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12 décembre 2009

Saison 2 / Episode 4 : Le Point de Non Retour.

 

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Où allons-nous ?

 

Depuis trois semaines, le débat sur l’identité nationale intéresse et s’intéresse à tout le monde.

Débat nauséabond ou question nécessaire, difficile de ne pas tomber dans l’un des deux extrêmes tant la plupart des avis émis fait émerger un lien étroit avec l’immigration.

 

Le tournant donné au débat, de manière involontaire, par le biais du référendum sur les Minarets en Suisse, nous amène sur des pentes très glissantes.

 

Après les sondages (au moins 46% des français contre les minarets), le discours du Président de la République en début de semaine mettant en garde « ceux qui arrivent », et les multiples réactions qui se multiplient (Henri Guaino pour qui il y a un « problème » dont il faut être conscient), on est progressivement en train de crever l’abcès, un abcès qui est pourtant gênant et qui flirte avec la question de l’antisémitisme.

 

Le Tabou français.

 

Ce qui est le plus surprenant, ce n’est sans doute pas le Non Suisse aux Minarets, mais les réactions qui ont suivies.

On pose une question au peuple, il y répond démocratiquement, et on lui fait comprendre qu’il a choisi la plus mauvaise des deux réponses…

Si on ne veut pas prendre de risque, on ne pose pas une telle question. Là, on s’étonne de la « normalité ».

 

Bien entendu, Marine Le Pen ne s’est pas privé pour faire entendre sa satisfaction suite à ce résultat, ce qui a sans doute joué et donné un certain aspect à ce dernier.

 

Qu’en pensent les Suisses ? Une de leurs compatriotes passe au Zapping en disant devant les caméras « Déjà, il y a beaucoup trop d’étrangers ici, on a trop laissé faire. »

Elle lance cela naturellement et franchement.

Ok.

Nous, en s’émeut « Comment peut-on tenir de tels propos ? C’est du racisme ! ».

 

La France, « Terre d’asile » a peur de se lancer dans le débat et préfère décrier la question de l’identité nationale (il faut dire que le parcours de M. Besson donne envie d’aller d’un avis à un autre…) plutôt que de se demander si oui, n’y a-t-il pas un problème.

 

 

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En fait, et c’est ce que l’on n’a pas encore compris en France, il y a une différence entre l’antisémitisme et le constat réel.

Craignant à chaque fois de revivre un 21 avril 2002, les médias se sont formatés à l’extrême vis-à-vis des questions sensibles sur l’immigration : un propos osé ? Mise en avant dans les journaux. Une réflexion douteuse ? Acharnement médiatique (l’exemple d’Hortefeux et dernièrement Chirac, concernant un habitant de Lormont, le démontre bien). Un dérapage ? L’étiquette « raciste » posé sur le crâne de la personnalité l’ayant commis.

 

Oui, mais voilà, l’opinion publique vit beaucoup moins dans ce Monde de Bisounours où « Il-ne-faut-surtout-pas-dire-de-choses-sur-ce-sujet-sinon-c’est-qu’on-est-un-vilain-raciste ».

Pour résumé, oui il y a un choc des cultures, et cela est totalement compréhensible (d’ailleurs le principal argument de la construction européenne est la diversité des cultures, soulignant que l’on est conscient que l’on est tous différent et que c’est un point positif). Oui, il y a un choc des civilisations et des croyances, et cela aussi est compréhensible avec la Mondialisation de tout et de tous.

Le problème, c’est qu’en France existe ce tabou qui est de vouloir à tout prix pointer du doigt quelqu’un ayant un avis non utopique (il n’y a aucun problème, tout va bien, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil) et de le taxer d’antisémite sans même lui donner la possibilité de s’expliquer ou de chercher à savoir pourquoi il s’exprime ainsi.

 

En France, aujourd’hui, on en est là.

On ne veut surtout pas froisser les bonnes mœurs et on continue de faire comme si de rien était.

Et ceux qui sont conscient qu’il y a un problème, un problème que l’on peut résoudre autrement que par la répression ou les contrôles d’identité, quand ils choisissent d’émettre leur avis, sont placés au centre de la place publique pour y être lapidés.

 

La question à retardement.

 

Tel un couple battant de l’aile qui ne veut surtout pas affronter ses problèmes et préfère ne pas en parler pour que tout aille bien, sachant pourtant que cela explosera un jour ou un autre.

Voilà à quoi se résume la situation française vis-à-vis des « originaires de ».

Et, au lieu de parler calmement des problèmes afin de les régler, on préfère se taire.

Les médias n’en parlent que lorsque l’actualité s’y prête, et là l’occasion est trop belle.

Néanmoins, l’opinion publique ne se prive pas pour penser hors des sentiers battus, ce qui émeut encore plus les médias d’ailleurs.

 

Surtout, cela témoigne que la majorité de la population a une petite idée derrière la tête au sujet du débat sur l’identité nationale.

 

 

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Alors, qu’en penser ?

Que nous renions notre rôle de « Terre d’asile » et « Pays des Droits de l’Homme » ?

Que nous voulons simplement une meilleure conciliation des différentes cultures ?

Que nous en avons ras le bol et qu’il faut rappeler que « La France, tu l’aimes ou tu la quittes » ?

 

Prenons déjà conscience que tout est relatif : Ce n’est pas parce que l’on émet des doutes quant à la bonne santé de la société française actuelle que l’on est raciste ou antisémite.

Faire l’autruche est bien plus alarmant.

 

Il faut crever l’abcès, tout en n’oubliant pas que cela ne rime pas avec discrimination.

Aurons-nous le courage suffisant pour donner un vrai sens au débat actuel et ne pas rester au stade de la crainte de tomber dans l’antisémitisme ? Pour les Suisses, à en croire l’un des intervenants de l’émission « L’Objet du Scandale », nous allons avoir des problèmes.

Avertissement réel ou exagération voulue ?

 

N’oublions pas que l’insulte devenant à la mode aujourd’hui est « Sale français ». Mouais…

 


Êtes-vous Pour ou Contre le Débat sur l'Identité Nationale ?


 

15:06 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : identité, polémique, france

22 novembre 2009

Saison 2 / Episode 3 : L'Effet Papillon.

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Qu’on l’aime ou pas, le football est bien le seul sport à pouvoir s’inviter dans les relations diplomatiques.

Prenez un pays en pleine crise sociale, un gros du vieux Continent qui se pense base fondamentale de la construction communautaire européenne, aux citoyens ayant le moral dans les chaussettes et en total désamour pour leur équipe nationale, à savoir la France.

Ajoutez-y un pays qui s’est senti humilié par cette même nation qui lui a demandé, à la suite du refus d’adopter le Traité de Lisbonne, de voter à nouveau car il n’avait pas donné la bonne réponse, un pays qui est petit mais qui embarrasse grandement le gros.

Mélangez tout ça dans un match de barrage pour se qualifier en phase finale de Coupe du Monde, avec une équipe de France ridiculisée dans tous les secteurs de jeu, qui n’a rien montré à part que son meilleur joueur est son gardien de but (rassurant pour la défense, inquiétant pour l’équipe) et qui a livré un match à l’image de ses éliminatoires depuis 2 ans, c’est-à-dire mauvais et honteux.

Ajoutez une pincée de polémique avec une qualification volée grâce à une main évidente du Capitaine (quitte à tricher, autant que ce soit par le joueur devant donner l’exemple), et vous obtenez France – Irlande, un match de foot qui fait des remous au plus haut niveau des instances internationales sportives, mais aussi politiques.

On a assisté à pire que ce que l’on pouvait craindre : on pensait l’élimination possible, et beaucoup de choses seraient dites ensuite.

On a vu encore pire et plus humiliant qu’une élimination, une qualification volée.

Ce qui frappe, c’est bien évidemment les répercussions d’un tel acte.

Et il y en a tant que ces répercussions diffèrent selon que l’on est choqué ou pas par cette main : un simple fait de jeu pour ceux qui ne veulent pas remettre en doute la qualification, ou encore un malheureux geste involontaire mais qui fait partie du monde du football.

Pour les plus réalistes, des enjeux financiers tellement conséquents à tous les niveaux, et une importance diplomatique telle qu’on ne peut qu’accepter la situation comme telle : la France se doit d’aller en Afrique du Sud car dans le cas contraire, la dépression (économique comme sociale) serait trop grande.

Il y aurait un subtil parallèle à faire avec l’affaire Dreyfus qui a secoué le début du 20è siècle, affaire qui a fait naître l’opposition politique Gauche/Droite, et qui a été vu dans « L’Affaire Dreyfus II ? » quant je m’intéressais au cas d’Yvan Colonna.

Car oui, on a tous vu cette main, seule son interprétation diffère, selon que l’on exprime un sentiment archi-nationaliste en appliquant le proverbe « la fin justifie les moyens », ou plus objectif et donc nécessairement plus gênant pour la Patrie en dénonçant ce scandale fait à des irlandais bien plus dignes que nous à tous les niveaux.

 

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Une injustice qui résume le mal français.

Le pays n’est pas en forme, ce n’est pas nouveau.

La crise économique est pour certains encore la cause de bon nombre de problèmes sociaux, les politiques sont décrédibilisés de toutes parts depuis le début d’année (affaire Clearstream, Procès de l’Angolagate, Chirac renvoyé devant la Justice, PS en plein naufrage, etc…) amenant une méfiance totale envers l’appareil gouvernemental.

Et depuis l’Euro 2008, le sport national, celui qui a rendu sa fierté et sa vigueur au Coq Gaulois entre 1998 et 2000, ce qui représente le dernier élément auquel chacun peut se raccrocher pour pouvoir dire « je suis fier d’être français », est lui aussi en crise.

Sans une équipe de foot digne de son statut, le moral n’a aucune chance de remonter.

Rappelez-vous les articles sur le sport en saison 1, où l’on voyait que son universalité était une drogue permettant d’oublier ses tracas du quotidien, d’être tous ensemble main dans la main. Et bien même ce sentiment est en train de disparaître, ne laissant plus grand-chose aux citoyens pour être heureux.

Ne pas se qualifier pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud, pour la France, c’est ce qu’il y a de plus humiliant.

Mais se qualifier sur une tricherie, n’est-ce pas encore plus honteux ?

La grande majorité des supporters français sont critiques à l’encontre de l’équipe nationale car, ayant depuis bien longtemps accepté l’idée que le jeu était beaucoup trop mauvais pour espérer quelque chose dans le pays de Nelson Mandela, s’en sortir de cette manière, alors que l’on sait que les images du match vont être reprises dans les 4 coins du Monde, vues par tous les amateurs du foot pour qui il y a main, donc il y a tricherie, tout simplement, il y a un devoir moral de se détacher de ces images.

Oui, nous sommes français, mais nous n’acceptons pas cette qualification, voilà ce que reprennent en cœur les supporters les plus raisonnables car au-delà d’être parmi les nations qualifiées, le fait d’avoir volé son ticket pour l’Afrique du Sud est encore plus handicapant, et pour l’équipe, et pour l’image du pays.

S’il y a encore quelques personnes qui n’ont aucun scrupule à fêter cette qualification, à ignorer le scénario du match, qui ne voient que le résultat, espérons qu’ils prendront conscience que cette fameuse action d’Henry est sans doute ce qui est arrivé de pire au foot français dans toute son histoire.

L’image de la France est maintenant synonyme de tricherie, de honte, et ce dans tous les pays du Monde (déjà que l’image de la France n’était pas la meilleure au Monde…).

Que peut-on « savourer » dans cette qualification ? Rien, car on y a perdu beaucoup plus qu’on y a gagné.

Et projetons-nous dans un futur proche : quel sera l’accueil de l’EDF en Afrique du Sud ? Quel va être l’accueil des supporters français lors des prochains matchs amicaux, trop honteux de voir leur équipe inviter au 2è évènement sportif le plus important au Monde après les J.O., en s’y qualifiant de la plus horrible des manières ?

Le divorce avec Domenech est consommé depuis l’élimination de l’Euro 2008. Le désamour envers l’équipe et les joueurs est présent depuis le début des qualifications en septembre 2008.

Maintenant, on ne désire même plus encourager cette équipe car elle nous fait plus honte qu’elle ne nous fait honneur.

A qui perd gagne comme l’on dit, et on peut penser très raisonnablement qu’une élimination mercredi soir aurait été bien plus profitable, sur le long terme, que cette qualification erronée qui n’apportera qu’un petit quelque chose sur le court terme.

N’oublions pas l’exemple anglais datant de 2 ans. Eliminé par la Croatie, le pays qui a inventé le football et qui place chaque année ses clubs dans le dernier carré de la Ligue des Champions ne va pas à l’Euro 2008.

Imaginer la désillusion pour ce pays où on « vit » football.

Que s’est-il passé ? On est reparti de zéro, avec un nouveau sélectionneur et un nouvel élan.

Résultat ? L’Angleterre a retrouvé son honneur, s’est qualifiée depuis un moment pour la Coupe du Monde 2010, et fait de nouveau peur.

Nous ? Et bien on va continuer avec le même staff qui nous a fait perdre en Autriche, les mêmes joueurs qui ont concédé le nul à domicile face à la Roumanie, et donc la même équipe qui s’est ridiculisée toute seule face à l’Irlande.

On retarde l’échéance, on retarde de plus en plus l’échéance, en espérant qu’un Miracle survienne, même si personne n’y croit, et on continue donc avec ce que l’on critique depuis maintenant plusieurs années.

Sans doute aurions-nous eu plus à gagner en se faisant éliminer, car cela aurait rimé avec nouveau sélectionneur, mort de cette équipe et naissance d’un nouvel élan, plutôt que d’envoyer en Afrique du Sud cette même équipe, totalement à l’agonie et déprimante.

La société française va mal, très mal, et ce geste volontaire (qu’Henry touche le ballon une fois par mégarde, possible, mais qu’il l’empêche deux fois de sortir du terrain, cela témoigne d’une personnalité très peu digne, surtout quand l’on voit sa joie après le but…) ne va faire qu’empirer les choses, sur un plan sportif, comme sur un plan politique.

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Un désastre diplomatique.

On était tout de même surpris de voir le Premier Ministre irlandais réclamer une nouvelle rencontre contre la France. Cela est logique au vu du vol dont sa nation a été victime, mais ça traduit surtout le tournant de cette affaire : ça y est, on passe au niveau politique !

Bien sur, le Président Sarkozy botte en touche, Rama Yade n’a pas vu la main et la FIFA stoppe tout espoir irlandais en faisant valoir le règlement : aucune possibilité de rejouer le match.

Qu’importe, le mal est fait.

L’image sportive de la France est ternie, et ainsi son image diplomatique aussi, ce dont est bien conscient le Président.

Et puis, il fallait que ça se passe contre l’Irlande !

Vous savez ? Ce pays à qui le Président à dit « Vous allez voter à nouveau le Traité de Lisbonne » car il avait refusé le Traité il y a un peu plus d’un an.

Le gros pays français fait la morale au petit pays irlandais qui a choisi la mauvaise réponse lors du vote, avant de se qualifier pour l’évènement phare de 2010 au dépend de ce petit pays en trichant.

Gênant…

Pour la plupart des experts, même si le foot ne dicte pas encore la politique d’un pays, il y a fort à parier que si l’on réorganisait le vote en Irlande aujourd’hui, les résultats seraient loin d’être les mêmes, et ça se comprend.

Alors, la situation la plus raisonnable afin que tout rentre dans l’ordre est sans doute de rejouer le match.

Pas de chance, la FIFA a balayée cette éventualité dès qu’elle l’a pu !

Oui mais voilà, les médias n’ont pas fini de parler de la main d’Henry et plus on va se rapprocher de la Coupe du Monde, plus on va réaliser à quel point la situation est inconfortable.

Il y a trop de problème qui découle de ce match d’exception pour ne pas vouloir faire une exception, c’est certain.

Sans oublier que, si l’on a fait une exception aux règles les plus élémentaires pour demander à un pays de voter à nouveau un référendum qu’il avait pourtant choisi démocratiquement de refusé, on peut bien faire une exception pour un match de foot aux conséquences si dramatiques, pour l’Irlande qui mérite d’aller en Afrique du Sud, et pour la France qui doit redorer son blason.

Rejouer le match, les deux pays y gagneraient et on oublierait ce malaise qui s’est installé mercredi soir et pour un bon moment encore.

Si la FIFA se borne à ne pas revenir sur sa décision, et sans doute seule une intervention des plus hautes instances de l’Etat pourrait faire la différence, elle entrera elle aussi dans ce jeu honteux ou le tricheur gagne.

 

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Toute personne étant un poil objective et aimant l’EDF (car oui, être supporter de l’équipe nationale signifie vouloir rejouer le match plutôt que de se contenter d’un tel vol desservant le foot français) voudra rejouer le match.

Et alors on pourrait dire, à nos amis irlandais qui sont définitivement plus respectables que nous, « Si on rejoue, on oublie tout. »


Sources :


Henry sifflé hier soir


Pas de 3è match possible !

10:32 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : football, henry, irlande, domenech

14 novembre 2009

Saison 2 / Episode 2 : Du Devoir de se Taire.

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Lors de la saison 1, on avait vu la liberté d’expression des personnalités à travers « Sujets sensibles s’abstenir ».

 

Cette semaine, on pourrait remettre le couvert avec Marie Ndiaye, prix Goncourt 2009, et le Devoir de Réserve que réclame Eric Raoult à la suite de ses propos.

 

Jugeant « Monstrueuse » la France de Sarkozy avec des hommes tels que Hortefeux ou Besson, elle a préférée partir vivre de l’autre côté du Rhin dès le résultat des présidentielles 2007 connu.

 

Eric Raoult, qui ne manque pas une occasion de lancer une polémique, lui demande de se soumettre à un Devoir de réserve, suite à l’obtention du Goncourt.

 

Qu’est-ce qui cloche ? Parce qu’elle est placée sous les feux des médias, Ndiaye ne doit pas trop parler ? Raoult s’est-il piégé lui-même à son propre jeu ? Mitterrand a-t-il bien fait de botter en touche au lieu de reprendre Raoult ?

 

 

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Le Devoir de Réserve existe-t-il ? Non.

 

Et oui, premier constat assez fort : le Devoir de Réserve n’existe pas en Droit Administratif français, officiellement.

Seuls les fonctionnaires et les militaires sont soumis au Devoir de réserve, mais il n’est lui-même pas défini clairement.

 

Si on devait donner un sens à cette expression, en s’appuyant sur les faits, on pourrait le voir comme le Devoir de réserver sa parole, le devoir, donc, de se taire.

 

Pas très glorieux comme Devoir, surtout si on veut l’appliquer à un écrivain comme Marie Ndiaye.

 

Alors, que sous-entendait Raoult en déclarant que le Goncourt 2009 se doit d’être soumis au Droit de se Taire ? Dur de voir ici quelque chose d’honorable.

Elle bénéficie d’une mise en avant dans les médias, gagne une notoriété forte en gagnant le fameux prix littéraire, et on ressort une de ses anciennes déclarations pour la pointer du doigt.

Pour Raoult, le fait de porter sur ses épaules une notoriété nouvelle devrait donc rimer avec l’obligation d’avoir des propos modérés.

Embêtant car un écrivain est justement réputé pour pouvoir dire des choses de manière libre, la liberté de s’exprimer est dépendante de la liberté d’écrire.

 

Si Ndiaye critique le Gouvernement et le Président, n’est-ce pas son Droit ? Devons-nous lui demander de se taire et de ne surtout pas égratigner le régime en place car elle a acquis le statut de personnalité reconnue ?

 

Raoult se veut être le défenseur du Pouvoir en place, pourquoi pas, mais là il s’est trompé de chemin et on trouve difficilement des arguments en sa faveur.

 

 

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L’exemplarité comme argument légitimant les propos de Raoult ?

 

Si Marie Ndiaye parle, elle sera dorénavant plus écoutée que M. Dupont ou M. Durand, c’est évident.

 

Soyons objectif et voyons si l’on peut défendre Raoult.

 

Critiquer ouvertement le Pouvoir en place, ce n’est pas joli joli, ok.

Mais, n’est-ce pas la caractéristique même d’une Démocratie de laisser à chacun la possibilité de s’exprimer sur tout ?

 

Mitterrand, bien embarrassé et ne voulant pas trancher la question, aurait pu se protéger derrière cela : oui, les propos de Ndiaye sont forts, mais le propre d’une Démocratie est de la laisser d’exprimer.

 

Raoult, voulant sans doute retrouver une place au 20h et montrer au Président qu’il est toujours là pour le soutenir, s’est trompé de débat.

Ce ne sont pas les propos de Ndiaye qui sont à blâmer, mais plutôt son opinion qui est à analyser.

 

En effet, quand l’on voit que le Goncourt 2009 préfère s’exiler plutôt que de rester dans son pays de cœur, on peut se poser des questions.

 

Ici, Raoult préfère jouer les chiens méchants : Tu as une influence, tu ne dis pas ce que tu veux !

Le problème, c’est que les propos de Ndiaye ne sont pas choquants non plus. On est loin d’une chanson d’Orelsan et de l’expression libérée, ou même de Kassovitz et du problème d’opinion heurtant les bonnes mœurs.

 

L’opinion publique semble avoir prit la défense de Ndiaye (ce qui ne signifie pas non plus qu’elle est le même avis qu’elle), la liberté d’expression étant présente et les propos n’étant pas les plus scandaleux qu’on est pu entendre sur le Pouvoir en place.

 

Si Raoult veut reprendre chaque personnalité critiquant le Pouvoir en place et écrire une lettre à Mitterrand afin de demander qu’ils se soumettent au Devoir de Réserve, la boîte aux lettres du Ministre de la Culture n’est pas prête de désemplir…

 

Raoult aurait peut-être dû se demander si ce n’était pas à lui de se soumettre au Devoir de Réserve pour éviter de déraper ainsi…

 

Comme dirait l’autre : les chiens aboient, la caravane passe.

 

Sources :

 

Ndiaye, écrivain rebelle


Raoult ne regrette rien

 

Marie Ndiaye devait-elle s'abstenir ?


16:07 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : goncourt, ndiaye, raoult