l’intérêt de la personne, une personne qui, elle-même, a accepté de s’éteindre pour mettre fin à son calvaire.
Peut-on excuser les personnes faisant acte d’euthanasie ? Ce ne sont pas de vraies criminelles, malgré le fait qu’elles enlèvent une vie.
Ici, il convient donc de faire un rappel à la notion d’intention que nous avons croisé dans l’article « Le Dilemme Fou », afin de différencier clairement criminel et personne « aidant à mourir » :
La personne aidant à mourir ne veut pas tuer pour tuer, non, elle veut soulager les souffrances extrêmes auxquelles une personne est soumise.
Bien que cela soit difficile à concevoir, la Mort est la seule solution envisageable et elle outrepasse son raisonnement afin d’aider à mourir.
Plus que de simples actrices de la Mort de la personne, les personnes pratiquant l’euthanasie se « sacrifient » pourrait-on dire : elles connaissent les enjeux d’un tel acte, mais elles le font tout de même, dans l’intérêt de la personne.
Le criminel, lui, n’agit évidemment pas dans l’intérêt de sa victime. Quelque soit sa motivation, ce n’est surtout pas par compassion qu’il va donner la Mort à la personne.
De ce fait, autant le résultat est le même (le décès d’une personne), autant les raisons sont différentes, et on ne peut donc pas mettre sur un pied d’égalité criminel et personne pratiquant l’euthanasie, alors que c’est le rapprochement le plus souvent effectué par les anti-euthanasie, leur principal argument contre cette pratique.
Le père d'Eluana
« la mort d'un individu atteint d'une maladie incurable qui lui inflige des souffrances morales et/ou physiques intolérables »
Nous pouvons donc continuer maintenant sur les raisons d’un tel acte.
La compassion, la pitié, autant de sentiments qui poussent à commettre l’irréparable.
En effet, les personnes potentiellement victimes d’euthanasie sont des personnes dont la situation est extrême, que ce soit sur un plan physique ou psychologique.
Malheureusement, la considération d’une « maladie incurable » est bien subjective et dépend de la personne voulant aider l’autre à mourir : à partir de quel moment peut-on dire qu’une maladie est « incurable » ?
Evidemment, la science fait son entrée ici car c’est la médecine qui permet de faire des analyses poussées permettant de déterminer les chances d’amélioration de l’état de la personne.
Mais il n’est pas fait état d’une liste de « maladies incurables » et il faut donc procéder au cas par cas.
Les situations de coma profond sont les cas les plus rencontrés, avec ceux des personnes atteintes d’un fort handicap.
Le désespoir compréhensif des familles des victimes accentue cela : la situation est mentalement horrible à vivre, pour les proches comme pour la personne concernée quand elle est consciente.
Alors, un contexte si extrême légitime-t-il l’impensable ?
La plus grande contradiction inimaginable prend donc forme sous nos yeux : accepter l’idée de pouvoir mourir pour ne plus souffrir.
L’éthique est donc mise à mal ici, car si elle se base sur le bon sens en premier lieu, comment pourrait-elle alors accepter de laisser souffrir des êtres humains ?
Mais l’éthique qui accepterait que l’on « tue » des gens, ne serait-ce pas un comble d’autant plus choquant ?
Source :
Article
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/euthanasie-en-it...
14:19 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : euthanasie, mort, italie, droit
15 novembre 2008
Saison 1 / Episode 3 : Le Dilemme Fou
Un schizophrène qui s’évade d’un hôpital psychiatrique et va s’acheter un couteau avant d’aller poignarder mortellement un étudiant de 26 ans, voici le triste scénario qui s’est déroulé à Grenoble et qui a fait la Une de l’actualité cette semaine.
Les médias ce sont bien vite emparés de cette information pour relancer le débat épineux de la responsabilité des personnes déséquilibrées.
Il faut avouer qu’un tel fait laisse perplexe.
Néanmoins, malgré la proximité des faits, nous devrons mettre l’émotion de côté afin de ne pas faire preuve d’un jugement faussé.
Alors, comment réagir face à un tel acte ? Comment considérer les personnes déséquilibrées mentalement ? Devons-nous privilégier la prévention en les coupant définitivement du monde extérieur, ou devons-nous mettre en avant la répression en continuant de faire opérer le système actuel mais en les punissant justement en cas de faute ?
La réflexion est ici de mise car il va falloir à la fois jongler avec nécessité et besoin, logique et éthique, Droit d’être un citoyen libre et Droit d’être un citoyen protégé.
Malade mental : Sujet à part ?
Nous n’évoquerons que rapidement la considération d’une personne déséquilibrée par le Droit, civil comme pénal, pour rester dans l’objectivité la plus juste, l’éthique étant primordiale dans un tel cas.
Tout d’abord, le malade mental est « différent » d’une personne normale en ce qu’il n’est pas doté, selon le Droit Pénal comme le Droit Civil, de discernement.
Discernement ?
Le discernement est la faculté de reconnaître distinctement en faisant un effort des sens (vue, ouïe,...) ou de l'esprit, ou de tous ces éléments conjugués.
Ainsi, le malade mental ne distingue pas l’aspect des choses, il ne peut distinguer les bonnes actions des mauvaises, il ne différencie tout simplement pas le bon du mauvais, et c’est là que l’importance de la notion de discernement prend tout son sens : Comment pourrions-nous mettre sur un pied d’égalité une personne comprenant la portée de ses actions et une personne totalement détachée d’un minimum de raisonnement ?
Dès lors, une nette différence apparaît déjà, et elle va grandement influer sur le reste de la réflexion.
Comme l’on dit, « à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles » et il va sans dire que c’est un moindre mal dans la présente étude.
Rappelons que l’homme ayant poignardé l’étudiant n’en est pas à son coup d’essai : il avait déjà agi de la même sorte trois fois auparavant.
Pourquoi ne pas l’avoir enfermé pour toujours dès sa première faute me direz-vous ?
La réponse est prévisible : car c’est un malade mental, il n’a pas la faculté de raisonnement suffisante, et donc on ne peut le punir comme une personne qui aurait fait délibérément le même geste tout en en ayant bien conscience.
Le débat se situe ici.
Pourquoi ne pas considérer légalement de la même sorte personne capable de discernement et personne déséquilibrée ?

La personne équilibrée fera elle la faute en sachant que c’est une erreur, qu’elle n’a pas à le faire. Elle a conscience de sa faute avant même de l’avoir effectuée, et ainsi la volonté d’agir la condamne naturellement : elle a agi en son âme et conscience, aurait pu être raisonnable et éviter cela, mais non.
Elle est sanctionnée pénalement, dans le cas d’une tentative de meurtre comme ici par exemple.
Le déséquilibré, lui, ne prend conscience de sa faute qu’après avoir mal agi, et ce dans le meilleur des cas, sinon il agira et quelques heures plus tard il aura déjà oublié son erreur.
Il n’a pas forcément eu la volonté d’agir ainsi, mais il a agi tout de même, ne pensant pas aux conséquences que cela entraînerait.
La personne est placée en hôpital psychiatrique où elle va subir un traitement afin de pouvoir être réintégrée dans la Société.
Si dans les deux hypothèses la conséquence de la faute est un décès, autant la personne étant capable de discernement risque la peine capitale, autant la personne déséquilibrée suivra un programme psychologique afin de ne plus agir ainsi.
Certains l’auront peut-être déjà compris, il y a une énorme contradiction rien que dans la considération du discernement : on punit définitivement, c’est-à-dire à vie, une personne ayant compris qu’elle avait fait une erreur dans un cas, et on va donner une seconde chance, une possibilité de vivre à nouveau en société, à une personne qui ne comprendra peut-être jamais qu’elle a fait quelque chose de mal !
Sous cet aspect, l’émotion semble donc avoir raison, sans besoin de raisonnement : l’injustice est faite qu’un déficient mental puisse s’en tirer malgré l’horreur de ces actions, alors qu’une personne « psychologiquement supérieure » traînera tout au long de sa vie, comme un boulet, son erreur.
Malade mental : Citoyen avant tout.
L’accent doit dès lors être mis sur la finalité des hôpitaux psychiatriques.
Des « prisons pour malades » ? Pas sûr.
Les hôpitaux psychiatriques, bien qu’ils se doivent de contenir certains éléments écartés de la société, se doivent aussi de rendre possible la réintégration en société de l’individu et pour cela toutes les solutions sont envisageables, notamment, lorsque l’état de la personne le permet évidemment, des permissions de sortie pour aller faire un tour en ville.
Le Professeur Cornier, Chef de Service de l'hôpital psychiatrique de Saint-EgrèveLe Monde à l’envers ? Du moins ça y ressemble : Une personne potentiellement dangereuse sans qu’elle-même ne puisse s’en rendre compte mise en liberté dans une ville !
Précisons ici que le déséquilibré de 56 ans avait beau s’être évadé de l’hôpital psychiatrique, il faisait l’objet de permission comme tout autre « patient », alors que son lourd passé était connu de l’établissement.
Devons-nous craindre pour notre propre sécurité ?
Cela relèverait de la paranoïa de répondre ici par l'affirmative. En effet, il aura, malheureusement, fallu attendre un tel drame pour que les lumières des médias pointent cette situation.
Néanmoins, force est de constater que d'autres agressions du même genre ne sont pas monnaie courante, et donc la paranoïa, si facile à faire naître en chacun, se doit d'être écartée.
Alors, serait-ce la paranoïa qui ait poussée l'opinion publique à relancer le débat de la responsabilité des incapables majeurs ?
Il y a fort à penser que oui.
D'un autre côté, il est nécessaire de souligner que le système fait état ici d'une faille bien embarrassante, car si la volonté est aujourd'hui, logiquement, d'accentuer la prévention en modifiant le système d’encadrement des malades mentaux, cette volonté ne suffira peut-être pas pour trouver une meilleure solution, une solution alliant liberté des incapables et protections des citoyens étant un véritable défi qui est loin d’être relevé à l’heure actuelle.
Bref, on ne peut donc qu'être un semblant fataliste après ce fait divers, même si, rappelons-le, le malade mental s'était échappé et on ne peut ainsi généraliser la crainte d'un tel acte à tous les incapables majeurs, ce serait remettre en cause l'efficacité même du système judiciaire.
De ce fait, le système présent s’apparente plutôt à la « moins pire des solutions », n'étant pas la meilleure, mais étant la plus adéquate afin de contenter chaque partie.
Un système à améliorer ? Oui, indéniablement.
Un système à bannir ? Non, tout simplement car il n'y a pas de meilleur système au jour d'aujourd'hui...
Alors, sur la responsabilité des malades mentaux, celle-ci ne peut être modifiée, sinon nous tomberions dans un système de pure répression, dénudée de toute notion d'humanisme envers ces personnes qu'il faut avant tout aider, avant de réprimer.
Mais le système encadrant ces personnes pourrait, lui, atteindre ses limites prochainement, et le besoin de l'améliorer ne s'est peut-être jamais fait autant ressentir.
Sources :
Une ancienne victime du malade mental raconte
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hyKq0w...
Un malade mental tue sa mère lors d’une permission
http://www.dna.fr/articles/200710/08/malade-mental-il-tue...
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11 novembre 2008
Saison 1 / Episode 2 : Les Commémorations dans le Collimateur
En ce lendemain de célébration de l’Armistice de la Première Guerre Mondiale, les faisceaux de l’actualité se tournent vers les célébrations que nous avons pour habitude de fêter chaque année.
En effet, l’historien André Kaspi est sur le point de rendre au secrétaire d’Etat aux anciens combattants, Jean-Marie Bockel, un rapport sur les commémorations, dénonçant la multitude des célébrations mémorielles.
Y a-t-il aujourd’hui trop de commémorations, de force qu’elles perdent leur portée symbolique, ou alors devons-nous leur accorder à chacune la même importance ?
Il serait mal vu de faire une distinction entre chaque date, afin de vérifier quelles sont les dates les plus importantes.
Pourtant, la principale idée de Monsieur Kaspi réside dans la conservation de seulement trois dates, plus précisément celle du 8 mai (Victoire des alliés sur les nazis en 1945), du 11 novembre (Armistice de 1918) et du 14 juillet (Prise de la Bastille, symbole de la Révolution Française de 1789).
Il y a actuellement douze journées de commémoration par an, mais là où le bas blesse, selon André Kaspi, c’est que six de ces journées ont été instaurée en seulement six ans, sur initiative du Président de l’époque Jacques Chirac : la célébration de l'abolition de l'esclavage (10 mai), l'hommage aux morts de la guerre d'Indochine (8 juin), l'appel du général de Gaulle du 18 juin 1940, l'hommage aux Justes de France (16 juillet), aux harkis (25 septembre) et aux morts de la guerre d'Algérie (5 décembre).
Alors, trop de commémoration tue la commémoration ?

Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la défense et aux anciens combattants
On ne peut que rappeler la riche histoire de France, marquée grandement par les deux guerres mondiales et les conflits internationaux qui s’en suivirent.
La logique veut évidemment que l’on se rappelle de ces principaux évènements, tous ayant contribué à la vie de notre patrie.
Sur quelles bases pourrions-nous justifier la sélection d’évènements plutôt que d’autres ?
Considérant que nous avons tous connus des moments marquant à un instant ou à un autre de notre vie, serions-nous enclin à en préférer certains plutôt que d’autres, bien que l’émotion ressentie pour chacun soit d’une même intensité ?
Le rapport d’André Kaspi pose le débat de la sélection apparemment impossible d’un nombre limité de dates commémoratives. Il convient donc de s’intéresser à cette idée.
La commémoration comme Devoir de Mémoire.
Le facteur mémoriel est le plus conséquent en ce qu’il est la substance même d’une commémoration : se souvenir.
Oui, se souvenir car si la France est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est grâce à ces évènements historiques qui sont mis en avant lors des célébrations commémoratives.
Aujourd’hui 11 novembre, cette célébration est encore plus forte car c’est aussi la première fois que l’on effectue notre devoir de mémoire sans un des acteurs directs de la « Der des Ders » puisque le dernier Poilu, Lazare Ponticelli, nous a quitté le 12 mars 2008 à l’âge de
110 ans.
Le devoir de mémoire n’aura donc jamais eu autant de signification que cette année, le souvenir de la Guerre de 1914-1918 devant être entretenu est transmis aux générations futures, afin de ne pas tomber dans l’oubli.
Aussi fondamentale, la Victoire des alliés sur les nazis, en date du 8 mai 1945, doit elle aussi faire l’objet de cet hommage si particulier.
On ne peut évidemment pas remettre en cause la date du 14 juillet 1789, jour de la Prise de la Bastille, liée pour toujours à la Révolution Française (qui se terminera dix ans plus tard, ne l’oublions pas) qui mènera à l’instauration progressive de la République en France.
Notons ici que ces trois dates sont les seules que voudraient conserver André Kaspi.

Qu’en-est-il alors des autres dates ?
Celles pointées du doigt par Monsieur Kaspi sont surtout celles dont l’instigateur fut Jacques Chirac, entre 2000 et 2006 :
La première, celle de l’abolition de l’esclavage (10 mai) rappelle le Décret de Victor Schœlcher concernant la fin de l’esclavagisme dans les Colonies.
Ironiquement, la lutte contre l’esclavage fut aussi le principal argument des puissances coloniales pour pénétrer en Afrique…
Réduire l’importance de cette commémoration pourrait s’apparenter à une véritable maladresse, autant éthique que technique, dans un pays comme la France où l’on compte plus de 4,5 millions de noirs, principales victimes de l’esclavagisme, et à peine une semaine après le sacre de Barack Obama dans l’un des pays ayant pratiqué le plus l’esclavagisme durant son histoire.
L’hommage aux morts de la Guerre d’Indochine (8 juin) permet de revenir sur la défaite de Diên Biên Phu, en 1954, en célébrant les soldats décédés à cette occasion ainsi que durant le conflit face au Viêt Minh d’ Hô Chí Minh, conflit qui aura d’ailleurs été très impopulaire en France.
Nous pouvons y rattacher, dans le même domaine, l’hommage aux morts de la guerre d'Algérie (5 décembre).
L’appel du général de Gaulle du 18 juin 1940, point de départ de la résistance durant l’occupation allemande, a ainsi une portée symbolique unique. Surtout, cette date est à lier à celle du 8 mai 1945 en ce qu’elle traite du même sujet qu’est la deuxième guerre mondiale.
Soulignons ici que le rôle des résistants dans la victoire de 1945 n’est aujourd’hui plus à démontrer et pourrions-nous donc conserver la célébration du 8 mai 1945 tout en mettant de côté la date de naissance de la révolte française ayant grandement participé à la défaite du nazisme ?
Enfin, l’hommage aux Justes de France (16 juillet) et aux harkis (25 septembre).
Les justes de France sont, selon la définition du terme, ceux ayant procurés, au risque conscient de leur vie ou de leur intégrité corporelle, spontanément et sans espoir de contrepartie, une aide véritable à une personne se trouvant en situation de danger ou de péril immédiat.
Cela fait échos aux personnes ayant aidés des juifs durant, encore une fois, la deuxième guerre mondiale.
Quant aux harkis, ce sont les soldats musulmans engagés aux côtés de l’armée française durant la Guerre d’Algérie (1954-1962).
De nouveau, ces dates permettent le souvenir de périodes primordiales pour la France, même si elles visent une minorité.
Vous l’aurez compris, ces six célébrations sont essentielles, que ce soit pour les personnes concernées en premier lieu comme pour la France, faisant référence à des épisodes marquants de son histoire.
Néanmoins, après avoir fait un constat des six évènements, certains se rapportant donc à de mêmes périodes (seconde guerre mondiale par exemple), pourrions-nous rationaliser le nombre de commémorations, comme le désire Monsieur André Kaspi ?
Le Désir de Rationalisation.
Au-delà de l'aspect controversé de l'idée de ne garder que trois dates clés, il convient de faire état d'un possible manque de lisibilité en cas de multitude de commémorations, sans oublier une possible désacralisation du concept, par le biais d'une banalisation.
Quelles solutions adopter ? L'intention de réduire le nombre de commémorations est louable, mais encore faut-il ne pas oublier certaines d'entre elles.
Vous l'avez peut-être entendu ces jours-ci, la date du 9 mai comme nouvelle journée de commémoration est envisageable.
Le 9 mai 1950, c'est le jour où Robert Schuman et Jean Monnet ont jetés les bases de l'Union Européenne, date toujours considérée comme la naissance de l'UE. Aujourd'hui, elle est dite "Journée de l'Europe".
Ajouter une nouvelle date de commémoration pour en supprimer d'autres ?
C'est en tout cas une des éventualités.
Reste à savoir si la date du 9 mai pourra allier commémoration à portée nationale comme européenne.
Nul doute que si ce rapport a vocation à amener de réels changements en réduisant le nombre de commémorations, la solution pour contenter toutes les minorités concernées par les célébrations habituelles va devoir faire preuve d'ingéniosité.
Sources :
Lazare Ponticelli
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lazare_Ponticelli
Les noirs en France
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_jeune_afrique.asp?art_cle=LIN01047com
bislitno0
L’immigration et la France
http://fr.wikipedia.org/wiki/Immigration_en_France#Donn.C3.A9es_statistiques_sur_l.E2.80.
99immigration
L’abolition de l’esclavage
http://fr.wikipedia.org/wiki/Abolition_de_l%27esclavage#M...
9 mai 1950
http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19500509
23:45 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : commémoration, hommage, ponticelli
09 novembre 2008
Saison 1 / Episode 1 : Yes, He Can ?

Cette semaine, le Monde entier avait les yeux tournés vers les Etats-Unis, vers Chicago plus particulièrement.
Une campagne de 21 mois, plus d’1,5 milliard de dollars dépensés par les deux candidats, un taux de participation électoral record, un enjeu historique, et un scénario digne d’un film hollywoodien, cette nuit du 4 Novembre restera longtemps dans les mémoires comme le jour où les Etats-Unis ont écrit une nouvelle page de leur histoire.
Barack Obama, tout ce résume à ce nom.
Enfant né d’un père kényan et d’une mère américaine, il grandit aux USA alors que la ségrégation est encore de mise dans le pays où tout est possible.
Nous n’allons pas nous intéresser de plus près à la personnalité de Barack Obama, son histoire, car à moins que vous n’ayez vécu tel un ermite durant ces deux dernières années, vous le connaissez tous.
La belle histoire à donc eu lieue.
A 47 ans, il est devenu le premier « Président Noir » des Etats-Unis, comme le clament depuis bientôt une semaine tous les médias du monde entier, comme s’il y avait une catégorie « Président Blanc ».
Il bat John McCain et sa colistière Sarah Palin avec un net avantage de grands électeurs en sa faveur (le seul résultat comptant lors des élections américaines, faut-il le rappeler).
L’émotion était au rendez-vous cette semaine aux US et le monde politique à salué, d’une même voix, cette victoire historique, que ce soit en Iran comme au Royaume-Uni.
Evidemment, le contexte fait que nous voyons en cette élection un grand symbole d’Espoir, mot reprit régulièrement par Obama lui-même durant sa Campagne, et encore dans son discours de Victoire :
Nous sortons d’une présidence Bush de 8 ans qui aura sans doute été l’une des plus controversées de l’histoire américaine, et ce dès son élection (un mois passé à recompter les bulletins de vote en Floride, Etat où le Gouverneur n’est autre que le frère de W., pour finalement gagner l’élection 2000 grâce à cet état), durant son mandat (11 septembre prévisible, Guerre en Irak) et enfin à quelques semaines de son départ de la Maison Blanche (crise économique, Guerre en Irak toujours non-terminée d’un point de vue technique), ce qui donnait encore plus de difficultés à McCain qui, en tant que Républicain comme l’actuel Président, se devait d’être à la fois détaché du bilan très critiquable de son potentiel prédécesseur tout en gardant dans son camp les électeurs de son parti.
Le nouveau Président se retrouve donc face à un virage très serré qu’il va devoir négocier du mieux possible s’il veut éviter d’enfoncer un peu plus sa patrie dans la crise.

Alors pourquoi pas un Président « différent » ?
Un démocrate ? Oui, bien sûr. Un démocrate qui serait en totale contradiction avec le Président de ces huit dernières années ? Ca semble logique. Pourquoi pas un Président de couleur ? Oui, pourquoi pas.
Et voilà Barack Obama aujourd’hui à la porte de la Maison Blanche, prêt à relever le défi et ayant la majorité de l’opinion publique mondiale prête à l’encourager à défaut de pouvoir l’aider littéralement, pour améliorer et la situation aux US, et la situation dans le Monde.
Moi-même très enthousiaste à l’idée d’avoir un Président tel que Barack Obama à la tête des Etats-Unis, conscient du message que cela renvoie au monde entier, il n’en reste qu’il faut aller au-delà de ce que nous pensons et analyser plus objectivement les capacités de Barack Obama à diriger, dès le 20 janvier 2009, la première puissance mondiale, car oui, il n’est pas inutile de rappeler ici que nombreux sont ceux qui ont votés pour Obama avant tout parce qu’il est noir et que l’aspect symbolique était donc plus fort que tout, reléguant malheureusement son programme au second plan.
Il convient donc de voir les points clés du programme d’Obama.
En matière économique, le protectionnisme semble de retour. Principal exemple : il a appelé explicitement à la renégociation de l’ALENA, une très mauvaise nouvelle pour les voisins mexicains et canadiens concernés en premier lieu.
Pour lui, sa mission est de rééquilibrer l’économie, ce qui va sans doute amener des décisions présidentielles d’un autre genre, amenant les américains à faire plus d’efforts, même si la volonté de baisser les impôts (argument revenant sans cesse à chaque élection, quelque soit le pays occidental concerné) est présente chez le futur Président.
Sur le plan de la Diplomatie, il souhaite un partenariat plus étroit avec l’Europe, ce qui pourrait être mal vu par les américains eux-mêmes. Sur la question des relations avec les dirigeants de pays où le discours américain passe mal, il est ouvert au dialogue, mais aucun point explicite quant à la lutte anti-terroriste, bien que qu’Al Qaeda soit nécessairement une des cibles du futur Gouvernement.
On peut penser qu’Obama sera le Président modèle qui ne fera pas de Guerre à la manière d’un W., cherchant prétextes et autres motivations pour aller là où il y a du pétrole, mais il n’exclut pas lui-même l’option militaire à l’encontre de l’Iran, si les négociations avec ce pays avortent.
Sur le problème irakien, il promet un rapatriement des troupes d’Irak d’ici deux ans. Le tout est de savoir si en deux ans les forces américaines en présence auront le temps d’instaurer un régime stable, de manière à ne pas délaisser le territoire occupé et sans réel pouvoir sur lequel s’appuyer.
La vente d’armes aux USA choque souvent les démocraties occidentales. Obama vise un « encadrement » des ventes d’armes, reste à savoir ce que cela sous-entend.
Enfin, une vidéo diffusée récemment revient sur différentes déclarations d’Obama, pour le moins explicites et un peu surprenantes.
Après, on peut considérer que les paroles étaient orientées et saupoudrées de démagogie à l’occasion de Meetings dans des Etats pro-Républicains, ce qui serait compréhensible.
(C’est un extrait du Zapping, ce qui nous intéresse est le tout premier extrait, à l’origine vu sur LCI) http://www.dailymotion.com/search/zapping/video/x7c7vu_za...
Obama Président, Noir.
L’arbre qui cache la forêt ? L’élection est-elle faussée par la couleur de peau du candidat démocrate ? Avons-nous affaire à de la « Discrimination positive » comme en France récemment ?
Bien sûr, la force de cette élection reste immense, mais ne faudrait-il pas espérer, sur un pur plan politique, que l’élection d’Obama ne soit pas, seulement, une question de couleur ?
Mêmes les médias semblent s’y perdre. Il suffit de regarder les reportages diffusés depuis quelques jours : tous axés sur la communauté noire.
Il aura fallu la première conférence du futur Président, s’intéressant à la crise financière, pour que les médias lient l’élection aux futurs enjeux politiques.
Les détracteurs les plus farouches du candidat démocrate ont mis l’accent sur sa trop grande jeunesse, et surtout son manque d’expérience.
Même les partisans d’Obama se doivent d’admettre que les 3 ans passés au Sénat depuis 2004 comme préliminaires à l’accession au bureau ovale, c’est un peu léger comme CV…
De l’autre côté McCain, dont l’aspect « Héro de Guerre » fut sans cesse mis en avant, est député républicain de l’Arizona depuis 1982, quand Barack Obama n’était encore qu’un étudiant.
Cela peut aussi avoir réussi à Obama car la vieillesse (et l’ancien cancer de la peau) de McCain était un argument de poids en cas d’attaque sur son âge (25 ans de moins que le républicain tout de même).
Ainsi, il semble bien qu’avant d’avoir élu un programme, les américains ont avant tout élu un homme, ce qui est typique de la sociologie politique d’aujourd’hui qui veut qu’on se rassemble plus derrière une personnalité qu’un programme.
Obama, Président Noir.
Le charisme du nouveau Président est impressionnant.
Les républicains l’auront maintes fois comparé à une star de cinéma, mais même si son histoire semble sortir tout droit d’Hollywood, il ne doit pas être réduit à cette première impression.
Les larmes du révérend Jesse Jackson lors de l’annonce des résultats de l’élection en disent long sur l’avancée effectuée par l’Amérique en un peu moins de 50 ans, quant à la considération des noirs dans la société américaine.
Martin Luther King lui-même aurait été fier de vivre ce moment, dixit sa propre fille, et cela est bien vrai.
Qui aurait pu croire, dans les années 1960, qu’un Noir remporterait l’élection présidentielle américaine moins d’un demi-siècle plus tard ?
Certains spécialistes ne s’y sont pas trompés en qualifiant le 4 novembre de « 11 septembre à l’envers » : l’Amérique est redevenue ce pays admirable où tout est possible, où finalement chaque personne peut se faire une place au soleil.
Les autres pays occidentaux en prennent de la graine, le débat s’installant déjà en France de la possible présidence donné à un français aux origines étrangères.
Néanmoins, même si 80% des français sont favorables à un Président de la République noir, seulement 58% envisageraient de voter pour un candidat aux origines maghrébines, ce qui montre que ce sondage n’est qu’exclusivement influencé par ce qui s’est passé de l’autre côté de l’Atlantique.
Vous l’aurez compris, le message d’Espoir à tirer des élections américaines est d’une importance fondamentale, mais il n’en reste que la véritable partie intéressante commencera le 20 janvier 2009, jour où Barack Obama foulera officiellement la Maison Blanche en tant que maître des lieux et dont les décisions, axées sur un programme politique qu’il conviendra de remettre au goût du jour pour que la plupart des américains sachent pour quoi ils ont votés, auront, je l’espère sincèrement, un réel impact sur le Monde, aussi fort que ce que nous avons vécu mercredi dernier, à 5h du matin.
Sources :
Comparaison des programmes de Barack Obamam et John McCain
http://www.lemonde.fr/web/vi/0,47-0@2-829254,54-1087895,0.html
Victoire d’Obama, mauvaise nouvelle pour les homosexuels californiens
http://fr.news.yahoo.com/64/20081106/twl-la-californie-bannit-le-mariage-homo-acb1c83.html
Le protectionnisme d’Obama
http://www.challenges.fr/actualites/monde/20081107.CHA8264/le_protectionnisme_dobama_estil_inquietant.html
Interview du Révérend Jesse Jackson
http://www.parismatch.com/parismatch/Dans-l-oeil-de-match/Reportages/Jesse-Jackson-Cette-election-signifie-la-fin-des-barrieres-et-pas-seulement-pour-les-Noirs/(gid)/56232
Un Président noir en France ?
http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-11/07/content_756777.htm
17:52 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : obama, usa, elections, présidentielles, politique
08 novembre 2008
Episode 0 : Une Nouvelle Pierre apportée à l'Edifice de la Liberté d'Expression
« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »
Voltaire, 6 février 1770
La Liberté d'Expression est-elle un Droit Sacré ?
La plupart d'entre vous vont se demander de quel droit un misérable étudiant originaire d'Auvergne se permet-il de lancer une telle question rhétorique ? Comment ose-t-il poser une question concernant la Liberté d'Expression ?? Par quel sacrilège la toile gigantesque d'internet laisse-t-elle la possibilité à un gamin de remettre en cause ce principe si vital ???
Tout simplement car j'ai un Droit, le Droit de m'exprimer librement, et je vais user de ce Droit autant que je le voudrai... et oui.
L'idée de créer un blog n'est pas neuve, et je m'y mets à mon tour car l'envie de partager des opinions se fait de plus en plus ressentir.
L'effet de mode a joué, évidemment, car si l'on s'y intéresse c'est justement parce qu'on en parle autour de nous.
Je ne prétends évidemment pas prêcher la bonne parole, loin de là, je désire seulement avoir un avis critique sur chaque bribe d’information qui nous est donnée.
Ainsi, moi, Pierre Machado, 20 ans, étudiant en Troisième Année de Droit, j’inaugure mon blog nommé « Tout est dit », blog traitant de l’actualité de tous les jours, mais d’un point de vue à la fois personnel et objectif (je m’y efforcerai grandement).
La réflexion est un outil qui mérite d’être perpétuellement en évolution, sans arrêt en marche, afin non pas de pouvoir atteindre la Vérité parfaite, mais essayer de s’en rapprocher autant que possible, la Réflexion Ultime, quelque soit le sujet, étant sans doute impossible à saisir, tant la réflexion elle-même amène de nouvelles questions à chaque fois qu’une réponse semble être trouver.
Ainsi, chers internautes, essayions de nous poser les bonnes questions, essayions de rester objectif quelque soit l’information qui nous soit donnée, essayions d’aller au-delà du simple raisonnement émotionnel, bien souvent un leurre qui nous paraît pourtant si évident.
Et la liberté d’expression est à lier à cette réflexion, car nous devons sans doute faire abstraction de toute idée préconçue afin de voir plus loin, voir plus loin que nous le voulons.
Mais la liberté d’expression est-elle un acquis ?
Pour réellement comprendre si la réflexion est à portée de main, on doit déjà savoir si cette réflexion aura de possibles limites à ne pas franchir, donc si la liberté d’expression sera sans limite ou s’il y aura des idées à bannir, et ainsi vérifier si la réflexion atteindra une ligne jaune qui ne devra être dépassé.
Il n’y a aucun doute que la liberté d’expression est un concept nécessaire dans le monde d’aujourd’hui, étant notamment l’une des caractéristiques de la Démocratie : Si je ne suis pas d’accord avec vous, je vous le ferai savoir, mais je respecterai tout de même votre point de vue car la valeur de votre idée est égale à la mienne.
Que ce soit sur un plan politique, religieux, idéologique, tous les points de vue méritent le même intérêt, c’est un fait.
Pourtant, comme l’ont montré certains évènements récents, l’encadrement de la libre expression semble nécessaire, ce qui paraît alors contradictoire avec la nature même du concept.

Souvenez-vous, fin octobre un clip du groupe de rap « Dangereux Armés Redoutables » est censuré après avoir été mis en ligne sur le site Dailymotion.
Le groupe vise explicitement les policiers, le décor des banlieues y est mis en avant.
Certaines paroles sont sans appel : "Rien à foutre, impulsif j'ai de la haine. De la haine sortie tout droit des HLM. J'ai l'instinct criminel. (...) en cas d'embrouille, aucune trouille, je saigne un flic, ça finira dans un cercueil..."
L’opinion publique ne sera que passablement touchée par cette affaire, le clip ayant été enlevé de la toile et les poursuites judiciaires contre les membres du groupe étant engagées (du moins désirées par la principale intéressée, la Ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie), on n’en parle déjà plus dans les médias.
Au-delà de la violence des propos, il en découle un constat : la moindre attaque envers le corps policier est immédiatement sanctionnée.
Évidemment, nombreux sont les faits dénigrant les forces de police et qui ne sont néanmoins pas réprimés, mais on aperçoit une première limite à la libre expression : tout ne peut pas être dit.
Mais qu’est-ce que « tout » ? Où se trouve la limite entre la liberté d’expression raisonnable et la liberté d’expression irrespectueuse et donc à prohiber ?
Nous pouvons critiquer ce que nous voulons, c’est le but de la liberté d’expression, mais pas de n’importe quelle manière. Un encadrement de la liberté d’expression n’est donc pas à exclure.
Autre exemple, plus juridique celui-là, celui d’un directeur d’une imprimerie licencié pour faute grave en raison de propos injurieux à l’encontre de son employeur lors d’une réunion de direction.
Ces propos injurieux constituent-ils une faute grave justifiant un licenciement ou n'expriment-ils que la libre expression du salarié ?
Les juges concluront que le salarié jouit autant dans l’entreprise qu’en dehors de celle-ci de la liberté d’expression, néanmoins il ne peut abuser de cette liberté en tenant des propos injurieux diffamatoires ou excessifs.
En l’espèce, la qualification de la faute grave sera même établie, amenant ainsi le licenciement du salarié (Arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation, N° 04-47786 du 2 février 2006.)
D’autres nombreux exemples, dans tous les domaines, peuvent être rapprochés ici, mais il en ressort la même observation : la liberté d’expression (une liberté fondamentale à valeur constitutionnelle définit à l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, tout de même !) est acquise, en théorie, mais elle est à encadrer, en pratique.
Et la réflexion alors ?
La réflexion, chère ici car étant la substance même de ce blog puisqu’il se base sur elle, doit-elle être aussi délimitée que la liberté d’expression, afin de « rester dans les clous », ne pas « franchir la ligne jaune » qui ferait de cette réflexion un raisonnement irrespectueux, donc invalide ?
Il est logique de répondre à l’affirmative, vu que le principe à valeur constitutionnel qu’est la liberté d’expression est lui-même soumis à des limites.
Mais la réflexion pourrait alors perdre de sa force si on devait, avant même de vouloir réfléchir en profondeur sur le sujet qui nous intéresse, se dire « Je pense que… mais ce ne serait pas respectueux, ce serait injurieux, alors j’oublie cette idée ».
Ainsi, laissez-moi vous annoncer, chers internautes, que même s’il semble qu’il y ait des règles à respecter, un formatage auquel il faut se soumettre, je prendrai le risque de sortir des clous, afin d’aller le plus loin possible dans la réflexion, car bien que ne voulant pas heurter certains, je veux avant tout avancer dans mes analyses, afin d’ouvrir le débat.
Bref, que le spectacle commence…
Sources :
Salarié licencié pour injure à son employeur
http://www.juritravail.com/archives-news/Sanctions-disciplinaires/289.html
La chanson qui dérange
http://tf1.lci.fr/infos/france/societe/0,,4131847,00-le-clip-de-rap-qui-met-en-rogne-les-policiers-.html
22:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liberté d'expression, présentation, réflexion











